Direction donc « Pucon » et la région des lacs au Chile. Il
n’était pas prévu que je me rende au Chile tant je manquais de temps. Mais une
fois de plus j’ai changé l’itinéraire du voyage. Certes j’avais une bonne
dizaine d’heures de bus à faire pour m’y rendre, mais le programme proposé par
« Jorge » un chilien qui vit à « Pucon » et membre de Couch
Surfing, me paraissait vraiment quelque chose qui vaille la peine. D’une part
les gens présents venaient de différents horizons « Canada, Australie,
France, Italie, Chile, Argentine… » D’autre part il avait prévu que nous
visitions une communauté « Mapuche » et que nous participions avec
eux à une réunion sur les différents problèmes que ces gens rencontrent. Enfin
nous devions marcher à la cime d’une montagne pour admirer la vue sur les
volcans chiliens… Tout ça en 3 jours. Le programme était chargé mais il y en
avait pour tous les goûts ou presque.
C’est donc tard le vendredi soir que je suis pour « Pucon ». Quelques
heures de bus, et j’étais à « Junin de las Andes ». Une petite heure
d’attente dans le terminal, bien au chaud avant de prendre un second bus en
direction donc de « Pucon » au « Chili ». A peine deux
heures de routes. Il état 7h30, le soleil commençait à se lever mais plus nous
avancions et plus le ciel se couvrait. Doucement je commençais à voir
apparaître le paysage. En arrivant à la frontière, quelle sensation !!! Il
neigeait, un froid glacial mais je revoyais pour la première fois depuis plus
d’un an, des arbres couverts de neige fraiche. Quelques heures auparavant
j’étais dans une région aride proche du niveau de la mer, et j’étais maintenant
au milieu de la cordillère des Andes « Pour changer », mais cette
fois là, elle était toute blanche. Des sapins à perte de vue mais différents
des nôtres, regardez les photos. Tout était couvert de neige fraiche. Les
habitations étaient construites de bois et de pierres comme on le retrouve chez
nous dans les stations de ski des Alpes. Des petits chalets. Un paysage
magnifique, un air frais, et une odeur que j’avais presque oublié. Ca sentait
la neige fraiche… Quel bonheur, quel plaisir, quelle sensation. Mes sens
étaient en extase. Comme si mon corps réagissait à ce qui lui avait manqué. Le froid avait beau
transpercer mes vêtements je ne pouvais remonter dans le bus, après avoir fait
tamponner mon passeport, sans apprécier cet environnement qui m’avait tant
manqué. Toutefois, je ne pouvais rester là, les amis m’attendaient à
« Pucon », il fallait donc que je remonte dans le bus. On a passé le
col et une heure et demi plus tard nous étions plus bas, la neige avait
disparue et la pluie l’avait remplacée. Une pluie torrentielle. A peine
descendu du bus je me suis orienté vers le centre d’informations touristique
pour savoir comment rejoindre le site où je devais me rendre. Facile un
minibus, et 15 minutes plus tard et j’arrivais dans la cabane de
« Jorge ». Un grand chalet qui pouvait accueillir jusqu’à 8
personnes. J’étais le premier arrivé sur le site. Etonnant puisque j’étais le
seul à venir d’Argentine et que tous les autres venaient du Chili. Mais bon il
n’y avait pas à s’en faire. Je me suis installé dans la cabane, puis suis allé
discuter avec « Jorge ». Un nom bien difficile à prononcer en
Espagnol qui s’est donc vite transformé en « George »… avec son accord
bien entendu.
« Jorge » et moi même avons passé une bonne partie de la
matinée à faire connaissance. Tout comme moi il avait réalisé un long voyage de
2 ans en Amérique du Sud. Parti avec sa copine ils ont parcouru le pays du Sud
au Nord jusqu’à ce qu’un heureux événement les arrête. Sa copine
« Paola » était tombée enceinte pendant le voyage et ils ont donc du
rentrer. La petite est maintenant née et à 5 mois. Un bébé au large sourire qui
en dit long sur l’amour que lui apportent ses parents. Nous avions beaucoup de
points communs et une vision du voyage identique. Nous n’avons certes pas fait
le même voyage mais le résultat est identique. C’est une expérience à unique, à
vivre et à apprécier dans les moments difficiles comme dans les moments exceptionnels.
