jeudi 29 septembre 2011

Equateur - La jungle de Cuyabeno


 de réalisé. Impossible de faire le reste vous comprendrez un peu plus loin dans le récit J.

Ainsi donc vous devez vous demander ce que j’ai bien pu faire. La plage ?? Et bien non raté… Je me suis rendu une semaine dans la jungle. Vous vous souvenez certainement que le mois dernier je souhaitais déjà y aller que ça s’était résumé par un échec complet avec un guide incompétent. Et bien ce coup ci était la bonne. Je peux vous dire qu’entre la jungle protégée (les parcs naturels) et la jungle habitée il y a des différences qui ne sont pas des moindres. 

Dans le sud le mois passé je n’ai pas vu un seul animal, j’ai navigué sur une rivière polluée où même les poissons ont disparus. Ne reste au bord de l’eau que les arbres décorés de sac plastiques. Et oui la bêtise humaine, jeter tout par dessus bord, et ne pas prendre soin de l’environnement. Pas un oiseau, plus un singe à observer, même les moustiques sont moins nombreux. Bref on a été capable de détruire tout un écosystème et les gens s’étonnent que le climat change et qu’il n’y a plus de saison bien marquée…  Heureusement pour pouvoir apprécier la beauté de la jungle, reste donc ces espaces protégés qui en équateur représente pas moins de 25% du territoire.

Pour effectuer cette expédition j’ai bien pris le temps de savoir où et avec qui j’allais mettre les pieds. Pas moyen de faire deux fois la même erreur. Ainsi donc j’ai passé plus d’une semaine à chercher l’agence de voyage avec laquelle j’allais effectuer cette excursion. Entre internet, les guides touristiques,  et l’office du tourisme j’ai finalement trouvé mon bonheur. Je pensais me rendre dans la réserve de Yasuni, vous en avez certainement entendu parlé. C’est un parc naturel dans lequel le gouvernement a décidé de ne pas exploiter le pétrole… Apparemment ça va changer, en tout cas c’est la rumeur qui court ici…  Après avoir effectué toutes ces recherches, je me suis rendu compte que finalement ce n’était pas la région la plus belle et la plus adaptée pour découvrir la jungle. Vous vous demandez pourquoi ??? Yasuni est traversé par la rivière Napo. Cette rivière est très large et est utilisée pour le transport de marchandise… Allez vous baladez en canoë au milieu des péniches pour observer des animaux, j’avais du mal à m’imaginer que nous pourrions voir des animaux et un environnement propre. J’avais déjà donné dans le sud sur ce type de rivière. Il me fallait donc trouver une alternative… Pas mieux que d’aller plus au Nord de « Yasuni » dans « la réserve naturelle de Cuyabeno ».

Petite rivière qui va se jeter dans le rio « Napo », pas plus de 10 mètres de large et surtout des centaines de kilomètres de labyrinthes qui vous permettent de naviguer en évitant les bruits des petits bateaux à moteur qui naviguent avec tous les touristes qui ont choisis de visiter la même région. Non loin de la frontière Colombienne et Péruvienne, ce parc naturel nous a permis d’en prendre plein la figure à tous niveaux.  Unique point et non négligeable 2 jours de voyage pour arriver là bas. Et oui tout à un prix, pour cette fois il n’a pas été vraiment financier, mais bien le transport. De bus en bus sur des routes plus pourries les unes que les autres avec des contrôles de papiers que je n’avait pas sur moi mais de simples copies. Une petite galère… mais rien de bien grave puisque c’est sous un soleil rayonnant et une température de 30°C que je suis arrivé sur place. Un dépaysement total, plus de voitures, ni de motos ou de vélos, seuls de petites embarcations à moteur ou à la rame. Un vrai paradis. Bercé par un chant constant qui s’intensifie la nuit. Entre les insectes, les singes, les oiseaux et j’en passe un havre de paix qui vous fait oublier d’où vous venez… Seuls les touristes vous rappel que vous n’êtes pas seuls. Là encore j’ai eu de la chance, j’aurais pu me retrouver dans des « lodges » bondées de touristes, et bien non, la notre était quasiment vide. Nous étions 3 touristes plus le staff.  Rien de mieux pour profiter au maximum de la nature et des activités qu’ils proposent. Et là commence l’aventure.

