vendredi 25 mai 2012

Chile - Une semaine dans une région splendide - Pucon


Direction donc « Pucon » et la région des lacs au Chile. Il n’était pas prévu que je me rende au Chile tant je manquais de temps. Mais une fois de plus j’ai changé l’itinéraire du voyage. Certes j’avais une bonne dizaine d’heures de bus à faire pour m’y rendre, mais le programme proposé par « Jorge » un chilien qui vit à « Pucon » et membre de Couch Surfing, me paraissait vraiment quelque chose qui vaille la peine. D’une part les gens présents venaient de différents horizons « Canada, Australie, France, Italie, Chile, Argentine… » D’autre part il avait prévu que nous visitions une communauté « Mapuche » et que nous participions avec eux à une réunion sur les différents problèmes que ces gens rencontrent. Enfin nous devions marcher à la cime d’une montagne pour admirer la vue sur les volcans chiliens… Tout ça en 3 jours. Le programme était chargé mais il y en avait pour tous les goûts ou presque.
C’est donc tard le vendredi soir que je suis pour « Pucon ». Quelques heures de bus, et j’étais à « Junin de las Andes ». Une petite heure d’attente dans le terminal, bien au chaud avant de prendre un second bus en direction donc de « Pucon » au « Chili ». A peine deux heures de routes. Il état 7h30, le soleil commençait à se lever mais plus nous avancions et plus le ciel se couvrait. Doucement je commençais à voir apparaître le paysage. En arrivant à la frontière, quelle sensation !!! Il neigeait, un froid glacial mais je revoyais pour la première fois depuis plus d’un an, des arbres couverts de neige fraiche. Quelques heures auparavant j’étais dans une région aride proche du niveau de la mer, et j’étais maintenant au milieu de la cordillère des Andes « Pour changer », mais cette fois là, elle était toute blanche. Des sapins à perte de vue mais différents des nôtres, regardez les photos. Tout était couvert de neige fraiche. Les habitations étaient construites de bois et de pierres comme on le retrouve chez nous dans les stations de ski des Alpes. Des petits chalets. Un paysage magnifique, un air frais, et une odeur que j’avais presque oublié. Ca sentait la neige fraiche… Quel bonheur, quel plaisir, quelle sensation. Mes sens étaient en extase. Comme si mon corps réagissait à  ce qui lui avait manqué. Le froid avait beau transpercer mes vêtements je ne pouvais remonter dans le bus, après avoir fait tamponner mon passeport, sans apprécier cet environnement qui m’avait tant manqué. Toutefois, je ne pouvais rester là, les amis m’attendaient à « Pucon », il fallait donc que je remonte dans le bus. On a passé le col et une heure et demi plus tard nous étions plus bas, la neige avait disparue et la pluie l’avait remplacée. Une pluie torrentielle. A peine descendu du bus je me suis orienté vers le centre d’informations touristique pour savoir comment rejoindre le site où je devais me rendre. Facile un minibus, et 15 minutes plus tard et j’arrivais dans la cabane de « Jorge ». Un grand chalet qui pouvait accueillir jusqu’à 8 personnes. J’étais le premier arrivé sur le site. Etonnant puisque j’étais le seul à venir d’Argentine et que tous les autres venaient du Chili. Mais bon il n’y avait pas à s’en faire. Je me suis installé dans la cabane, puis suis allé discuter avec « Jorge ». Un nom bien difficile à prononcer en Espagnol qui s’est donc vite transformé en « George »… avec son accord bien entendu.
« Jorge » et moi même avons passé une bonne partie de la matinée à faire connaissance. Tout comme moi il avait réalisé un long voyage de 2 ans en Amérique du Sud. Parti avec sa copine ils ont parcouru le pays du Sud au Nord jusqu’à ce qu’un heureux événement les arrête. Sa copine « Paola » était tombée enceinte pendant le voyage et ils ont donc du rentrer. La petite est maintenant née et à 5 mois. Un bébé au large sourire qui en dit long sur l’amour que lui apportent ses parents. Nous avions beaucoup de points communs et une vision du voyage identique. Nous n’avons certes pas fait le même voyage mais le résultat est identique. C’est une expérience à unique, à vivre et à apprécier dans les moments difficiles comme dans les moments exceptionnels. La vie se vie et non se supporte. C’est finalement vers midi que les autres Couch surfeurs ont commencé à arriver. Canadien, Chiliennes, puis Australiens, Français, Anglais, et Chiliens se sont succédées jusqu’à 15H. On a rapidement fait connaissance mais le groupe qui était maintenant composé de 9 personnes s’est très vite soudé. On était en harmonie. 

"Réunion avec les communautés Mapuche"
La journée pouvait commencer. On devait se rendre dans une communauté « Mapuche » pour assister et participer à la réunion qu’ils avaient organisée. Il fallait qu’on s’active rapidement pour ne pas arriver trop tard. On est parti faire les courses, d’autres ont commencé à préparer le repas, et finalement une heure plus tard nous étions fin prêt. Direction donc le petit village « Mapuche »





On est arrivé sur place au moment où commençait la réunion. Le thème était la culture organique de cette communauté qui est maintenant en situation difficile suite aux plantations transgéniques que de nombreuses entreprises ont planté dans les environs. Tout leur travail est impacté et le gouvernement ne se préoccupe en rien de leur problème. Leur idée était donc de commencer à s’organiser avec toutes les régions impactées pour faire ensuite front au gouvernement. Il a été très intéressant de suivre la discussion et d’y participer. Au court de mon voyage j’ai pu assister à ce type de réunion, et je remarque que les problèmes les thèmes sont différents mais qu’au final les problèmes qu’ils rencontrent sont identiques. Il y a un manque crucial de communication, d’information, d’organisation et de prises d’initiatives.
Ces gens vivent isolés. Ils n’utilisent pas les moyens de communication comme internet, le téléphone, la radio ou l’internet. Tout se réalise de bouches à oreilles. Ils ne mettent pas sur papier et ainsi ils ne diffusent pas correctement l’information.
Une personne disait qu’il y a de ça 10 ans ils savaient qu’ils allaient rencontrer des problèmes avec ces cultures transgéniques. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils sont dos au mur qu’ils commencent à s’organiser…
Autre exemple, beaucoup de villages qui sont maintenant en situation critique ont protesté dans la rue contre ces entreprises qui les pénalisent. Mais jamais ils ne se sont regroupés pour manifester. Rien n’a été écrit, si ce n’est quelques articles dans les journaux locaux et rien n’est remonté jusqu’au gouvernement.
            Si tous les villages, toutes les communautés, tous les agriculteurs se rassemblaient ils auraient un poids bien supérieur. Ils seraient en nombre pour faire face au gouvernement. Ils sont si nombreux dans cette situation… C’est comme se battre sans armes…
            Il leur faut donc démarrer de rien. Je leur disais que le problème qu’ils rencontrent aujourd’hui est un problème que nous avons affronté dans de nombreux endroits dans le monde. Qu’il existe des moyens de communication aujourd’hui qui leur permettraient de savoir comment se sont réalisés les choses par exemple en France. Qu’il faut prendre contact avec ces gens qui se sont battus et qu’ils allaient les aider d’une manière ou d’une autre en leur enseignant la stratégie, la loi qui a été proclamée… Sans ça leur bataille pourrait durer des dizaines d’années. Le message a été reçu comme l’a dit le chef du village, reste à voir comment ils le mettront en action. Le problème c’est qu’il y a urgence. Ces gens vivaient de la vente de ces produits biologiques et qu’à l’heure actuelle il leur est très difficile de faire face à ces entreprises qui produisent en masse. Aujourd’hui ils vendent tout juste pour nourrir la famille qu’avant ça ils vendaient en masse. Ils sont en mode survie… Ca fait peine à voir, mais il y a de l’espoir. Nous étions pas moins de 50 personnes de nombreux horizons, et ce n’était que la première réunion. Ainsi que je leur souhaite beaucoup de courage, ils en auront besoin. C’est une bataille qu’ils entament. Non c’est une guerre. La première bataille sera qu’ils s’organisent. Je leur ai laissé mon contact. Je n’ai pas d’expérience dans le monde politique, ni dans l’agriculture, mais j’ai le moyen de communiquer et de faire passer l’information. Ainsi que si parmi vous il y a des gens prêt à les aider d’une manière ou d’une autre, n’hésitez pas à me contacter et je leur transmettrais l’information ou vous mettrais en relation avec eux.