La vie se vie et non se supporte. C’est finalement vers midi que les autres
Couch surfeurs ont commencé à arriver. Canadien, Chiliennes, puis Australiens,
Français, Anglais, et Chiliens se sont succédées jusqu’à 15H. On a rapidement
fait connaissance mais le groupe qui était maintenant composé de 9 personnes
s’est très vite soudé. On était en harmonie.
![]() |
| "Réunion avec les communautés Mapuche" |
La journée pouvait commencer. On
devait se rendre dans une communauté « Mapuche » pour assister et
participer à la réunion qu’ils avaient organisée. Il fallait qu’on s’active
rapidement pour ne pas arriver trop tard. On est parti faire les courses,
d’autres ont commencé à préparer le repas, et finalement une heure plus tard
nous étions fin prêt. Direction donc le petit village « Mapuche »
On est arrivé sur place au moment où commençait la réunion. Le thème
était la culture organique de cette communauté qui est maintenant en situation
difficile suite aux plantations transgéniques que de nombreuses entreprises ont
planté dans les environs. Tout leur travail est impacté et le gouvernement ne
se préoccupe en rien de leur problème. Leur idée était donc de commencer à
s’organiser avec toutes les régions impactées pour faire ensuite front au
gouvernement. Il a été très intéressant de suivre la discussion et d’y
participer. Au court de mon voyage j’ai pu assister à ce type de réunion, et je
remarque que les problèmes les thèmes sont différents mais qu’au final les
problèmes qu’ils rencontrent sont identiques. Il y a un manque crucial de
communication, d’information, d’organisation et de prises d’initiatives.
Ces gens vivent isolés. Ils n’utilisent pas
les moyens de communication comme internet, le téléphone, la radio ou
l’internet. Tout se réalise de bouches à oreilles. Ils ne mettent pas sur
papier et ainsi ils ne diffusent pas correctement l’information.
Une personne disait qu’il y a de ça 10 ans
ils savaient qu’ils allaient rencontrer des problèmes avec ces cultures
transgéniques. Ce n’est qu’aujourd’hui qu’ils sont dos au mur qu’ils commencent
à s’organiser…
Autre exemple, beaucoup de villages qui sont
maintenant en situation critique ont protesté dans la rue contre ces
entreprises qui les pénalisent. Mais jamais ils ne se sont regroupés pour
manifester. Rien n’a été écrit, si ce n’est quelques articles dans les journaux
locaux et rien n’est remonté jusqu’au gouvernement.
Si tous les villages,
toutes les communautés, tous les agriculteurs se rassemblaient ils auraient un
poids bien supérieur. Ils seraient en nombre pour faire face au gouvernement.
Ils sont si nombreux dans cette situation… C’est comme se battre sans armes…
Il leur faut donc
démarrer de rien. Je leur disais que le problème qu’ils rencontrent aujourd’hui
est un problème que nous avons affronté dans de nombreux endroits dans le
monde. Qu’il existe des moyens de communication aujourd’hui qui leur
permettraient de savoir comment se sont réalisés les choses par exemple en
France. Qu’il faut prendre contact avec ces gens qui se sont battus et qu’ils
allaient les aider d’une manière ou d’une autre en leur enseignant la
stratégie, la loi qui a été proclamée… Sans ça leur bataille pourrait durer des
dizaines d’années. Le message a été reçu comme l’a dit le chef du village,
reste à voir comment ils le mettront en action. Le problème c’est qu’il y a urgence.
Ces gens vivaient de la vente de ces produits biologiques et qu’à l’heure
actuelle il leur est très difficile de faire face à ces entreprises qui
produisent en masse. Aujourd’hui ils vendent tout juste pour nourrir la famille
qu’avant ça ils vendaient en masse. Ils sont en mode survie… Ca fait peine à
voir, mais il y a de l’espoir. Nous étions pas moins de 50 personnes de
nombreux horizons, et ce n’était que la première réunion. Ainsi que je leur
souhaite beaucoup de courage, ils en auront besoin. C’est une bataille qu’ils
entament. Non c’est une guerre. La première bataille sera qu’ils s’organisent.
