Hola, je sais, je vous ai fait de nouveau patienter et veuillez m’en excuser, mais pour une fois j’ai décidé de partir sans l’ordinateur pour profiter au maximum de ce voyage en Colombie tout en évitant d’attirer l’attention, et je pensais qu’un MacBook aurait attiré bien des convoitises si vous voyez ce que je veux dire. Vous savez tous le passé et ce que les gens racontent sur la Colombie, un pays dangereux, où « Ingrid Betancourt » a passé une bonne partie de sa vie séquestrée par la « Guérilla ». Ca c’est ce qu’on vous montre dans les médias, les journaux et autres moyens de communication plus orientés les uns que les autres sur la violence plutôt que sur la magie que peut nous apporter notre monde. Arrivé depuis plus de 6 mois en Amérique du Sud j’en ai croisé des touristes qui ont parcouru la Colombie, et jusqu’à présent aucun ne m’a dit que ce pays était dangereux, bien au contraire. Tous en sont sortis enrichis, le sourire aux lèvres et l’envi d’y retourner voir même de s’y installer. En résumé, ici il se dit que c’est un pays qu’il ne faut surtout pas rater en Amérique du Sud.
Ma décision était prise, avant de partir plus au Sud de ce continent, il fallait que j’aille visiter la Colombie, et je dois dire qu’ils avaient raison… Que d’émotions et de beaux paysages, un autre petit paradis sur terre. Il y en a pour tous les goûts, certes la drogue et la prostitution sont toujours d’actualité dans ce pays, mais citez moi un pays qui n’est pas touché par ces fléaux… et je vous l’assure celui qui a eu des problèmes en Colombie est celui qui les cherche. Bref tout ça pour dire qu’une fois de plus on craint ce qu’on ne connaît pas mais qu’on fini presque toujours par constater qu’on se trompait. Il est maintenant temps de vous ouvrir les portes de la Colombie une nouvelle aventure qui restera gravée à tout jamais dans mon esprit et qui je l’espère vous touchera suffisamment pour vous donner l’envi et le courage de passer cette frontière et de profiter des milles merveilles que vous réserve la Colombie.
Tant de choses se sont passées en si peu de temps. Un mois et demi en Colombie peut paraître énorme mais je vous l’assure ce pays est immense et qu’il ne manque pas de sites à visiter. Je n’ai pas pu tout voir, voyager en hiver là bas n’est pas une mince affaire, loin de là. Pour ceux dont le budget est immense l’avion est réellement une option qui s’avère la meilleur quoique, vous allez certainement rater des sites qui en bus valent le coup d’œil, d’autant plus qu’en Colombie la vitesse est de 80km/heure, mais que la majeur partie du temps on est plus entre 20 et 50. Et oui ici on vous indique dans les bus à l’aide d’un compteur la vitesse à laquelle le chauffeur roule. Quelle blague, ce n’est pas parce qu’on va à 20km/h que ça reste un voyage sûr. Il pleut tellement et c’est peu dire, il pleut comme jamais j’ai vu ça de ma vie. En cinq minutes les routes se transforment en piscines avec plus de 30 centimètres d’eau, la visibilité ne dépasse pas 5 mètres, la chaussée des routes se rompt surtout dans les montagnes, et généralement le précipice n’est pas loin. Ou bien se sont des avalanches de boues et de roches qui s’effondrent sur la route bloquant le trafic pendant des heures, mais c’est aussi l’imprudence des conducteurs qui provoquent une multitude d’accidents. Je ne connais pas les statistiques en France mais pour vous donner un exemple que j’ai lu dans le journal à Cali, en une semaine juste dans cette ville, pas moins de 25 morts et 80 accidents… Mes poils s’en sont hérissés, j’étais en Colombie depuis tout juste 5 jours et j’allais prendre le bus pendant des heures et des heures… Bref comme je l’ai dit plus tôt , si on s’arrêtait à ce qu’on lit ou entend on ne ferait pas grand chose…
Ainsi le 7 novembre j’allais passer ma journée dans les bus pour joindre la Colombie et plus précisément Pasto à environ 90km de la frontière entre l’Equateur et la Colombie. Rien de tel que 10 heures pour arriver à Quito. Et oui j’étais à Cuenca…De là un taxi pour rejoindre le bon terminal terrestre au nord de Quito et de nouveau 5 heures de bus pour rejoindre Tulcan, la région la plus haute et froide d’Equateur. Des paysages splendides, Volcans, lacs, rivières tout ça à plus de 3000 mètres au dessus du niveau de la mer. Une température bien rafraichissante, une pluie diluvienne, mais un décor qui m’a fait oublier le sommeil et qui m’a permis de garder les yeux grands ouverts jusqu’à la frontière. Le temps de déjeuner, de prendre le taxi et de me rendre au poste de frontière Equatorien et là j’aperçois cette longue file de voyageurs et de locaux. Tous attendent patiemment son tour pour tamponner le passeport. Une heure s’écoule et me voilà qui franchit le « pont de Rumichaca ». Accompagné de touristes slovaques je faisais mes premiers pas en Colombie en toute sécurité. Arrivé de l’autre côté du pont je