Après avoir vu un court documentaire sur les problèmes d’environnement que rencontre le Chili, il était temps pour nous de les quitter, non sans regrets. Nous devions aller faire les courses pour la soirée et pour le lendemain. Une longue marche était prévue pour monter à la cime d’une montagne et apprécier le paysage Chilien de la région de « Pucon ». Hors de question donc que nous nous couchions tard. Il fallait être en forme. Sous la pluie toujours aussi torrentielle nous sommes donc rentré dans nos quartiers respectifs. Le temps de diner tous ensemble un fabuleux plat de courgettes préparé par notre amie Australienne et nous allions nous coucher.

8h le réveil sonne.  Le temps de prendre un bon petit déjeuné bien calorique, de préparer notre sac et sandwiches et nous étions prêt. Nous n’attendions plus que 4 Chiliens qui devaient arriver avec une camionnette qui allait nous transporter jusqu’au pied de la montagne. Je leur avais promis de cuisiner français s’ils arrivaient à 9h tapante, et non 9h Sud Américain comme je l’ai souvent remarqué. Et oui en Amérique du Sud les gens ont la fâcheuse tendance d’être en retard ce qui toujours eu le don de m’agacer. Ils sont arrivés à l’heure. Comme quoi quand ils veulent ils peuvent… Suffit juste de leur mettre la carotte au bout du nez. Non sans rire nous étions tous content qu’ils soient à l’heure, ça allait nous permettre de profiter pleinement de la journée. En plus de ça le soleil rayonnait, il ne faisait pas très froid, et une belle journée s’annonçait. 

Prêt à monter
A 10 heures nous étions sur place, prêt à grimper. Sur le chemin nous avons aperçu le magnifique volcan « Villarica » qui surplombe la ville de « Pucon ». Je ne l’avais pas vu la veille le temps était couvert, mais là… j’étais sans voix. 









"Volcan de Villarica surplombant Pucon"
La cime était parfaite, la neige sur presque toute sa hauteur. Il était tout simplement magnifique.  A peine arrivé nous avons commencé directement à grimper. Pas évident sans s’être échauffé de monter sur cette pente qui n’en finissait pas. 

"On grimpe on grimpe dans le parc national de Chinay"
A un bon rythme, le groupe a fini par se séparer en deux. Du moins sur les premiers cents mètres. Il y avait ceux qui ont l’habitude de grimper et ceux qui souffraient. Je n’avais pas fait d’exercices depuis un bon moment et je me demandais bien si j’allais pouvoir les suivre jusqu’au bout. Arrivé au premier refuge, nous nous sommes ravitaillés. On a attendu quelques minutes voir si le second groupe arrivait mais il faisait tellement froid, qu’on a préféré repartir avant de nous refroidir.


"On arrive au refuge"
 Le paysage commençait à changer, en bas la forêt avait été bien dévastée par les humains. De nombreux arbres avaient été coupés et il n’en restait que peu et pour la plupart bien jeunes. La terre sur laquelle nous marchions était passée de l’état de boue séchée à une terre gelée.




























"Ca grimpe 
De la neige apparaissait par ci par là. En revanche au dessus du refuge la forêt était dense et vieille. Des arbres bien plus vieux que moi nous protégeaient du vent glacial. Parfois de la neige nous tombait sur le coin de la figure histoire de nous rappeler que nous étions en montagne. 















Le chemin commençait à être bien enneigé. On marchait sur une épaisse couche de neige qui craquait sous nos pas. Le paysage est alors devenu magique. 

On en prend plein la vue, le paysage est splendide !!!

Les arbres couverts de neige et de glace rendaient le paysage blanc et glacial comme dans le film « Les Chroniques de Narnia ». Tout simplement magique. On avançait à bon pas pour ne pas arriver trop tard à la cime de la montagne. Sur le chemin on a atteint un premier lac gelé. Recouvert de neige il n’était pas bien prudent de s’aventurer sur celui-ci. Juste le temps donc de prendre quelques photos de discuter avec les quelques touristes qui s’étaient arrêter la pour pique-niquer et nous repartions de plus belles. 

Un lac gelé mais pas au point de patiner !!!

Des arbres centenaires !!! 

Plus nous montions et plus les arbres se faisaient rares mais plus leur taille était impressionnante. La neige fraiche nous montait jusqu’au genoux et il nous restait encore un bon 200 mètres de dénivelé à monter. Qu’est-ce que ça allait être en haut… Encore quelques efforts, les jambes commençaient à être lourdes d’autant plus qu’il fallait enjamber des marches hautes comme mes jambes. On s’accrochait à ce qu’on pouvait. 
"Vue de la cime sur le volcan Vallerica"
Ce n’est que vers 13h30 que nous sommes arrivé à la cime. Je crois que les photos parlent d’elles mêmes pour décrire ce que j’ai vu. Un paysage exceptionnel, montagnes, volcans, lacs, forêts sous un soleil magnifique. 

