vendredi 18 novembre 2011

Colombie - De Pasto à Bogota, 2 semaines imergées


A peine sorti de Pasto, j’ai vite compris que traverser la Colombie seulement en bus allait s’avérer compliqué surtout avec un hiver pareil. Il pleut des trombes d’eau, c’est ce qu’ils appellent le « phénomène de la Niña ».  Je devais aller à Cali, on m’avait annoncé, 6 heures de routes, parti à 10h le matin je suis arrivé à 20h à Cali. Presque le double, ça commençait bien… Tout ça est du aux problèmes de corruption que rencontre le pays. Je vous en avais parlé rapidement dans le précédent récit, durant le voyage en Colombie c’est un sujet qui revient constamment dans les discussions, et chaque fois c’est sans appel. Ce pays souffre cruellement d’argent à cause de la corruption qui s’exerce à tous les niveaux, c’est impressionnant de voir cela.

1.     Le pétrole il y en a beaucoup en Colombie mais il n’y a pas suffisamment d’argent pour acheter les machines qui extraient le pétrole ou qui le raffinent. Ainsi le gouvernement tient des arrangements avec les multinationales qui s’en occupent, et cela consiste à vendre le barril à 5$ au lieu de 100$. Il reviendra plus tard directement à la pompe au prix exorbitant de 5$ les 3 litres.
2.     L’éduction, un sujet d’actualité en Colombie tant il y a eu un nombre impressionnant de manifestations. Le gouvernement ne voulait plus financer l’éducation publique dans les universités pour éviter de payer des études aux étudiants qui sont soit disant faignant ou qui n’ont pas les moyens de rembourser les crédits. Ainsi seuls les personnes avec des moyens financier pourraient étudier. Hors ce pays manque cruellement d’ingénieurs et de personnes diplômées.  Allez comprendre donc la décision du gouvernement…
3.     Il y a eu tant de problèmes de Guérilla en Colombie que le gouvernement a mis l’accent sur la répression de la guérilla en combattant la violence par la violence. Le gouvernement offrait des primes à l’armée pour arrêter ou tuer toute personne faisant partie de la Guérilla. C’est allé tellement loin que parfois l’armée s’est amusée à arrêter de simples paysans, à la déguiser en Guerreros et à les tuer pour toucher la prime.
4.     Il reste également le problème des Narco trafiquants.  Ils ont tellement d’argent qu’ils proposent de payer les dettes de l’état pour qu’ils soient libres d’opérer à leur guise. Heureusement le gouvernement n’a pas accepté cela. Toutefois il n’a pas pour autant régler le problème car à chaque fois qu’un narco trafiquant tombe, un autre prend la tête et continue le travail si on peut appeler cela un travail. Il y a des régions de Colombie où il est toujours impossible de se rendre tant c’est dangereux. Ingrid Betancourt en fait la triste expérience.
5.     Enfin il reste les problèmes de commerces illégaux. Et là c’est la police qui s’en met plein les poches. Les gens n’aillant pas les moyens de payer les taxes, ils ouvrent des commerces illégaux et chaque mois la police passe pour récupérer un peu de cache. Ainsi le commerce reste ouvert…

Pour résumer il a de nombreux domaines ou la corruption engendre des problèmes. C’est dans un journal périodique qu’est apparu il y a peu de temps un article fort intéressant. Au moins 5% du produit intérieur brut du pays part dans la corruption. Avec ces 5% les problèmes d’éducation, de santé, de sécurité et du pétrole seraient réglés et la pays deviendrait un des plus riche pays d’Amérique du Sud. Eh oui la Colombie est un pays qui dispose de beaucoup de pétrole, mais aussi reconnu pour son or, les émeraudes, et son industrie du textile. Mais voilà comme bien souvent l’égoïsme de chacun prend le dessus et ces personnes corrompues préfèrent s’enrichir plutôt que d’aider le pays. Avec les inondations qui ont lieues en ce moment en Colombie, c’est réellement un drame, et comme toujours les plus pauvres pâtissent des erreurs des plus hauts placés… Un bien triste bilan mais il y a une chose qu’on ne peut pas enlever aux Colombiens c’est leur joie de vivre et l’amour qu’ils ont pour leur pays surtout depuis l’arrivée du dernier président qui a permis à ce pays de démarrer l’entreprise du tourisme dans son pays. Pour information le tourisme en Colombie a débuté il y a 15 ans, la sécurité est impressionnante puisqu’il n’y pas moins de 250000 policiers et en plus de ça se joint l’armée. Bref tout ça pour dire que le pays a bien changé en comparaison de ce qu’on peut entendre dans les média qui se font un malin plaisir de ne donner que les informations les plus pessimistes possibles…