Je leur ai laissé mon contact. Je n’ai pas d’expérience dans le monde
politique, ni dans l’agriculture, mais j’ai le moyen de communiquer et de faire
passer l’information. Ainsi que si parmi vous il y a des gens prêt à les aider
d’une manière ou d’une autre, n’hésitez pas à me contacter et je leur
transmettrais l’information ou vous mettrais en relation avec eux.
Après avoir vu un court documentaire sur les
problèmes d’environnement que rencontre le Chili, il était temps pour nous de
les quitter, non sans regrets. Nous devions aller faire les courses pour la
soirée et pour le lendemain. Une longue marche était prévue pour monter à la
cime d’une montagne et apprécier le paysage Chilien de la région de
« Pucon ». Hors de question donc que nous nous couchions tard. Il
fallait être en forme. Sous la pluie toujours aussi torrentielle nous sommes
donc rentré dans nos quartiers respectifs. Le temps de diner tous ensemble un
fabuleux plat de courgettes préparé par notre amie Australienne et nous allions
nous coucher.
8h le réveil sonne. Le temps de
prendre un bon petit déjeuné bien calorique, de préparer notre sac et
sandwiches et nous étions prêt. Nous n’attendions plus que 4 Chiliens qui
devaient arriver avec une camionnette qui allait nous transporter jusqu’au pied
de la montagne. Je leur avais promis de cuisiner français s’ils arrivaient à 9h
tapante, et non 9h Sud Américain comme je l’ai souvent remarqué. Et oui en
Amérique du Sud les gens ont la fâcheuse tendance d’être en retard ce qui toujours
eu le don de m’agacer. Ils sont arrivés à l’heure. Comme quoi quand ils veulent
ils peuvent… Suffit juste de leur mettre la carotte au bout du nez. Non sans
rire nous étions tous content qu’ils soient à l’heure, ça allait nous permettre
de profiter pleinement de la journée. En plus de ça le soleil rayonnait, il ne
faisait pas très froid, et une belle journée s’annonçait.
![]() |
| Prêt à monter |
A 10 heures nous
étions sur place, prêt à grimper. Sur le chemin nous avons aperçu le magnifique
volcan « Villarica » qui
surplombe la ville de « Pucon ». Je ne l’avais pas vu la veille le
temps était couvert, mais là… j’étais sans voix.
![]() |
| "Volcan de Villarica surplombant Pucon" |
La cime était parfaite, la
neige sur presque toute sa hauteur. Il était tout simplement magnifique. A
peine arrivé nous avons commencé directement à grimper. Pas évident sans s’être
échauffé de monter sur cette pente qui n’en finissait pas.
![]() |
| "On grimpe on grimpe dans le parc national de Chinay" |
A un bon rythme, le
groupe a fini par se séparer en deux. Du moins sur les premiers cents mètres.
Il y avait ceux qui ont l’habitude de grimper et ceux qui souffraient. Je
n’avais pas fait d’exercices depuis un bon moment et je me demandais bien si
j’allais pouvoir les suivre jusqu’au bout. Arrivé au premier refuge, nous nous
sommes ravitaillés. On a attendu quelques minutes voir si le second groupe
arrivait mais il faisait tellement froid, qu’on a préféré repartir avant de
nous refroidir.
![]() |
| "On arrive au refuge" |
![]() |
| "Ca grimpe |
De la neige
apparaissait par ci par là. En revanche au dessus du refuge la forêt était
dense et vieille. Des arbres bien plus vieux que moi nous protégeaient du vent
glacial. Parfois de la neige nous tombait sur le coin de la figure histoire de
nous rappeler que nous étions en montagne.
Le chemin commençait à être bien
enneigé. On marchait sur une épaisse couche de neige qui craquait sous nos pas.
Le paysage est alors devenu magique.
On en prend plein la vue, le paysage est splendide !!!