Au sommet, une bien belle photo de groupe

Magnifique paysage non ??
Un panoramique absolument grandiose qui nous a laissé sans voix pendant de longues minutes. On devinait au loin l’Argentine de l’autre côté des Andes, et le Chile derrière nous tout plat. Une plaine qui nous emmène jusqu’à la côte pacifique. On avait tous la pêche pour monter, après avoir vu ça, je peux vous dire que l’adrénaline était à son summum. Pendant de longues minutes nous avons profiter de cette vue exceptionnelle, bien évidemment on a pris quelques photos, puis nous nous sommes ravitaillés de nouveau. Il nous fallait maintenant tout redescendre… On était monté en 3h avec 30 minutes de pauses au total. On avait fait 1000 mètres de dénivelé. La partie marrante commençait. On avait décidé de descendre rapidement, pour aller nous baigner dans les eaux thermales proches de ce site. C’est donc au pas de course que nous sommes revenus sur nos pas. Dans la neige on s’est amusé à descendre sur les fesses comme en luge. La pente était telle qu’elle nous entrainait comme si nous étions en Bobsleigh. Le reste on l’ fait en courant. 1h15 minutes pour redescendre. Je n’avais plus de jambes mais les eaux thermales allaient remettre tout ça en place. Juste le temps de faire 15 minutes de voiture et nous arrivions à la piscine. Le long d’une rivière à l’eau glaciale, se trouvait la piscine. On a quitté les habits, nous sommes changés et avons plongé lentement dans cette eau très chaude. On y a passé au moins une heure. Certains se sont amusés à aller dans la rivière à plusieurs reprises. Pour ma part j’ai préféré rester au chaud dans l’eau dont une odeur de gaz de soufre se dégageait.
La nuit commençait à tomber, et oui au Chili, à cette époque de l’année à 17h30 le soleil disparaît. Les journées en sont que trop courtes tant il y a de belles choses à voir. Mais bon on en avait bien profité. Et ce n’était pas terminé, enfin, pour moi… Il fallait maintenant que je me mette à cuisiner. J’avais décidé de faire un plat pas trop chère pour qu’il convienne à tous les budgets, mais il n’en reste pas moins qu’il fallait faire un plat de montagnard. Vous avez devinés ? Non ce n’était pas une fondue, il n’y a pas le fromage adéquat pour faire cela. Leur plastique non merci… Mais une bonne tartiflette ça oui. 4Kg de pommes de terre, 1 litre de crème fraiche, du lait, de la bonne pense de cochon, des oignons, et du fromage local avec du parmesan en plus. C’était ma première tentative, mais il ne fallait pas que je me ratte. On était tout de même 19 à manger ce soir là. Rien de tel donc qu’un petit tour sur internet pour vérifier la recette. L’astuce, et je m’en souviendrais à été de couper les pommes de terre très finement et de laisser cuire au four à feu doux pendant 1h45. Avec tout ce monde, on s’en est sorti à préparer les plats en 25 minutes. Les uns coupaient la viande, les autres épluchaient les pommes de terre, les autres les coupaient en fines rondelles… et pour qu’on ne manque pas de nourriture, un Italien avait préparé des pates à l’italienne, et d’autres une bonne salade Chilienne, et pour couronner le tout, un gâteau à la carotte dont j’ai maintenant la recette. Il ne me restait plus qu’à préparer la Sangria, le plus rapide… on était fin prêt à manger. Tous très en appétit, on s’est régalé. Il n’en restait rien. Comme quoi nous n’en avions pas fait trop. Il faut dire qu’avec les efforts fournis dans la journée et l’heure à laquelle on a mangé, (Pas loin de 23h) il ne pouvait en être autrement. Une journée de plus dans ce voyage qui restera mémorable. Tout le monde avait tenu sa promesse, on avait vu des paysages splendides, on avait mangé comme des rois. Bref une belle journée s’achevait là. Je tiens à remercier tous les gens qui étaient présent, et tout particulièrement « Jorge » sans qui tout ceci n’aurait pas été possible. On a tous passé un weekend formidable. Merci donc à toi. A la revoyure l’ami J.

Un petit maté au bord du lac !!

Le temps d'un ASADO !!!
Le lendemain matin certains sont partis très tôt. Pour ma part j’avais décidé de rester une journée de plus dans la région profiter de ce beau soleil autour du lac. En plus de ça « Jorge » avait prévu un Asado… On est donc parti avec ceux qui restaient autour du lac boire un Maté puis sommes rentrés manger l’Asado. On a de nouveau passé une bien belle journée même si au fur et à mesure que le temps passait nous étions de moins en moins nombreux. Au cours de cetet journée j’ai passé beaucoup de temps à discuter avec Mauricio, un Chilien qui était présent pendant ces deux jours. Il m’avait fait tant d’éloges sur sa région de « Paillaco » et « LLifen » au Chili que j’avais décidé d’aller le retrouver le lendemain chez lui. De plus il fallait que j’aille l’aider. Il souhait entreprendre un voyage de quelques mois en Amérique du Sud mais en moto. Je pouvais bien lui donner quelques conseils. Je ne manque pas d’expérience maintenant même si je n’ai rien fait ou quasi en moto.

Tôt le lendemain matin je suis donc parti pour « Paillaco ». Mauricio m’attendait là bas, il avait du rentrer s’occuper de son commerce. Je pensais arriver tôt. Raté, les bus étaient pleins et surtout il n’y en avait pas beaucoup. Je me suis retrouvé à attendre quelques heures dans un village perdu au milieu du Chili. Pas un chat, juste les gens qui attendaient le même bus que moi. Je me suis tout de même occupé en lisant mon lire et surtout en mangeant les meilleurs « Empanadas » de tout mon voyage. La sauce piquante qu’ils ont au Chili fait vraiment toute la différence. Même la pâte des « Empanadas » est croustillante et donne une tout autre saveur. Un régale. Ce n’est qu’à 19h30 que je suis arrivé à  la maison de « Mauricio ». Presque une journée de perdue. Mais pour éviter qu’elle ne le soit complètement, « Mauricio » avait décidé de partir dans la soirée pour la région de LLifen à environ 1h30 de route en bus. Après avoir mangé un sandwich préparé par sa maman, nous avons donc été de nouveau au terminal. Comme de vraies pipelettes on a passé tout le voyage à converser. Il m’expliquait tout sur sa région, et j’essayait tant bien que mal de tout enregistré. Mais il a un tel débit que je pense que personne n’en ait capable. Un vrai moulin à paroles. Lorsqu’on est arrivé à destination, il faisait un froid, mais un froid. Je me suis vêtu de tout ce que j’avais emmené. Il faisait nuit, les étoiles une nouvelle fois en nombre illuminaient le ciel et c’est sous cette nuit d’étoiles que nous sommes parti marcher dans son village de vacances. Lieu touristique l’été l’automne il est presque désert. Seuls les habitants y vivent. Pas un touriste, les rues sont désertes, en même temps, à cette heure et dans ce froid ça se comprend. On est rentré vers minuit dormir dans sa maison de vacances qui se trouve au bord de la plage du « Lac de LLifen ». Pas de chauffage et donc à l’intérieur un froid qui ne vous donne qu’envie d’aller se mettre au chaud dans le duvet. On ne pourra pas dire qu’on a passé une nuit reposante. Il avait fait tellement froid qu’on s’est réveillé je ne sais combien de fois. Mais on s’est tout de même suffisamment reposé pour aller marche la journée.