Bien des gens en Colombie sont heureux et c’est ce qui fait le charme de ce pays, son accueil chaleureux, et on devrait prendre exemple sur eux car je peux vous assurer que les gens qui vont en France visiter sont loin d’avoir que des expériences positives avec les français. On ne souhaite pas parler Anglais ni Espagnol ce qui rend vraiment compliqué leur voyage et ouvrir sa porte pour passer un moment avec eux est quelques chose qui se fait bien rare apparemment. Tout le contraire de ce que j’ai vécu en Colombie, pour vous faire un bilan, j’ai passé 9 nuits à l’hôtel en 48 jours, quelques unes dans les bus et le reste chez l’habitant… Tout ça a commencé à Pasto, mais s’est poursuivi de Cali à Bogota en passant par San Agustin, Neiva et Medellin. Seulement à la côte c’est un peu plus compliqué pour se loger chez l’habitant, je pense que cal est du au coût de la vie étant nettement supérieur à la côte, qu’il y a un tourisme exorbitant et que donc les gens sont un peu plus méfiant…  Bref les gens vous ouvrent leurs portes leur cœur et c’est une expérience magnifique que de voyager en Colombie je vous l’assure.

Cette belle expérience c’est donc poursuivi à Cali où j’ai été accueilli dans la maison de Jei. Une charmante Colombienne au sens de l’hospitalité exceptionnel et qui en compagnie de se amis m’a permis de passer une fantastique semaine dans la ville de Cali, capitale de la province « Cauca », capitale de « la Rumba »,  plus particulièrement de la « Salsa » et capitale de chirurgie esthétique. 
Et oui ici ça fait parti de la culture de se refaire les seins, d’avoir un train arrière imposant, d’avoir un nez parfait, aucune ride et j’en passe. Bref vous y verrez des femmes splendides mais de plastique pour la plupart. Un vrai business…
Lorsque je suis arrivé chez Jei je me suis de suite senti à l’aise. Accompagné d’un autre couch-surfeur et d’une de ses amies nous avons passé la soirée à danser dans sa maison… Mais je peux vous assurer que cela n’était pas que dans la sienne. Elle vit dans un petit quartier résidentiel et quasiment tout le monde fait la fête. Pour info on était Jeudi soir… Les enceintes sont posées sur les fenêtres extérieures, tous écoutent de la salsa, les enfants dansent dans la rue, et les parents dans la maison. 

Un brouhaha total mais qui fait parti de la culture de cette ville et qui lui donne tout son charme. Du matin au soir vous écouterez de la salsa à tous les coins de rue, et verrez des gens danser un peu partout. Même le chauffeur de taxi qui attend un client est en train de danser, tout simplement génial… Le tout est de se remettre de toutes ses festivités. Entre les heures de bus et le manque de sommeil j’accusais le coup. Il était temps de se coucher pour entreprendre la première visite de la ville le lendemain matin. Enfin ça c’est ce qui était prévu, car Jei et ses amies en ont eu pour pas moins de 3 heures pour se préparer. Et oui à Cali elles sont coquètes, quoi qu’elles fassent dans la journée elles passent des heures dans la salle de bain… C’est en fin de matinée que finalement nous nous sommes rendu dans le quartier de San Antonio, le quartier historique de Cali avec ses maisons coloniales, ses restaurants et café et ses parcs puis le quartier résidentiel où la plupart des étrangers s’installent. Un Quartier sympatique l’éclairage le long de la rivière donne tout son charme, où les artistes viennent exposer leurs œuvres et d’où vous pouvez monter au belvédère admirer la vue de nuit sur la ville ou doucement la lune s’élève, le tout en dégustant un « choclo con Queso », ni plus ni moins un maïs enrobé de fromage.