Les arbres couverts de neige et de glace rendaient le paysage blanc et glacial comme dans le film « Les Chroniques de Narnia ». Tout simplement magique. On avançait à bon pas pour ne pas arriver trop tard à la cime de la montagne. Sur le chemin on a atteint un premier lac gelé. Recouvert de neige il n’était pas bien prudent de s’aventurer sur celui-ci. Juste le temps donc de prendre quelques photos de discuter avec les quelques touristes qui s’étaient arrêter la pour pique-niquer et nous repartions de plus belles.
Un lac gelé mais pas au point de patiner !!!
![]() |
| Des arbres centenaires !!! |
Plus nous montions et plus les arbres se faisaient
rares mais plus leur taille était impressionnante. La neige fraiche nous
montait jusqu’au genoux et il nous restait encore un bon 200 mètres de dénivelé
à monter. Qu’est-ce que ça allait être en haut… Encore quelques efforts, les
jambes commençaient à être lourdes d’autant plus qu’il fallait enjamber des
marches hautes comme mes jambes. On s’accrochait à ce qu’on pouvait.
![]() |
| "Vue de la cime sur le volcan Vallerica" |
Ce n’est que vers 13h30 que nous sommes arrivé à la cime. Je crois que les photos parlent d’elles mêmes pour décrire ce que j’ai vu. Un paysage exceptionnel, montagnes, volcans, lacs, forêts sous un soleil magnifique.
![]() |
| Au sommet, une bien belle photo de groupe |
![]() |
| Magnifique paysage non ?? |
Un panoramique
absolument grandiose qui nous a laissé sans voix pendant de longues minutes. On
devinait au loin l’Argentine de l’autre côté des Andes, et le Chile derrière
nous tout plat. Une plaine qui nous emmène jusqu’à la côte pacifique. On avait
tous la pêche pour monter, après avoir vu ça, je peux vous dire que
l’adrénaline était à son summum. Pendant de longues minutes nous avons profiter
de cette vue exceptionnelle, bien évidemment on a pris quelques photos, puis
nous nous sommes ravitaillés de nouveau. Il nous fallait maintenant tout
redescendre… On était monté en 3h avec 30 minutes de pauses au total. On avait
fait 1000 mètres de dénivelé. La partie marrante commençait. On avait décidé de
descendre rapidement, pour aller nous baigner dans les eaux thermales proches
de ce site. C’est donc au pas de course que nous sommes revenus sur nos pas.
Dans la neige on s’est amusé à descendre sur les fesses comme en luge. La pente
était telle qu’elle nous entrainait comme si nous étions en Bobsleigh. Le reste
on l’ fait en courant. 1h15 minutes pour redescendre. Je n’avais plus de jambes
mais les eaux thermales allaient remettre tout ça en place. Juste le temps de
faire 15 minutes de voiture et nous arrivions à la piscine. Le long d’une
rivière à l’eau glaciale, se trouvait la piscine. On a quitté les habits, nous
sommes changés et avons plongé lentement dans cette eau très chaude. On y a
passé au moins une heure. Certains se sont amusés à aller dans la rivière à
plusieurs reprises. Pour ma part j’ai préféré rester au chaud dans l’eau dont
une odeur de gaz de soufre se dégageait.
La nuit commençait à tomber, et oui au Chili, à cette époque de l’année
à 17h30 le soleil disparaît. Les journées en sont que trop courtes tant il y a
de belles choses à voir. Mais bon on en avait bien profité. Et ce n’était pas
terminé, enfin, pour moi… Il fallait maintenant que je me mette à cuisiner. J’avais
décidé de faire un plat pas trop chère pour qu’il convienne à tous les budgets,
mais il n’en reste pas moins qu’il fallait faire un plat de montagnard. Vous
avez devinés ? Non ce n’était pas une fondue, il n’y a pas le fromage
adéquat pour faire cela. Leur plastique non merci… Mais une bonne tartiflette
ça oui. 4Kg de pommes de terre, 1 litre de crème fraiche, du lait, de la bonne
pense de cochon, des oignons, et du fromage local avec du parmesan en plus.