Au programme monter deux petites collines « Cerro » en espagnol pour profiter de la vue. La première se trouve à l’Est du lac. On y est monté rapidement donnant une vue sur tout le lac et ses petites îles. 

Vue sur le lac de LLIFEN !!!

Le renard nous a vue...
En arrivant au point de vue, en bas nous avons aperçu un renard qui nous a surprit et qui s’est vite enfuit. Mais j’ai tout de même pu vous le prendre en photo. Pourtant loin il n’a pas mis longtemps à nous repérer. 








On est ensuite redescendu dans le village pour monter à un autre point de vue. Pour cela on a du demander à une famille de paysan leur autorisation pour traverser leur champ. 
Le village de LLIFEN
Dans un chemin très pentu, glissant et pas du tout entretenu nous sommes donc monté pour admirer la vue sur tout le village. Nous ne pouvions pas monter plus haut. C’était trop dangereux. On a donc préféré faire marche arrière et rentrer à « Paillaco ». Enfin ça c’était ce qui était prévu. 







Nos amis pêcheurs !!
En retournant sur nos pas nous avons croisé deux jeunes hommes équipés d’une canne à pêche faite de bambou. Ni une ni deux, « Mauricio » a commencé à converser avec eux pour savoir si nous pouvions les accompagner. Il était évident qu’ils n’allaient pas refuser. 








Pas besoin de matériel pour pêcher le saumon
une canne de bambou et une boite de conserve!!
Au programme pêche de saumons. Le temps d’aller chercher notre matériel de pêche et nous les avons retrouvé à l’arrêt de bus. Direction la rivière de « hjhkkj » qui se trouve à moins de 20 minutes de bus. Seul touriste je me suis bien fait remarqué avec ma canne à pêche. Tout le monde me regardait avec de grands yeux, surpris de voir un touriste à cette saison de l’année. On a fini par descendre du bus et commencer à marcher. On a enjambé je ne sais combien de champs, et sommes arrivé au bord de la rivière. Mais ils ne se sont pas arrêtés là. On a continué à marcher jusqu’à ce qu’ils soient certains que personne ne nous voit ce qui me laissait penser qu’ils allaient pêcher de manière vraiment illégale… Je me suis donc permis de leur pauser la question suivante : « On peut pêcher à cette période de l’année ? Vous savez s’il faut un permis de pêche? » Et ils m’ont répondu : « On pêche pour manger… pas besoin de permis, et s’il en faut un, on a pas les moyens de se le payer. S’ils veulent nous embarquer nos cannes de bambou on en refera d’autres, ce n’est pas ce qui manque dans la région, HAHA. » Comme souvent donc en « Amérique du Sud », il existe des règles pour que les gens les enfreignent. Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois que je vois ça. Et comme ils me disent fréquemment « Somos un desastre, pero bueno, somos asi, lo sabemos, y no va a cambiar » ce qui signifie : « Nous sommes un désastre, mais bon, on est comme ça, et ça ne va pas changer ». C’est sur ces mots qu’on a commencer à  mettre nos lignes à l’eau. 

On aura passé 2  heures au bord de la rivière avec ces deux jeunes hommes et « Mauricio ». Mais résultat on a rien pris… On a bien failli sortir un saumon mais il s’est échappé. On avait donc rien fait de mal… si je puis dire. 









Il était temps pour nous de plier les lignes et de retourner sur la route principal attendre un bus. Il faisait de nouveau froid, et donc pour ne pas geler sur place on a donc commencé à marcher espérant qu’un automobiliste allait nous prendre en stop ou qu’un bus allait passer. On a bien marché une heure le long de cette route. Puis finalement le bus nous a ramené à « LLifen ». 

Le lac de LLIFEN au couché de soleil !!

Juste le temps de récupérer nos affaires et nous sommes repartis à « Paillaco ». « Mauricio » devait s’occuper de son commerce et moi je comptais bien prendre une douche. Déjà deux jours que je ne me suis pas baigné, et entre tous ces bus et ces heures de marche je ne me sentais pas très à l’aise. En arrivant à sa maison sa maman était couchée. J’ai donc attendu le lendemain matin pour prendre ma douche. J’évitais ainsi de la réveiller. On s’est de nouveau réveillé bien tôt. « Mauricio » m’accompagnait à « Valdivia » pour visiter un peu sa famille et me faire connaître la ville. De là je devais dans l’après midi prendre le bus pour « Bariloche » en « Argentine ». mal heureusement le bus partait d’une autre ville que je devais donc rejoindre avant 15h. On a donc rapidement parcouru « Valdivia ». 

Au port,, ou plutôt au marché les phoques attendent le poisson invendu
Merci Mauricio pour ces belles journées ensemble


Valdivia !!
Juste le temps de voir les coins sympathiques de la ville, comme les bords du fleuve, le port, et la place centrale. J’aurais rencontré sa sœur et son époux le temps d’un café et je remontais dans le bus… frustré. Mais il en était ainsi j’avais un autre rendez-vous le vendredi à « Bariloche » et je devais donc m’y rendre le jeudi.
J’aurais appris beaucoup de choses avec « Mauricio » qui en connaît long sur l’histoire de son pays, et de son avancement. Fière de son pays, il ne s’est pas gardé de détruire l’Argentine et surtout la manière qu’à l’Argentine de faire les choses, (je vous en parlerais dans le prochain message). Et oui il existe une rivalité là aussi avec les « Argentins ». Ce n’est pas la première fois que je la constate. Par exemple lorsque je suis arrivé au « Chili » j’avais l’accent « Uruguayen, Argentin » qui est qu’on parle beaucoup avec la «  CHHHH ». Ils m’ont tous demandé, et ce sans exception de retirer cet accent, que j’avais appris l’espagnol en Equateur et que là bas ils parlent comme eux, et que donc ça ne sera pas difficile pour moi de le supprimer. Imaginez !!!
Bref il était temps pour moi de quitter « Mauricio ». Pour sa gentillesse, sa culture, et sa passion pour son pays, je lui dis également un grand merci. Que ton voyage en « Amérique du Sud » se réalise. Soit prudent en moto, et si tu as besoin de quoi que se soit, tu sais à qui parler J.