me rapproche d’un Colombien pour changer 20$ en Pesos, la monnaie colombienne. Un conseil, aillez avec vous une calculette ou bien changez avant votre argent, sinon ce sont pas moins de 5$ que vous risquez de perdre pour changer 20$. Et oui, ils sont équipé de calculettes trafiquées… pas fou l’artiste, 20$ sont quasiment 40 000 pesos, il m’en proposait 27000, j’ai sorti le téléphone fait le calcul et finalement me voilà avec 38000 pesos en poche… Ca commençait bien, j’ai vite compris que j’allais devoir marchander beaucoup plus qu’en Equateur… Enfin après tout ce périple je foulais le territoire colombien, content et soulagé, il ne me restait plus qu’environ 2 heures et j’allais arriver à destination… Erreur, 5 heures, et oui là aussi il faut tamponner le passeport, puis prendre un minibus qui vous emmène au terminal terrestre d’Ipiales au milieu d’un trafic intense… mais tout se fait dans le calme et finalement à 16h j’étais au terminal. Le temps de boire mon premier café Colombien, quelle déception je demande un café noir et on me sert un café au lait sucré. Quelle horreur… j’en achète un deuxième et cette fois là bien servi et bien fort, mon palet ne s’en est toujours pas remis, un vrai délice. De quoi rester éveillé jusqu’à la fin de la journée. Plus qu’un dernier minibus de 2h à prendre jusqu’à Pasto. Quelle route splendide, et à ma grande surprise en très bon état, bien signalisée. La police et l’armée s’occupent de la sécurité tout au long du parcours dont les paysages sont à couper le souffle une nouvelle fois. Chevaux, vaches, et chiens vous accompagnent au bord de la route. Un peu dangereux… ils ont la fâcheuse manie de traverser devant les véhicules et ce n’est pas la compagne, on est bien sur la route principale… Sur votre droite comme sur votre gauche, les pentes escarpées des Andes, les sommets des montagnes se perdent dans les nuages, et au milieu de ces nuages par moment jaillit une cascade qui vient se jeter 500 mètres plus bas où coule une rivière à la couleur chocolat au lait dont le courant parait bien dangereux… Une arrivée en Colombie qui je vous l’assure valait la peine de voyager pas moins de 20h. Je n’ai pris aucune photo de cette région mais je vous recommande de voir quelques photos sur http://www.google.com.ec/imgres?q=pasto+ipiales+les+andes&um=1&hl=fr&biw=1201&bih=606&tbm=isch&tbnid=DdGATDkcOt6PXM:&imgrefurl=http://cyclingwithserendipity.blogspot.com/2011/06/hello-andes-goodbye-colombia-cali.html&docid=MwyG4NJ3o-rFcM&imgurl=https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEiEEm4carrLEK1FlflYlJm0RQFSp_JDfupv91CKeRLOoOAXgOuq5cBfXb2N7Njg02l-EGT20AHw0iuG6S091O1C4zeqb5MbYYSOs9eh2G7yW3uj0ZBADrqn_g5bigfdlSnoFHwphaAWXwo/s1600/IMG_1933.JPG&w=1600&h=898&ei=CrjzTqPZNoHqtgei4dXQBg&zoom=1&iact=hc&vpx=782&vpy=354&dur=1299&hovh=121&hovw=215&tx=73&ty=77&sig=109452041756209999211&page=3&tbnh=89&tbnw=159&start=39&ndsp=19&ved=1t:429,r:4,s:39
Finalement après ces 2 heures de routes j’arrive enfin à destination, Pasto petite ville au bord dont les habitations s’étendent de la plaine jusque sur les flancs du volcan "Cumbal". Il est toujours « Actif » et une fois par an et qui aime cracher ses cendres pendant 2 3 jours en décembre… Apparament les éruptions sont violentes et dangereuses, j'espère donc éviter son prochain réveil... Je débarque au terminal, Il fait nuit noire, il fait froid et il me faut entrer en contact avec Guicel, une colombienne de 21 ans avec qui j’ai pris contact par le site CouchSurfing.org. Premier truc génial en Colombie, « MINUTOS », des gens dans les rues portent un gilet où est écrit « MINUTOS » avec le prix qui varie entre 100 et 250 pesos la minute, vous allez les voir demandez un téléphone, et là on vous donne un téléphone qui ne vaut rien auquel est attaché une chaine que la personne a soigneusement accrochée à sa ceinture. Vous passez votre appel et vous payez la durée de la communication. Pas besoin d’acheter une carte SIM qui vous coûte 5$ plus le forfait, ça vous revient plus cher qu’utiliser ces téléphones dans la rue. En plus de ça vous évitez qu’on vous pique le votre… le seul truc c’est qu’ils peuvent écouter votre conversation mais en ce qui me concerne je n’ai rien à cacher…