Rentré relativement tôt à la maison, fatigué de toute cette marche sous une chaleur de plomb qui fait de Cali une des villes au climat le plus agréable dans les Andes, nous nous sommes dépêchés de nous coucher pour profiter pleinement le lendemain de la fin de semaine dans le petit village de Panse.


Situé à environ une heure au sud de Cali, ce petit village est fort agréable pour passer la fin de semaine. Sans trop de touristes, il est possible de sortir du village et d’entamer une marche dans les montagnes de 2 à 5 jours qui vous permettra de rejoindre la côte pacifique. Nous nous sommes arrêtés à 2 heures de marches pour profiter de la rivière. Que l’eau était froide, mais avec ce soleil et le bruit de l’eau qui coule, tout cela m’a permis de me relaxer suffisamment, de décompresser de tous es jours de voyage et surtout de m’apaiser avant de rentrer en ville. Pour éviter les bouchons nous nous sommes rendus dans la maison d’un de leur ami où je leur ai préparé un bon plat de pâtes à la Carbonara. Un délice qui m’a valu des applaudissements, tout le monde s’est régalé et je me doutais donc que ce n’allait pas être la première ni la dernière fois que j’allais cuisiner.  


Le lendemain était mon dernier jour sur Cali, le temps enfin de prendre un cours de Salsa  de 2h. 


Je dois dire qu’après la première heure je me demandais un jour j’arriverai à danser correctement la Salsa. J’étais en Amérique du Sud depuis plus de 5 mois et je n’arrivais toujours pas à entendre le rythme. Seulement voilà il était pour une fois un excellent professeur qui m’a appris l’essentiel, comprendre le rythme… Quel bonheur, tout e que j’avais appris jusqu'à présent était en train de se mettre en place. Je commençais à vraiment prendre du plaisir à danser la salsa. Qui aurait cru… 2 heures avec ce professeur était bien plus que de pratiquer dans les bars avec tous ces gens qui dansent différemment  et qui à chaque fois m’embrouillaient un peu plus… Bref 2 heures de cours fort enrichissantes qui aujourd’hui encore me servent et me permettent d’impressionner plus d’un local :p
Avec Jei nous avons terminé la journée en allant dans un excellent restaurant dans le quartier de San Antonio puis sommes rentré à la maison où une nouvelle surprise m’attendait. Jei avait vu une de ces amies dans la matinée qui devait se rendre pendant deux semaines dans sa famille à San Agustin.  Elle lui avait demandé si je pouvais l’accompagner mais sans m’en parler au préalable. C’était une partie de la Colombie que je comptais visiter en rentrant en équateur… L’opportunité était trop belle, évidemment que j’ai accepté.  Avant de quitter Jei et de partir le lendemain pour San Agustin, j’ai du la remercier je pense mille fois pour tout ce qu’elle m’a permis de vivre à Cali. J’ai vraiment passé d’excellents moments avec elle et ses amies. L’expérience étant réciproque, Jei m’a proposé que nous nous revoyons un peu plus tard à partir du 7 décembre dans sa famille qui vit plus au Nord à Medellin. Une autre opportunité pour en apprendre un peu plus sur la culture Colombienne qu’évidemment je n’allais pas manquer de vivre.