C’était ma première tentative, mais il ne fallait pas que je me ratte. On était
tout de même 19 à manger ce soir là. Rien de tel donc qu’un petit tour sur
internet pour vérifier la recette. L’astuce, et je m’en souviendrais à été de
couper les pommes de terre très finement et de laisser cuire au four à feu doux
pendant 1h45. Avec tout ce monde, on s’en est sorti à préparer les plats en 25
minutes. Les uns coupaient la viande, les autres épluchaient les pommes de
terre, les autres les coupaient en fines rondelles… et pour qu’on ne manque pas
de nourriture, un Italien avait préparé des pates à l’italienne, et d’autres
une bonne salade Chilienne, et pour couronner le tout, un gâteau à la carotte
dont j’ai maintenant la recette. Il ne me restait plus qu’à préparer la
Sangria, le plus rapide… on était fin prêt à manger. Tous très en appétit, on
s’est régalé. Il n’en restait rien. Comme quoi nous n’en avions pas fait trop.
Il faut dire qu’avec les efforts fournis dans la journée et l’heure à laquelle
on a mangé, (Pas loin de 23h) il ne pouvait en être autrement. Une journée de
plus dans ce voyage qui restera mémorable. Tout le monde avait tenu sa
promesse, on avait vu des paysages splendides, on avait mangé comme des rois.
Bref une belle journée s’achevait là. Je tiens à remercier tous les gens qui
étaient présent, et tout particulièrement « Jorge » sans qui tout
ceci n’aurait pas été possible. On a tous passé un weekend formidable. Merci
donc à toi. A la revoyure l’ami J.
![]() |
| Un petit maté au bord du lac !! |
![]() |
| Le temps d'un ASADO !!! |
Le lendemain matin certains sont partis très tôt. Pour ma part j’avais
décidé de rester une journée de plus dans la région profiter de ce beau soleil
autour du lac. En plus de ça « Jorge » avait prévu un Asado… On est
donc parti avec ceux qui restaient autour du lac boire un Maté puis sommes
rentrés manger l’Asado. On a de nouveau passé une bien belle journée même si au
fur et à mesure que le temps passait nous étions de moins en moins nombreux. Au
cours de cetet journée j’ai passé beaucoup de temps à discuter avec Mauricio,
un Chilien qui était présent pendant ces deux jours. Il m’avait fait tant
d’éloges sur sa région de « Paillaco » et « LLifen » au
Chili que j’avais décidé d’aller le retrouver le lendemain chez lui. De plus il
fallait que j’aille l’aider. Il souhait entreprendre un voyage de quelques mois
en Amérique du Sud mais en moto. Je pouvais bien lui donner quelques conseils.
Je ne manque pas d’expérience maintenant même si je n’ai rien fait ou quasi en
moto.
Tôt le lendemain matin je suis donc parti pour « Paillaco ».
Mauricio m’attendait là bas, il avait du rentrer s’occuper de son commerce. Je
pensais arriver tôt. Raté, les bus étaient pleins et surtout il n’y en avait
pas beaucoup. Je me suis retrouvé à attendre quelques heures dans un village
perdu au milieu du Chili. Pas un chat, juste les gens qui attendaient le même
bus que moi. Je me suis tout de même occupé en lisant mon lire et surtout en
mangeant les meilleurs « Empanadas » de tout mon voyage. La sauce
piquante qu’ils ont au Chili fait vraiment toute la différence. Même la pâte
des « Empanadas » est croustillante et donne une tout autre saveur.