Bref par ce biais j’ai pu prendre contact avec Guicel qui m’a donné un rendez-vous dans un centre commercial… Aller là bas avec tous mes sacs ne me paraissait pas une très bonne idée, mais finalement j’ai vite compris pourquoi. Guicel vit avec toute sa famille dans un petit village à 25 minutes du centre. C’était donc une économie de temps et d’argent surtout pour elle. Moi je n’étais pas à ça prêt après tout le transport de la journée, 1 heure de plus ou de moins… C’est ainsi au centre commercial que j’ai fait la connaissance de Guicel et d’un de ses amis, Luis. On a déposé mes affaires chez son ami puis sommes allé chercher d’autres amis pour aller boire la boisson typique de Pasto « la Guayusa avec de l’aguardiente ». Un mélange explosif, caféine et alcool. Boire de l’aguardiente en étant tant fatigué n’était pas vraiment une bonne idée. Je me suis arrêté au premier verre. Nous avons passé environ 2 heures à parler de tout et de rien, et plutôt que de poser ce sont eux qui m’en ont posé. J’étais tout simplement le premier français qu’ils rencontraient. Deux choses m’ont marquées, d’après certains de ses amis, en France on n’a pas d’eau, on ne se lave pas, on utilise pour cela du parfum qui ne vaut rien en France, et enfin on mange des araignées. Quelle partie de rigolade… Et ces personnes qui m’on dit cela tous vont à l’université. Voyez un peu le travail des médias… félicitation vous faites un excellent travail. Il était temps de rentrer se reposer. J’en avais vraiment besoin, le cerveau fatigué d’autant plus qu’ils parlent plus vite qu’en équateur, les jambes engourdies par tout ces transports, je n’avais qu’une hâte, entrer dans un lit quel qu’il soit et dormir. C’est dans la petite maison de Guicel qui abrite pas moins de 8 personnes que j’ai passé la nuit. Une maison simple où la décoration se fait rare, mais où règne tranquillité et chaleur humaine.
Le lendemain matin m’attendait la visite de « La Laguna de la Cocha » annoncé comme étant le second plus beau lac de Colombie. Premier petit déjeuner Colombien, une omelette avec tomates et oignons, pas trop salée, cuisinée par la grand-mère, un vrai régal et tout cela accompagné non pas d’un café mais d’un chocolat chaud avec « l’eau de Panela ». Un mélange qui la première fois que je l’ai bu m’a paru étrange mais je m’y suis fait rapidement puisqu’on vous sert cela partout en Colombie au petit déjeuner, enfin… lorsque vous êtes dans une famille, au restaurant bien évidemment on vous servira ce que vous souhaitez.
Le ventre plein, à 10h du matin je montais dans mon premier taxi, mais pas n’importe quel Taxi, ils appellent cela les « taxis partagés ». C’est un service public, le chauffeur attend patiemment que la voiture soit remplie puis on part. Le tout est de monter dans le bon taxi pour ne pas se rendre au mauvais endroit. Bon dire que c’était un taxi me paraît exagéré, on avait du mal a fermer les portes, le moteur souffrait pour monter les pentes, et les freins avaient la fâcheuse tendance à grincer, un véhicule Renault je tiens à le préciser. Et oui parfois on achète français, mais un véhicule des années 80… Enfin cela reste économique, pour 4000 pesos soit un peu plus de 2$ j’ai fait 40 minutes de voiture pour arriver au Lac. Sur la route, au col, une statue de la vierge, tous dans la voiture font leur signe de croix, je me suis retrouvé bien mal à l’aise lorsqu’ils m’ont regardé juste après. Je sui catholique mais pas vraiment pratiquant ça s’est vite remarqué…
Assez amusant parti seul au lac j’y ai rencontré 3 touristes qui étaient arrivés par le taxi précédent. Tous parlaient français mais pas un était de Français mais, Belge, Québécois et suisse. Ca faisait du bien de parler un peu ma langue après tout ce temps passé à parler en Espagnol ou en Anglais… Le lac n’est pas si exceptionnel qu’ils le disent, mais c’est plutôt le petit village fait de maisons de bois qui vaut le coup d’œil et y déguster une truite saumonée fraichement pêchée a été un régal. Un village tranquille où pour le premier jour après ce long trajet m’a paru la visite idéale, rafraichissante et relaxante…
Comme d’habitude l’après midi après avoir mangé, il a commencé à pleuvoir, il était donc temps pour moi de rentrer en ville retrouver Guicel qui devait être sortie de l’université et rentrée chez elle. Quelle partie de rigolade dans le taxi, on a eu du mal à monter au lac et voilà qu’ils coupent le moteur pour redescendre en ville. Pas de petites économies surtout qu’en Colombie, il y a du pétrol, il y en a même beaucoup, mais aussi étrange que cela puisse paraître le prix à la pompe est de quasiment 5$ les 3 litres alors qu’en Equateur il ne vaut même pas 1.5$. Sur le chemin de retour, voilà que la police nous arrête chose qui ne m’étais encore jamais arrivé dans le voyage. Je me dis que je vais avoir des problèmes, je n’étais pas sûr d’avoir la copie de mes papiers avec moi… Mais en fait non, ils n’étaient pas là pour nous contrôler, ils ont arrêté le taxi juste pour lui donner des écouteurs MP3 à délivrer un peu plus loin à un autre policier en ville. J’ai encore du mal à comprendre comment ça fonctionne tout ça…
De là me sont venues quelques questions que je ne me suis pas gêné de poser à Guicel et ses amis lorsque je les ai retrouvé en ville. Les réponses sont fracassantes, et en conclusion je dirais que la Colombie subie une corruption écrasante qui s’exerce dans le gouvernement mais aussi dans la police. Tant d’argent par dans la corruption, mais je vous détaillerais ces problèmes dans un prochain récit.