C’est donc à 4h du matin que je me suis levé pour prendre le taxi avec « Amparo » l’amie de Jei que je voyais pour la première fois. Certains me diront que je suis fou, que je prends des risques, que Blablabla... Encore une fois j’ai vécu une expérience inoubliable. Je me demandais pourquoi on était parti si tôt de Cali mais c’était loin d’être une mauvaise idée car nous sommes arrivé à destination à 17h00. C’est simple la route n’en ai pas une. Ils ont ouvert cette voie il y a 3 ans au milieu de la montagne mais il n’y a toujours pas une portion de goudron. De la terre, de la boue, voilà sur quoi nous avons circulé pendant pas moins de dix heures. Heureusement il n’a pas plu car j’en ai rencontré qui ont passé 30 heures sur la même route…
Lorsque nous sommes arrivé nous nous sommes directement rendu dans la maison des parents d’Amparo. Une petite maison sans décoration. La première pièce il y a un petit fauteuil, la moto et les vélos, à sa droite une chambre sans porte, au fond une pièce avec la table à manger et une vielle cuisine américaine, et à cette pièce il n’y a pas le 4ième mur, ça ouvre directement sur le jardin où se trouve la salle de bain, les toilettes et deux autres chambres dont la mienne qui ne devait pas dépasser 3 mètres carré. Il ne doit pas y avoir plus de 4 ampoules dans toute la maison… Ce n’est pas retour vers le futur… mais retour dans le passé. Toutefois, habitué lors de mon voyage à dormir dans tous types de conditions je peux vous assurer que la chaleur humaine que m’a donné cette famille m’a fait oublier où je me trouvais. Une famille nombreuse une fois de plus, les grands parents, une fille et ses 2 enfants, et en règle général nous sommes accompagnés de ses sœurs et de tous leur enfants. Heureusement tous ont au moins 8 ans et ce n’est donc pas une véritable tornade, quoi que… J’ai passé avec cette famille des moments formidables, à manger tous ensemble tout un tas de plats typiques, à m’occuper des enfants pendant que les parents cuisinaient, enfin pendant que les femmes du foyer cuisinaient et que les hommes étaient au travail la plupart dans les champs. J’ai appris beaucoup sur leur façon de vivre et je dois dire qu’ils vivent avec peu, se contentent de peu mais que pour autant ils vivent bien et heureux d’autant que dans cette région la terre est riche, les cultures abondantes et que donc le coup de la vie n’est pas cher. Beaucoup d’étrangers viennent s’installer là bas ou achètent une propriété pour y passer les vacances. Il faut dire qu’on s’y sent en paix et que pour passer des moments dans le calme, la sérénité, c’est un endroit idéal.
Le lendemain après avoir passé une bonne nuit je suis parti avec Amparo et deux de ses petits cousins visiter le parc archéologique de Saint Angustin.





Il se dit que c’est là qu’est né la culture Inka. Accompagné tout au long de la journée, nous marchons dans ce parc où je découvre des vestiges et des tombes d’une communauté indigène vieille d’il y a plus de 2000 ans. Dans un cadre fantastique au milieu des montagnes je découvre ce parc où règle le calme, la tranquillité et où s’écoute seulement le vent et le chant des oiseaux. Un seul détail j’ai oublié ce jour là le produit anti  moustique. Grave erreur, en short je me suis retrouvé avec les jambes couvertes de piqures. Le plus étrange c’est que les piqures se réveillent toutes au même moment, je n’ai rien senti de la journée mais le soir je n’avais plus qu’à aller à la pharmacie acheter une crème. Le second jour la même mais dans un autre parc archéologique, où j’en ai appris un peu plus sur cette culture indigène qui pour son âge paraissait bien avancée. Ils travaillaient déjà l’or, la céramique, la sculpture et un peu de peinture… Les tombes dont la taille et la finition dépendent de l’importance de la personne sont toutes habillées de statues taillées dans une roche volcanique. Se présente des statues de gardiens, de Shamans, de singes, de femmes enceintes… Nous avons terminé cette belle journée ensoleillée en visitant les 2 plus hautes cascades de Colombie (400 mètres).

Puis nous sommes rentré à San Agustin assister au début de la semaine de la culture où dans un gymnase se déroulait une démonstration de danses indigènes et de chants indigènes typiques de la Colombie. Une belle journée qui se termine sur les rotules après tant de trajet dans un petit véhicule dans lequel nous avons passé la journée à chanter et danser sur des rythmes de salsas, meringués, et sambas. 


Mon dernier jour à San Agustin, je l’ai passé dans les rues de cette charmante petite ville à déambuler, à m’arrêter tous les 2 mètres aux stands du marché pour déguster les fruits et autres articles que je ne connaissais pas mais aussi à m’arrêter aux stands d’artisanat bien sympathique réalisés par les communautés indigènes et quelques locaux de la région. Il y en a pour tous les goûts ; Des statues, des chaussures de paille, des chapeaux typiques de Colombie, des souvenirs du parc archéologique, du café,… pour remplir la valise rien de tel que de passer par là avec quelques pesos en poche…  Ce qui m’aura marqué de cette petite ville c’est aussi la quantité de gens qui se déplacent à cheval. Assez amusant que de marcher dans la rue et de voir un vieil homme sur sa charrue converser avec un ami qui lui est sur sa moto… C’est un mélange entre plusieurs époques qui ne m’a vraiment pas déplu.