Un régale. Ce n’est qu’à 19h30 que je suis arrivé à la maison de « Mauricio ». Presque
une journée de perdue. Mais pour éviter qu’elle ne le soit complètement,
« Mauricio » avait décidé de partir dans la soirée pour la région de
LLifen à environ 1h30 de route en bus. Après avoir mangé un sandwich préparé
par sa maman, nous avons donc été de nouveau au terminal. Comme de vraies pipelettes
on a passé tout le voyage à converser. Il m’expliquait tout sur sa région, et
j’essayait tant bien que mal de tout enregistré. Mais il a un tel débit que je
pense que personne n’en ait capable. Un vrai moulin à paroles. Lorsqu’on est
arrivé à destination, il faisait un froid, mais un froid. Je me suis vêtu de
tout ce que j’avais emmené. Il faisait nuit, les étoiles une nouvelle fois en
nombre illuminaient le ciel et c’est sous cette nuit d’étoiles que nous sommes
parti marcher dans son village de vacances. Lieu touristique l’été l’automne il
est presque désert. Seuls les habitants y vivent. Pas un touriste, les rues
sont désertes, en même temps, à cette heure et dans ce froid ça se comprend. On
est rentré vers minuit dormir dans sa maison de vacances qui se trouve au bord
de la plage du « Lac de LLifen ». Pas de chauffage et donc à
l’intérieur un froid qui ne vous donne qu’envie d’aller se mettre au chaud dans
le duvet. On ne pourra pas dire qu’on a passé une nuit reposante. Il avait fait
tellement froid qu’on s’est réveillé je ne sais combien de fois. Mais on s’est
tout de même suffisamment reposé pour aller marche la journée.
Au programme monter deux petites collines « Cerro » en
espagnol pour profiter de la vue. La première se trouve à l’Est du lac. On y
est monté rapidement donnant une vue sur tout le lac et ses petites îles.
![]() |
| Vue sur le lac de LLIFEN !!! |
![]() |
| Le renard nous a vue... |
En
arrivant au point de vue, en bas nous avons aperçu un renard qui nous a surprit
et qui s’est vite enfuit. Mais j’ai tout de même pu vous le prendre en photo.
Pourtant loin il n’a pas mis longtemps à nous repérer.
On est ensuite
redescendu dans le village pour monter à un autre point de vue. Pour cela on a
du demander à une famille de paysan leur autorisation pour traverser leur
champ.
![]() |
| Le village de LLIFEN |
Dans un chemin très pentu, glissant et pas du tout entretenu nous sommes
donc monté pour admirer la vue sur tout le village. Nous ne pouvions pas monter
plus haut. C’était trop dangereux. On a donc préféré faire marche arrière et
rentrer à « Paillaco ». Enfin ça c’était ce qui était prévu.
![]() |
| Nos amis pêcheurs !! |
En retournant
sur nos pas nous avons croisé deux jeunes hommes équipés d’une canne à pêche
faite de bambou. Ni une ni deux, « Mauricio » a commencé à converser
avec eux pour savoir si nous pouvions les accompagner. Il était évident qu’ils
n’allaient pas refuser.
![]() |
| Pas besoin de matériel pour pêcher le saumon une canne de bambou et une boite de conserve!! |
Au programme pêche de saumons. Le temps d’aller
chercher notre matériel de pêche et nous les avons retrouvé à l’arrêt de bus.
Direction la rivière de « hjhkkj »
qui se trouve à moins de 20 minutes de bus. Seul touriste je me suis bien fait
remarqué avec ma canne à pêche. Tout le monde me regardait avec de grands yeux,
surpris de voir un touriste à cette saison de l’année. On a fini par descendre
du bus et commencer à marcher. On a enjambé je ne sais combien de champs, et
sommes arrivé au bord de la rivière. Mais ils ne se sont pas arrêtés là. On a
continué à marcher jusqu’à ce qu’ils soient certains que personne ne nous voit
ce qui me laissait penser qu’ils allaient pêcher de manière vraiment illégale…
Je me suis donc permis de leur pauser la question suivante : « On peut pêcher à cette période de
l’année ? Vous savez s’il faut un permis de pêche? » Et ils
m’ont répondu : « On pêche pour
manger… pas besoin de permis, et s’il en faut un, on a pas les moyens de se le
payer. S’ils veulent nous embarquer nos cannes de bambou on en refera d’autres,
ce n’est pas ce qui manque dans la région, HAHA. » Comme souvent donc
en « Amérique du Sud », il existe des règles pour que les gens les
enfreignent. Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois que je vois ça.
Et comme ils me disent fréquemment « Somos
un desastre, pero bueno, somos asi, lo sabemos, y no va a cambiar » ce
qui signifie : « Nous sommes un
désastre, mais bon, on est comme ça, et ça ne va pas changer ». C’est
sur ces mots qu’on a commencer à mettre
nos lignes à l’eau.