Il était temps que je débute mon apprentissage de la salsa colombienne. Quelle partie de rigolade, je dansais plus que la plupart de ses amis. De là à dire que je dansais bien, non... il me manquait quelque chose d’essentiel pour danser la Salsa, le rythme. J’ai donc fait le pari avec Guicel que quand je repasserai par Pasto à la fin de mon voyage en Colombie je l’inviterais à danser et ce sera en rythme. Un pari risqué, mais je me connais, quand je veux je peux. Il y avait du boulot j’en étais conscient.
Je comptais partir le lendemain matin pour Cali, mais un évènement pas ordinaire se déroulait le lendemain partout en Colombie, une grève étudiante et une marche pour protester contre une réforme d’une loi qui risquait de pénaliser la quasi totalité des étudiants. Yeah nous ne sommes pas les seuls en France à protester contre l’éducation. Pour vous faire un résumé le gouvernement souhaitait se désengager du financement dans l’enseignement supérieur. Etant en parfait accord avec les étudiants, au petit matin je me suis donc joint à Guicel et à plus de 10000 étudiants pour défiler dans les rues de Pasto. Pour en savoir plus sur cette réforme je vous invite à lire cette pagehttp://www.legrandsoir.info/+non-a-la-ley-30-en-colombie+.html
Cette manifestation se sera faite sans encombre, sans violence juste que toutes les rues se sont retrouvées avec des graffitis « Non à la loi 30 ». une horreur tant les étudiants ont peint les murs, mais bon comme ils disent, ce n’est pas grave à la prochaine élection régionale ou présidentielle le gouvernement aura tout repeint et tout masqué…
Il était temps pour moi de quitter Pasto et de me rendre à Cali. Je comptais prendre le bus de nuit et arriver au petit matin. Mais voilà lorsque je suis rentré à la maison de Guicel et que j’ai commencé à faire mon sac, sa grand-mère est arrivée dans ma chambre toute tremblante. Je lui ai demandé ce qu’il se passait et elle m’a répondu cela : « Non nico, tu ne devrais pas partir cette nuit, part pitié, part demain c’est mieux ». Je lui ai alors évidemment demandé pourquoi, et sa réponse était très claire, « c’est une route dangereuse, il pleut beaucoup et il y a la guérilla qui chaque nuit réalise une opération commando ». Autant vous dire que je n’ai pas cherché plus loin, je me suis couché et au petit matin j’ai pris le bus pour Cali, et rien m’est arrivé « Gracias à Dios » comme ils disent, ce qui signifie : « Merci à Dieu ». Un grand merci Guicel et toute sa famille. Mon arrivée en Colombie s’est faite dans les meilleures conditions possibles et c’est en grande partie grâce à eux. Ce n’est pas un adieu mais juste un au revoir, je devais les retrouver quelques semaines plus tard après avoir fait le tour de son pays.
La suite dans le prochain récit.
Je ne sais pas si j’aurais le temps d’écrire le prochain récit sur Cali, ainsi je vous souhaite un peu en avance de très bonnes fêtes de fin d’année et j’en profite également pour remercier tous ceux qui ont pensé à mon anniversaire. Je vous embrasse tendrement et vous dit à très bientôt.
Nico le Vagabond.























