Comme vous pouvez le constater j’ai passé seulement 5 jours au Chile. Je manque de temps et je préfère connaître mieux « l’Argentine » plutôt que de devoir courir sur la fin de ce voyage. Mais il n’en reste pas moins de que je n’ai que de bons souvenirs du « Chili » et que comme ils disent « Si Dios quiere » ce qui signifie « Si Dieu le veut » j’espère y retourner. Merci à vous tous pour ces magnifiques moments. Vous habitez une bien belle région.

Sur ces bonnes paroles je vais vous laisser. Je vous laisse apprécier les photos. A la revoyure les amis.

Nico le vagabond



vendredi 11 mai 2012

Argentine - De la côte à la Patagonie...


Après Colonia, il ne me restait plus qu’à traverser le « Rio Uruguay » pour me rendre à « Buenos Aires » en Argentine. Mon temps était écoulé en « Uruguay »… Je n’étais pas sûr de m’y rendre et c’est finalement avec pleins de bon souvenirs que j’en suis parti à une exception prêt. Elle est arrivée lorsque j’ai du partir du pays. Je ne savais pas qu’en Argentine le weekend du  1er Mai possédait également un jour férié. Lorsque je me suis présenté au guichet de « BuqueBus » pour prendre le ferry qui allait m’emmener à « Buenos Aires », toutes les places économiques avaient été vendues jusqu’au 3 Mai. N’aillant pas envi de rester à poiroter 3 jours de plus à « Colonia » et que les bus étaient pleins, j’ai donc du payer le prix fort pour traverser la rivière.  A peine une heure de bateau dans lequel j’ai dormi tout le long. Dommage, j’ai raté l’arrivé à « Buenos Aires » qui à ce qu’il paraît vaut le coup d’œil. Ca sera pour une prochaine fois. Il était prévu qu’une amie rencontrée en « Uruguay » me reçoive chez elle, mais étant donné que ce weekend durait 4 jours, tous les Argentins avaient pris le large mais surtout mon amie était partie en weekend, bien loin à « Mar del Plata ». Il ne me restait donc plus qu’à aller à l’auberge de jeunesse… La journée allait coûter bonbon… Bref une fois le pied à terre à « Buenos Aires », il fallait que je trouve où j’allais me loger pour pas trop cher. Une amie de « Buenos Aires » rencontrée en « Colombie à Bogota » m’avait spécifié de loger dans le quartier de « San Telmo ». Bien situé, pas trop loin du centre, bien desservi, c’est l’option que j’ai choisie. Le tout était de savoir comment s’y rendre. Heureusement, et comme souvent, les gens sur place m’ont bien aidé. Un jeune homme, son enfant dans les bras m’a indiqué où prendre le bus, et surtout où descendre. Il était tout de même 22h, et avec toutes mes affaires sur le dos, traverser « Buenos Aires » à pied ne m’enchantait guerre. Ca faisait un petit moment que je n’étais pas allé dans une auberge de jeunesse et je dois dire qu’en arrivant dans celle ci je suis bien tombé. Il ne restait plus qu’un lit disponible et dans l’auberge il semblait y avoir une bonne ambiance. Tout le monde semblait passer un bon moment dehors à danser sur de la Salsa. J’étais pourtant en « Argentine », pays de la Cumbia et surtout du Tango… Colombiennes, Mexicains, et Argentins étaient en train de fêter le départ de quelques uns de leurs amis qui le lendemain allaient rentrer en « Colombie ». Ils m’ont invité à me joindre à la fête. Ce n’était pas pour me déplaire. Ca faisait aussi bien longtemps que je n’avais dansé la « Salsa ». C’est ainsi que démarrait ma première journée ou plutôt ma première soirée en « Argentine », en faisant la fête. J’avais croisé de nombreux « Argentins » tout au long de mon voyage en « Amérique du Sud », et tous sans exception aimaient festoyer. Ce n’est pas chez eux que ça allait changer. En Argentine, les soirées commencent tard, et finissent au petit matin… C’est comme ça que ça fonctionne. Du coup la journée les gens sont bien fatigués et donc l’après midi entre 13h et 16h tout est fermé, c’est l’heure de la sieste. Partout où je suis allé c’était comme cela. C’est un peu différent dans les grandes villes, quoique, les petits commerçants ferment aussi. Bref direction à 3h du matin au Club de Salsa jusqu’au petit matin. Rentré exténué par toutes ces heures à danser, c’est tard dans matinée que je me suis réveillé. Je n’ai pas été très actif ce jour là… J’ai rapidement visité le quartier de « San Telmo » qui je dois dire n’a rien d’exceptionnel et la seconde partie de la journée je l’ai occupée en préparant l’itinéraire de la visite de « Buenos Aires » du lendemain. J’avais prévu de parcourir à pied du Nord au Sud Est la ville de « Buenos Aires ».

Cimetière de la Recoleta - Buenos Aires
Mercredi 2 Mai, je me suis levé bien tôt, et pris le bus direction « La Recoleta », le quartier le plus touristique de la ville. Je suis descendu en face de la faculté de droit, puis j’ai marché en direction du « Cimetière de la Recoleta » version miniature de celui du « Père Lachaise ». Y sont enterrés de nombreuses personnes connues dans l’histoire de « l’Argentine » comme des commandants de l’armée qui ont aidé à l’indépendance du pays, ou bien quelques présidents. La différence majeure avec celui de « Paris » c’est que les tombes sont parfaitement entretenues et restaurées et il n’y a pas d’espace vert. C’est un cimetière très dense construit en étoile. J’en ai rapidement fait le tour, puis me suis dirigé au « musée de la Culture ». Pas de chance j’étais arrivé trop tôt. Il n’ouvrait qu’à 14H00. Je suis donc retourné sur mes pas, direction le musée des « Bellas y Artes ». Là encore il n’ouvrait qu’à 13h00. Pas de problème, il y en a des choses à voir dans cette ville, en plus de ça il faisait très beau ce jour là. Marcher n’était pas un problème. 