On aura passé 2
heures au bord de la rivière avec ces deux jeunes hommes et
« Mauricio ». Mais résultat on a rien pris… On a bien failli sortir
un saumon mais il s’est échappé. On avait donc rien fait de mal… si je puis
dire.
Il était temps pour nous de plier les lignes et de retourner sur la route
principal attendre un bus. Il faisait de nouveau froid, et donc pour ne pas
geler sur place on a donc commencé à marcher espérant qu’un automobiliste
allait nous prendre en stop ou qu’un bus allait passer. On a bien marché une
heure le long de cette route. Puis finalement le bus nous a ramené à
« LLifen ».
![]() |
| Le lac de LLIFEN au couché de soleil !! |
Juste le temps de récupérer nos affaires et nous sommes
repartis à « Paillaco ». « Mauricio » devait s’occuper de
son commerce et moi je comptais bien prendre une douche. Déjà deux jours que je
ne me suis pas baigné, et entre tous ces bus et ces heures de marche je ne me
sentais pas très à l’aise. En arrivant à sa maison sa maman était couchée. J’ai
donc attendu le lendemain matin pour prendre ma douche. J’évitais ainsi de la
réveiller. On s’est de nouveau réveillé bien tôt. « Mauricio »
m’accompagnait à « Valdivia » pour visiter un peu sa famille et me
faire connaître la ville. De là je devais dans l’après midi prendre le bus pour
« Bariloche » en « Argentine ». mal heureusement le bus
partait d’une autre ville que je devais donc rejoindre avant 15h. On a donc
rapidement parcouru « Valdivia ».
![]() |
| Au port,, ou plutôt au marché les phoques attendent le poisson invendu |
![]() |
| Merci Mauricio pour ces belles journées ensemble |
![]() |
| Valdivia !! |
Juste le temps de voir les coins
sympathiques de la ville, comme les bords du fleuve, le port, et la place
centrale. J’aurais rencontré sa sœur et son époux le temps d’un café et je
remontais dans le bus… frustré. Mais il en était ainsi j’avais un autre
rendez-vous le vendredi à « Bariloche » et je devais donc m’y rendre
le jeudi.
J’aurais appris beaucoup de choses avec « Mauricio » qui en
connaît long sur l’histoire de son pays, et de son avancement. Fière de son
pays, il ne s’est pas gardé de détruire l’Argentine et surtout la manière qu’à
l’Argentine de faire les choses, (je vous en parlerais dans le prochain
message). Et oui il existe une rivalité là aussi avec les
« Argentins ». Ce n’est pas la première fois que je la constate. Par
exemple lorsque je suis arrivé au « Chili » j’avais l’accent
« Uruguayen, Argentin » qui est qu’on parle beaucoup avec la «
CHHHH ». Ils m’ont tous demandé, et ce sans exception de retirer cet
accent, que j’avais appris l’espagnol en Equateur et que là bas ils parlent
comme eux, et que donc ça ne sera pas difficile pour moi de le supprimer.
Imaginez !!!
Bref il était temps pour moi de quitter « Mauricio ». Pour sa
gentillesse, sa culture, et sa passion pour son pays, je lui dis également un
grand merci. Que ton voyage en « Amérique du Sud » se réalise. Soit
prudent en moto, et si tu as besoin de quoi que se soit, tu sais à qui
parler J.
Comme vous pouvez le constater j’ai passé seulement 5 jours au Chile.
Je manque de temps et je préfère connaître mieux « l’Argentine »
plutôt que de devoir courir sur la fin de ce voyage. Mais il n’en reste pas
moins de que je n’ai que de bons souvenirs du « Chili » et que comme
ils disent « Si Dios quiere »
ce qui signifie « Si Dieu le veut »
j’espère y retourner. Merci à vous tous pour ces magnifiques moments. Vous
habitez une bien belle région.
Sur ces bonnes paroles je vais vous laisser. Je vous laisse apprécier
les photos. A la revoyure les amis.
Nico le vagabond













.jpg)
.jpg)





