Je ne pouvais pas rester plus longtemps, d’autres régions et paysages m’attendaient. Qu’il a été difficile de dire au revoir à cette charmante famille, qui m’a accueilli les bras grand ouvert, qui m’a offert beaucoup malgré le peu qu’ils avaient. Encore une fois une riche expérience qui restera gravée. Je suis pour eux comme un fils maintenant et ils comptent sur moi pour qu’un jour je repasse les voir. J’espère avoir cette chance et que vous aussi découvriez cette magnifique région.





Le lundi il était donc temps pour moi de prendre le large et de me diriger un peu plus au Nord dans la ville de Neiva pour y visiter le désert de la Tatacoa. Seulement 5 heures de bus me séparaient de Neiva mais je crois que j’ai rarement vu autant de paysages si différents en si peu de kilomètres. 220 km et je suis passé au bord de l’Amazonie, dans les montagnes des Andes sur la cordillère centrale, puis sur les hauts plateaux de Neiva d’où j’ai aperçu les 3 cordillères : «  l’orientale, la centrale, et l’occidentale ». Le chauffeur n’a pas voulu s’arrêter por que je prenne 2, 3 photos, quel domage, ça vaut vraiment le coup d’œil.
A peine arrivé au terminal de bus de Neiva un guide, ami de la guide de San Agustin m’attendait pour m’emmener à 40 km de là, à la porte du désert de la Tatacoa. J’ai passé la nuit dans sa famille où j’ai juste du payer 10000 pesos, un prix aberrant pour une chambre double avec salle de bain privée, jardin privé, et un diner compris. Pour rappel 10000 pesos valent plus ou moins 5$... J’ai passé la soirée avec un des adolescents à jouer de la guitare. Soit disant expert, c’est moi qui finalement lui ai donné le cours. J’ai passé un super moment et en plus de ça j’ai appris ma première chanson en espagnol, et oui doucement mais surement je commence enfin à chanter tout en jouant… Un progrès considérable qui me donne encore plus envie de progresser. J’ai rencontré au cours de ce voyage tant de gens qui jouent bien, chaque fois jaloux, ils me donnent la motivation d’en apprendre plus. Bon il me faudra des cours quand je rentre, c’est certain surtout que je suis loin encore de jouer ce pourquoi j’ai commencé à apprendre la guitare. Nous avons terminé la soirée en dégustant un thé de Cedron rien de tel pour trouver un bon sommeil et se reposer correctement avant la journée du lendemain qui s’annonçait difficile.
Je ne m’étais pas trompé, je me suis réveillé par le son de la pluie sur le toit de taule. Il pleuvait des trombes d’eau, je manque cruellement de chance pour le climat, je suis dans la région la plus sèche de Colombie et il pleut tous les 2 , 3 mois… Evidemment ça tombe sur moi. Les gens disent ici que j’ai un nuage qui me suit, il est drôlement chargé en eau, j’ai encore pas passé une semaine complète avec le soleil depuis que je suis arrivé en Amérique du Sud… C’est donc sous cette pluie battante, derrière le guide, sur des chemins de boue que j’ai commencé la visite du désert. Un trajet dangereux, glissant et on a plus d’une fois failli tomber. Il sait comment conduire dans ces conditions, ça fait parti de son métier mais moi pour rien au monde je m’amuserai à conduire une moto dans ces conditions… Après 45 minutes nous descendions enfin de la moto, le temps de me décrisper et nous entamions la marche dans ce fabuleux petit désert qui m’a fortement rappelé le désert de l’Arizona, mais cette fois ci en version miniature. Pas évident de randonner là bas. La terre qui ressemble à l’argile colle aux chaussures, les chaussures sont lourdes, trempées, le terrain est glissant, et pour couronner le tout, impossible de s’appuyer où que ce soit. Amusez vous à poser la main par terre ou à attraper un arbuste et c’est en sang que vous la retrouverez. Les cactus sont l’unique végétation qu’il y a là bas. Les épines sont telles qu’elles transpercent la semelle des chaussures, autant dire que suivre le guide n’est pas une mauvaise idée. Quand je pense que des gens s’aventurent seuls là bas… Des fous, des inconscients… J’ai découvert comment certaines personnes arrivent à survivre dans les déserts. La plupart des plantes produisent un fruit ou de l’eau potable et je dois dire que ce petit parfum que chaque plante produit n’est pas du tout désagréable. Il est d’ailleurs recommandé de manger ces fruits de cactus pour la perte de poids, le cholestérol, et bien d’autres choses fortement bénéfiques pour le corps. Vous en saurez beaucoup plus en cherchant un peu sur Google, J Je ne vais quand même pas tout vous servir dans un plat…