Palermo Quartier résidentiel - Buenos Aires
Direction le quartier de « Palermo ». « Palermo » c’est le quartier résidentiel mais aussi le poumon de la ville. Il y a le Zoo et de nombreux parcs comme le « Jardin Botanique », le « Jardin Japonais »  et d’autres dont j’ai oublié le nom. Tout au long du chemin entre « La Recoleta » et « Palermo » j’ai traversé les quartiers résidentiels. J’étais impressionné par l’architecture des maisons. Maisons d’architectes, maisons coloniales, rues propres, jardins magnifiques, voitures pour la plupart allemandes, bref un quartier très chic où la police ne cesse de passer. J’ai discuté avec un résident du quartier qui me disait, le prix du mètre carré ici avoisine les 4000$. Je me croyais presque à Paris… 

Jardin Japonais - Buenos Aires
J’ai poussé ma marche jusqu’au Jardin Japonais. 
Après l’avoir visité et mangé quelques sushis, je suis alors retourné sur mes pas mais par une autre rue. J’ai traversé d’autres parcs et entre autre le parc des statues. Ca aussi c’est quelques chose que j’ai aimé de « Buenos Aires ». 
Une sculpture parmis tant d'autres - Buenos Aires

Il y a de magnifiques sculptures dans toute la ville et elles sont en nombre. Je ne pourrais vous dire combien j’en ai vu ce jour là mais ça dépasse la cinquantaine et je n’ai visité que 20% de la ville…
J’étais de retour dans le quartier de  « La Recoleta ».  Il était toujours trop tôt pour le « musée de la culture » en revanche j’ai pu m’aventurer dans le beau musée de « Bellas y Artes ». J’y ai vu une collection de peintures et de sculptures impressionnantes, un vraiment beau musée. Mais ce n’est d’art dont je souhaite vous parler maintenant. Depuis que j’étais à « Buenos Aires », soit un peut moins de 3 jours, j’en étais au moins à la cinquième personne qui me parlait des élections présidentielles et des problèmes de la France. Et oui à Buenos Aires et partout en Argentine je peux dire maintenant, les gens s’intéressent à ce qu’il se passe en Europe. Et étant donné que nous étions en plein dans les élections présidentielles en France, les gens me demandaient tous ce que j’en pensais. Mais là où j’ai été surpris ce n’est pas par cette question mais par la suivante « Vous Français, pourquoi êtes vous autant RACISTES ? Pourquoi êtes vous autant à voter Extrême droite ? ».  J’ai ma théorie, mais je préfère ne pas m’aventurer dans ce domaine surtout dans ce blog. Mais il a tout de même fallu que je réponde à ces questions, et je dois dire qu’elles m’ont mis mal à l’aise. On a finalement changé de Président, ce qui les a rassuré un peu, mais je vous laisse réfléchir comme je l’ai fait sur ce sujet si vous ne l’avez pas encore fait. Moi pour ma part j’en reste là, je ne suis pas en voyage, loin de tout problème et tout stress pour me lancer dans des débats politiques. Mais je tenais à vous en faire part, ce qui est maintenant fait.

Après avoir visité ce beau musée, j’ai repris le bus pour gagner un peu de temps et me rendre à la rue « Los Corrientes » ce qui signifie « les courants ».
L'obélisque - Buenos Aires
Là il n’y a pas grand chose à y voir, à part si vous chercher une rue comme la rue « Montgallet à Paris ». C’est plein  de restaurants rapides, de bureaux et de commerçants en informatique et photographie. Après l’avoir remonté sur environ 700 mètres j’arrivais donc à l’Obélisque. Un semblant de place de la Concorde… 
De là il je comptais me rendre, toujours à pied, à la place « 25 de Mayo ». C’est le quartier des banques, mais aussi et surtout du gouvernement. 
Place "25 de Mayo" - Buenos Aires
avec le Palais présidentiel au fond



Il y a le « Palais présidentiel surnommé « El Palacio Rosado » pour sa couleur rose, Ministère de l’intérieur… et j’en passe. Tout le gouvernement est logé dans des bâtiments coloniaux magnifiques. IL n’y a pas qu’à « Matignon » qu’on jette l’argent par les fenêtres… J’en avais terminé avec la visite du centre de la ville de Buenos Aires pour cette journée. 







Il me restait de nombreux quartiers à visiter, mais j’ai préféré quitter la ville pour me rendre à « Puerto Madero ». C’est un autre quartier de « Buenos Aires » mais de l’autre côté d’un canal. 
Canal de Puerto Madero - Buenos Aires

De nombreux grattes ciels y ont été construits, c’est aussi là qu’on y mange les meilleurs barbecue Argentins à un prix EXORBITANT mais ce n’est pas pour ça que j’y allais. Derrière ce quartier se trouve la réserve naturelle de « Puerto Madero ». 

J’y ai marché toute la fin d’après midi jusqu’au couché du soleil. Un petit coin loin de la circulation et du bruit de la ville où les oiseaux viennent en nombre.


Réserve écologique - Buenos Aires










La journée touchait à sa fin. J’avais marché toute la journée. Je marchais tranquillement pour rentrer à l’auberge mais dans les rues il en était tout autrement. L’équipe de « Boca Junior » allait jouer à domicile à 19h30. Klaxons, feux d’artifices, explosifs, et chants se mêlaient au bruit des bus, et des automobiles. Le quartier de « San Telmo» est voisin avec le quartier de « Boca ». Tout le quartier vibrait pour ce match. Je marchais dans la rue et je suis suivais en même temps le match. Tout le monde était devant sa télé ou devant a radio. Ca c’est aussi l’Argentine, tout comme l’Uruguay et le Brésil, le football est très important et peux sont les gens qui ne le suivent pas. Quand joue l’une des meilleurs équipes du championnat qui plus est rivaux de « Rivers », tout le monde le suit. Il y a ceux qui regardent espérant qu’ils vont perdre et ceux qui supportent leur équipe. Amusant, je ne me vois pas regarder les matchs de Paris, de Marseille… non merci J Bref, je peux vous assurer que j’étais content d’être retourné à l’auberge loin de toute cette agitation. Il était temps de prendre une bonne douche et de se reposer un peu avant que la soirée ne commence. Mon amie était rentrée de « Mar del Plata » et m’avait invité à manger un « Asado Argentin » ce soir là. Rendez-vous à 22h00 « Place d’Italie » dans le quartier de « Palermo ». 22h00 ce n’est pas une heure pour manger chez nous, un barbecue mais en « Argentine » c’est normal. C’est dans ces petits détails là que je me suis rendu compte que « l’Uruguay et l’Argentine » ont des cultures très similaires. Il existe une petite rivalité entre ces deux pays. Mais en réalité, tous aiment leur pays et ainsi le défendent en disant que tout vient de chez eux. Par exemple, le « Dulce de Leche » il va falloir que je cherche dans Wikipedia pour savoir si c’est Argentin ou Uruguayen, le foot qui sont les meilleurs les Argentins ou les Uruguayens, chacun à sa version, l’Asado c’est Argentin ou Uruguayen… Bref plein de cas comme ça où ils vous diront que c’est de chez eux et que le leur est le meilleur. Une arrogance qui fait fortement penser à l’Europe… La colonisation ne s’est pas arrêtée à la langue espagnole. Une dernière petite chose. L’Uruguay faisait parti de l’Argentine, et a obtenu son indépendance, ça explique beaucoup de choses. N’allez pas pour autant dire à un Uruguayen que l’Uruguay est une province de l’Argentine, vous pourriez vite vous rendre compte que c’est un sujet qui ne les fait pas rire, bien au contraire.
 Une dernière chose que j’ai apprécié à « Buenos Aires ». Vous vous demandez peut être comment j’ai pu réaliser tout ce trajet dans « Buenos Aires » à Pied alors que je ne connaissais pas la ville. C’est simple cette ville est construite comme l’est New York, c’est un damier. Chaque Bloc de maisons, « Quadra » comme ont dit en espagnole contient 100 numéros d’habitations. Il se peut qu’il n’y en ait que 4 mais les numéros se suivent ainsi.