A 10 heure il a cessé de pleuvoir, et ce qui était avant un champs de boue se transformait rapidement en une terre sèche voir même tranchante comme du verre. La température montait fortement pour atteindre les 40°C, et je commençais à espérer que la visite se termine rapidement pour quitter cet endroit magnifique qui sans guide pouvait réellement se transformer en enfer.  Les guides connaissent leur travail et seules quelques personnes certainement habituées à cet environnement hostile souhaitent poursuivre la visite pour s’enfoncer un peu plus dans le désert. Pour ma part j’en avais vu assez et un bon repas était tout ce que j’espérais surtout qu’on y était depuis plus de 6 heures. Non je n’ai toujours pas perdu cette habitude de manger beaucoup…  c’est pas pour autant que j’ai pris du poids, bien au contraire, mais vous me connaissez… ma  méta-morphologie est unique…  Ainsi nous sommes rentré en ville, avons passé l’après midi à discuter en espérant que le ciel se découvre pour qu’à la nuit tombée je puisse admirer les étoiles du planétarium situé dans le désert. Il est dit que cet endroit est l’un des meilleurs du monde, il est vrai qu’il n’y a aucune lumière polluante à plus de 30km à la ronde… Seulement voilà comme d’habitude j’ai manqué de chance et le ciel ne s’est pas découvert. A Neiva, à part le désert il n’y a rien de bien fantastique à faire, j’ai donc décidé de partir en fin d’après midi pour Bogota, la ville où je ne voulais pas me rendre. Mais bon plutôt que de faire demi-tour et d’avoir 30 heures de bus à faire l’option de Bogota à soit disant 4 heures de route me semblait la meilleure. Le problème c’est que je ne m’attendais pas à avoir un trajet de plus de 4 heures.
Je suis arrivé à 2 heures du matin à Bogota, autre chose que je ne voulais surtout pas. Pour une fois j’ai du sortir le guide de voyage pour savoir ce qu’il fallait faire en arrivant dans cette capitale d’où naissent tout un tas d’histoires plus folles les unes que les autres.  J’ai donc appelé du Bis et réservé mon hôtel en les avertissant que j’arriverais dans la nuit. Le trajet a été tout simplement une horreur. J’étais placé à l’avant du bus. Pas de place pour mes longues jambes. Je voyais le chauffeur tenter de dépasser dans les montagnes sans aucune visibilité. Parfois sur la route venait s’effondrer des chutes de boue, et le bus freinait alors en urgence… Bref on a mis 10 heures au lieu de 4, et c’est exténué que je suis arrivé au terminal de Bogota. Heureusement dans cette dangereuse ville le terminal est sûr et pour prendre un tai on vous demande le passeport et où vous vous rendez. Un système fort rassurant qui je l’avoue serait implanté partout ne serait pas une mauvaise idée. Mais bon, je ne vais pas trop en demander, et c’est en toute sécurité que j’ai pu me rendre à l’hôtel. Bien fatigué de la journée je ne me suis pas fait prier pour dormir jusqu’au petit matin afin d’entamer la visite de la ville qui a commencé en solitaire, bien rare pour être noté, l’hôtel était vide… Ok ce n’était pas le plus proche du centre, mais au moins j’étais loin du bruit incessant des klaxons, des bus, et des fous…
Je ne vais pas m’éterniser sur la description de Bogota. C’est une ville me paraît  sale, hideuse, et sans grand intérêt. Seuls quelques musés valent le coup comme « le  musé de l’or » absolument splendide où on y découvre l’évolution du travail de l’or mais aussi tout un tas de bijoux réalisés au cours du temps, « le musée de la monnaie » où j’ai découvert comment se fabriquaient les premières pièces de monnaie et les premiers billets. Il y a également « le musé de Botero », l’artiste le plus connu de Colombie avec ses peintures et ses sculptures qui je dois dire a vraiment du talent mais qui à mon goût se répète et réalise beaucoup trop d’œuvres que ça en devient lassant.