J’avais visité une bonne partie de « Buenos Aires » et comme mon vol retour en Europe partais de cette ville, je me suis dis que j’aurais d’autres occasions pour la visiter. Ainsi j’ai pris le bus le Jeudi matin pour me rendre à « La Plata » où vivent deux amis que j’avais rencontré un peu plus tôt en Uruguay lors de mon volontariat.
Cathédrale de la Plata 

Juste le temps de leur faire un coucou, de visiter leur université, le musée des sciences naturelles qui détient des fossiles de dinosaures impressionnants et le prenais de nouveau le bus pour aller un peu plus au sud. Direction « Mar del Plata » où là encore vivent deux autres amis rencontrées en Uruguay.







J’ai passé quelques jours là bas. Logé dans la maison de « Sofie » qui vie avec son Papa, ses cousins et son chat. Station très touristique l’été, en automne c’est très différent. Pas de trafic, les rues sont calmes et c’est un plaisir de marcher le long de la plage. De nuit, de jour, la ville semble dormir attendant de nouveau le soleil et la chaleur. J’ai eu de la chance puisqu’on a eu quelques jours de soleil ce qui nous a permis de visiter les environs. 

Le port de Mar del Plata




On a marché des kilomètres pour arriver au port, où viennent se reposer les phoques. De nombreux pêcheurs viennent pêcher en famille, ou bien entre amis. Plus le temps passait et plus j’avais envi de pêcher. A tel point que je me suis finalement renseigné pour savoir dans quelle région la pêche à la truite pouvait encore se pratiquer en cette saison. 

Las ramblas de Mar del Plata

J’ai fini par trouver mon bonheur dans la province de « Neuquen » au centre de l’Argentine. Perdu dans la Patagonie, ça allait être ma prochaine destination. Mais avant ça pour remercier Sophie et sa famille, on s’est organisé une petite soirée crêpes. Les enfants étaient excités à l’idée de manger des crêpes et n’ont pas pu attendre que je les termine qu’ils entamaient déjà le plat.  Nous, nous allions aller les déguster chez un ami qui dans sa maison s’occupe des chiens abandonnés. Il en avait pas moins de 6 et pas que des petits. Le septième on venait de le donner à un autre ami après que le vétérinaire s’en soit occupé. Et oui en Argentine comme beaucoup d’endroit en Amérique du Sud, on voit de nombreux chiens errants. Ils courent dans la rue, sans savoir où aller, et finissent par avoir un accident avec une automobile… et s’il n’y a personne pour s’en occuper après ça, ils finissent par en mourir. Heureusement il y a quelques personnes qui aiment les animaux, comme l’ami de Sofie. Le temps de manger les crêpes et le lendemain je prenais donc le bus direction « Neuquen » et plus exactement la petite ville de « Cipoletti » où m’attendait « Romina » une amie rencontrée sur le site internet Couchsurfing. Un trajet long de 12 heures, et 1400 kilomètres à parcourir. J‘allais enfin voir ces fameux bus Argentins tant réputés en « Amérique du Sud ». Enfin une télévision qui marche avec un son correcte, un repas chaud, et en prime « Vin, champagne, jus de fruits » au choix… Je vous laisse deviner ce que j’ai pris.

Je suis arrivé avec presque deux heures de retard. « Romina » était déjà au travail. J’aurais bien pu me débrouiller seul pour me rendre à la maison de « Romina », mais l’instinct maternel si typique en « Amérique du Sud » a fait que sa maman était inquiète et est venue me chercher.  Le temps de faire connaissance et pour le grand bonheur de certains j’ai pris la décision d’aller chez le coiffeur.  Après avoir fait le tour du quartier j’ai finalement trouvé un coiffeur ouvert l’après midi. Il ne coupait que des personnes âgées mais bon un coiffeur reste un coiffeur. Ainsi me voilà à discuter avec cette personne qui était ravie de couper un jeune homme et qui plus est, Français. Il m’a parlé de nombreux acteurs français, passionné de cinéma, il me montrait sur son ordinateur ses films français préférés. Je n’ai jamais passé autant de temps chez un coiffeur. Il m’a également demandé de lui régler son internet et plus spécifiquement son compte Facebook. Et oui même à cet âge là, ils utilisent Facebook… On a du passer ainsi 2 bonnes heures ensemble. Au final je m’en suis sorti avec une coupe gratuite, un permis de pêche en souvenir, et des techniques de pêches à la mouche. Pas si mal non ?
De là il était temps de rentrer à la maison de « Romina ». Je ne devais pas passer beaucoup de temps dans sa maison, puisque le lendemain matin je partais avec « Facundo » et son ami « Nicolas » pour un weekend de pêche à la mouche. Direction « Piedra del Aguila » un petit village perdu dans la campagne Patagonienne à environ 200 kilomètres. Là bas, « Facundo » avait une petite maison loin de toute agitation, a quelques mètres de la rivière « Rio Limay ». On est parti tôt le matin pour profiter au maximum du weekend. Le temps était splendide et il ne faisait pas froid comme me l’avait dit « Romina » qui avait préféré rester à « Cipoletti ». Je découvrais la Patagonie impressionné par cette immensité sans vie humaine. On a passé seulement 3 villages avant d’arriver à destination. Dans cette  région ont été découverts les plus grands dinosaures, il y a même un musée. La Patagonie on peut dire que c’est désertique. La végétation y est rare et épineuse, le sol est sableux, et certaines plantes retiennent encore les restes des cendres du volcan rappelant la tragédie du Volcan qui a recouvert la Patagonie de cendre et tué un nombre incalculable d’animaux. D’ailleurs il y a de nombreux cadavres d’animaux un peu partout. Un vrai paysage de Western.

On n'est pas dans un western ??
Nico prêt à en découdre avec les truites...
A quelques kilomètres avant d’arriver à destination, nous nous sommes arrêtés à quelques mètres d’un barrage hydro électrique pour observer les truites. Elles étaient d’une taille immense. Elles n’attendaient plus que nous. Cette région est très aride et très seine. Ca se voit à la rivière. Elle était d’une couleur limpide. Une eau si pure qu’elle pouvait se boire. 