Malgré cette mauvaise impression sur la capitale, mon expérience à Bogota n’a pas été mauvaise. Fort heureusement j’ai rencontré des gens vraiment extras sur place qui m’ont permis de passer d’agréables moments. Plus particulièrement une française, une espagnole et une argentine. J’ai passé mes 4 jours sur Bogota avec elles. Je les ais rencontré par le site http://www.Couchsurfing.org. Le premier rendez-vous était organisé par les membres du groupe de Bogota. Il s’agissait d’aller aider les enfants qui vivent dans la rue à Bogota. Il y en a tellement… Une idée qui m’a parue fort intéressante et enrichissante même si un peu dangereuse car il nous fallait aller dans des quartiers pauvres. Seulement accompagné par pas moins de 25 personnes on ne risquait rien. Il ne fallait juste pas sortir avec l’appareil photo et bien garder les poches fermées. On a passé environ 2 heures avec ces enfants, on leur a distribué du pain, des jus de fruits et on a joué avec eux. Ce groupe réalise cette action bénévole depuis plus de deux ans, et les enfants les connaissent. Mais comme tous les enfants leur curiosité n’a pas de limites et nous avons passé un excellent moment avec eux. Après ça rien de tel que d’aller boire un verre tous ensemble pour mieux apprendre à nous connaître. C’est ainsi que j’ai sympathisé avec ces 3 demoiselles et que nous nous sommes fixé un nouveau rendez-vous le lendemain pour aller visiter les musées. On a passé un belle après midi tous ensemble et on avons décidé de remettre ça le lendemain pour aller visiter « Zipaquira », une petite ville à environ une heure de Bogota.  Mais avant d’aller se coucher il fallait que je sorte pour me faire une idée de la vie de la nuit dans cette capitale. On a donc été à un autre rendez-vous de couchsurfing à un Karaoké. Je ne suis toujours pas fan de ce type de soirée et heureusement on a pas terminé là bas mais dans une discothèque proche de mon hôtel où on a passé la nuit à danser sur du reggae et de la salsa. Une vraiment bonne soirée que je ne risque pas d’oublier tant je suis rentré avec les jambes lourdes…
Le lendemain matin direction donc « Zipaquira ». Cette ville est très connue pour sa cathédrale de sel, taillée dans la mine de sel, avec des jeux de lumières saisissant, ce site est devenu le site le plus visité de Colombie.





Rentré en fin d’après midi à Bogota nous nous sommes rendu dans la famille de Maria qui est d’Argentine. On a diné tous ensemble, discuté de tout et de rien, mais leur point de vue sur la vie en Colombie m’a plu, eux qui y sont installé depuis plus de 25 ans, ont connus la Colombie et ses moments difficiles, et aujourd’hui voient la différence et sont heureux de vivre là bas plutôt que dans leur pays qui ne leur a jamais permis de s’en sortir. On a vraiment passé une belle soirée tous ensemble et je tiens à remercier chaleureusement Maria pour tous les moments que nous avons partagé ensemble et qui m’a permis d’apprécier cette ville non pas pour son architecture mais pour les gens qui l’habitent. Ainsi donc un grand merci à toi et j’espère que tes plans se réaliseront d’une manière ou d’une autre, passe de belles fêtes de fin d’année.


Ma dernière matinée à Bogota, je l’ai passé à l’hôtel. Aucune envie de sortir sous cette pluie battante. Ah oui j’allais oublier, la ville située à 2500 mètres au dessus du niveau de la mer et subie des intempéries tous les jours. Il pleut plusieurs fois par jour et il fait froid. Il pleut tellement que tous les jours de la semaine ils travaillent pour arranger ces routes créant des files d’attente démentielles qui polluent, même le bus millenium a du mal à circuler ce qui serait chez nous le métro, est pour eux un escargot surtout aux heures de pointe. Les gens se bousculent pour entrer dans les bus, aucun respect comme chez nous… Vraiment l’extase cette capitale.
Bref il était temps de partir tout au nord retrouver un climat chaud qui jusqu’à présent en Colombie me faisait vraiment défaut. Direction la côte des Caraïbes à Santa Marta, pas très loin de la frontière avec le Venezuela.  La suite, vous vous en doutez dans le prochain récit J

Nico le vagabond