L'eau limpide de "Rio Limay"

Nous étions tous impatient d’aller lancer nos lignes à l’eau. Le temps de manger un bout, et nous voilà qui préparions les cannes, direction la rivière. On y a passé pas moins de 5 heures. 
Nico tente le tout pour le tout au milieu de la rivière...
Pas une touche. Le comble du pêcheur… mais il n’en reste pas moins qu’on avait passé une bien belle journée. Entre les aigles, les martins pêcheurs et tout un tas d’autres oiseaux, on en a pris plein la vue. On a pêché jusqu’à ce que le soleil se couche. Mais rien à y faire, les truites ne mordaient pas ce jour là. Un peu déçu, nous sommes rentrés de nuit, sous un ciel étoilé spectaculaire. 







La voie lactée... sans commentaires
La voie lactée se voyait comme jamais je ne l’avais vu. La lune n’allait apparaître que bien plus tard dans la nuit et pourtant nous avons marché jusqu’à rentrer à la maison. Il fallait juste se méfier de la végétation épineuse et des rochers instables qui pouvaient nous faire basculer à l’eau. 



Le repas du soir avec la famille de Facundo















La voie lactée... sans commentaires


Il ne faisait pas froid lorsque nous avons commencé à marcher mais en quelques minutes la température est descendue proche de zéro. Un froid glacial… heureusement lorsque nous sommes arrivés, le père de « Facundo » avait installé un chauffage au gaz, et les oncles avaient cuisiné un bon plat de pâtes qui allait nous permettre de reprendre des forces.

La Patagonie au levé du soleil à Piedra del Aguila












Fatigués de la journée, nous sommes partis nous coucher tôt espérant nous lever tôt pour retourner à la pêche. Cette fois ci il fallait qu’on en pêche au moins une… C’est donc à 7h du matin que nous nous somme levés. Un bon petit déjeuné et nous voilà de nouveau au bord de l’eau. Mais rien à y faire, les truites ne mordaient pas. Les experts disaient que lorsque la luminosité est telle la nuit, les poissons  mangent pendant la nuit… En ce qui me concerne il n’y avait pas que cet unique facteur… Il me manquait considérablement de technique et de pratique pour prétendre savoir pêcher à la mouche. J’avais tué toutes mes mouches artificielles en 2 jours… pauvre « Facundo » qui me prêtait tout son matériel… Nan sérieusement, c’est une pêche magnifique la pêche à la mouche, mais avant de devenir un bon pêcheur il va en passer des jours et des heures… certains experts m’ont dit qu’il faut 20 ans de pratique pour se prétendre bon pêcheur… Heureusement j’ai toute la vie devant moi, enfin je l’espère…
C’est donc bredouille, une nouvelle fois que nous sommes rentrés. Heureusement pour nous remonter le moral, un Asado était en cours de préparation. Mon premier Asado en campagne. On m’avait prévenu qu’il serait différent mais on ne m’avait pas dit en quoi. J’ai vite compris. Il n’y a que de la viande, la sauce, et du pain à manger. Chorizo, viande de vache, poulet, tout y passe tout ça accompagné avec la sauce « Chimichuri » typique en Argentine. Pas une salade ou des fruits, non juste de la viande en très grande quantité. On était pas moins de 12 à manger et on a pas tout terminé… Imaginez un peu… La digestion allait être longue. 
Les oiseaux vont se coucher le ventre plein, nous on devra se contenter de biscuits


L’après midi je l’ai passé à prendre des photos et à marcher dans les environs pour profiter au maximum de ce paysage qui pour moi était nouveau et magnifique. En résumé pendant ce weekend, on a rien pris, mais on avait pris un bol d’air J



Ce n’est que tard dans la soirée que nous avons plié bagages et que nous sommes rentrés à « Cipolletti ». J’avais envoyé un message à « Romina » pour la prévenir de l’heure de notre arrivée mais lorsque nous sommes arrivés à destination elle ne répondait pas. C’est donc dans la maison de « Facundo » que j’ai passé la nuit et la journée suivante. Après avoir passé un moment avec sa famille, on est parti rapidement visiter le centre de « Neuquen ». Pour ce qui est de la ville, non sérieusement elle n’est pas belle, mais pour ce qui est de la région qui l’entoure, les amoureux de la nature s’y plairont. En fin d’après midi, « Facundo » m’a raccompagné à la maison de « Romina ». Elle nous avait invité à manger des « Empanadas Arabes ». Je m’attendais à manger du mouton, mais non encore une fois c’était de la viande de vache. Il n’en reste pas moins qu’on s’est régalé et qu’on a passé tous ensemble une bien belle soirée. J’ai bien évidemment remercié « Facundo » pour cette bien belle excursion que nous avons faite ensemble, mais je n’avais pas envi d’en rester là avec la pêche à la mouche. Je me suis donc mis à chercher sur internet quelqu’un qui pourrait m’enseigner la pêche à la mouche. Je m’étais bien rendu compte pendant le weekend que sans cours et quelques techniques il me serait difficile de pêcher correctement. C’est finalement le lendemain matin que j’ai trouvé mon bonheur. Un jeune homme de 28 ans, « Mathias », pêcheur à la mouche professionnel allait me donner 3 heures de cours tous les jours de la semaine. Patient, et amoureux de la pêche, j’ai parlé à « Facundo » de « Mathias » et de ses cours qui en quelques heures m’avaient permis de lancer bien mieux. Les 3 jours sui suivirent, « Facundo » et moi même avons donc reçu des cours. N’allez pas croire que je lance bien, mais rien à voir tout de même par rapport à mes débuts. Il n’y a plus qu’à pratiquer J. Les soirées je les passais en compagnie de « Romina » et de ses parents avec qui j’avais bien sympathisé.  

Cette semaine à « Cipolletti » fut riche. C’est d’une part, un rêve qui s’était accompli avec cette initiation à la pêche à la mouche, mais aussi de part les gens que j’ai rencontré. Entre Romina, Facundo et leur famille respective avec qui j’ai passé des moments formidables, on aura vraiment tous passé une belle semaine. Il était temps pourtant de les abandonner. Je devais me rendre la fin de semaine à « Pucon » au Chile à une dizaine d’heure de route où j’avais rendez vous pour aller marcher dans les montagnes, profiter d’autres paysages qui paraissaient spectaculaires. Mais ce n’était pas des adieux, je comptais bien repasser par là avant de rentrer à Buenos Aires…

Il ne me reste plus qu’une vingtaine de jours avant que ne s’achève ce voyage. Je peux vous assurer que je n’ai pas vraiment envi de passer beaucoup de temps sur l’ordinateur, mais c’est bien parce que je vous aime et que je pense fort à vous  que je continuerais à rédiger jusqu’à mon retour. Je vous embrasse et vous dit à bientôt.

Nico le vagabond