A certes ce n’a pas été de tout repos pour se rendre là bas.  Se rendre à « Quito »  puis à « Lago Agrio » , ce ne sont que 20h de bus, sur des routes plus abimées les une que les autres. On commence par traverser les Andes, parfois dans un froid glacial pour atteindre la jungle où là il commence à faire une chaleur humide. Même lorsqu’on arrive à 7h du matin on a l’impression d’étouffer.  Heureusement nous sommes resté en ville le temps de prendre un petit  déjeuner puis l’agence de voyage nous a pris en charge. On n’était pas au bout de nos peines… Encore 3 heures de bus. Vivement le bateau qu’on puisse enfin profiter pleinement des paysages et des animaux que cette région avait à nous offrir. 

Ce n’est finalement que lundi à midi que nous sommes arrivé au bateau. Petite embarcation précaire mais stable. Celle-ci n’est pas vraiment typique, heureusement car le peu que j’ai pu faire sur celles-ci, alors là vous prenez peur. Enfin bon, 2 heures supplémentaires nous attendaient mais rien à voir avec le bus. Petit vent frais, des paysages à couper le souffle et à peine 15 minutes que nous avons commencé à naviguer que les premiers singes et paresseux apparaissent. Les papillons volent, les oiseaux chantent, les singes crient, les grenouilles, bref un chant splendide qui je le savais déjà allait me bercer toute la semaine. C’est aux environs de 2heures de l’après midi que nous avons atteint les Lodge dans lesquelles nous allions passer la semaine. Formidables je dois dire. Simples mais typiques, faites de bois et de feuilles de palmier, un havre de paix. Je crois que je n’ai jamais vu autant de papillons. Impossible de s’arrêter sans qu’au moins un vienne se poser dans vos cheveux, sur vaux épaules, bottes… Bref je me sentais bien.



Le temps de déjeuner et nous partions sur le bateau pour aller nager avec les dauphins roses, assister à un coucher de soleil splendide, et commencer à chercher les caïmans. Pas de chance le premier soir, dès qu’on s’approchait un peu trop prêt avec le bateau à moteur ils s’enfuyaient. Le soir après le diner ne restait plus qu’à aller se coucher. Exténué par tout ce transport et cette chaleur, il valait mieux se reposer car le mardi s’annonçait chargé d’après les guides. Ainsi donc après une inspection minutieuse de la chambre… Y a t-il des scorpions ou araignées, tarentules… dans mon lit ?? Non tout va bien ne restait plus qu’à fixer la moustiquaire et tomber dans un sommeil profond.

Et paf, 6h du matin debout, il était temps de voir le réveil des oiseaux et d’assister à ce fantastique balais à la cime de la tour de bambou qui a été construite au pied des loges. Toucans, perroquets, aigles, et tout un tas d’autres oiseaux dont je n’ai pas retenu le nom nous passent devant, chantent, se nourrissent… Equipé de ma caméra autant vous dire que prendre de belles photos n’a pas été évident. Heureusement la lunette binoculaire dont disposaient les guides nous a bien aidé à apprécier tout ça. Ce n’est finalement qu’à 8h du matin que le petit déjeuner nous attendait. Rien de tel que s’en mettre plein la pense avant d’aller ramer puis marcher toute la journée dans la jungle.



Petits sentiers… non je n’irais pas jusque là, les guides ont leurs repères qu’évidemment ils se font un malin plaisir à ne pas vous montrer. A peine le guide m’a demandé de prendre la relève pour revenir sur nos pas que nous nous sommes perdus… Dans cette jungle on ne voit pas le soleil, les arbres, les plantes vous entourent et tout paraît identique. Heureusement le guide ne m’a pas laissé continuer très longtemps mon rôle de guide, on se serait certainement réellement perdu. Passionnant que de voir ces arbres immenses, d’écouter ce bruit incessant d’animaux, de feuilles qui tombent, de marcher dans cette boue qui vous pèse après quelques heures de marche. Dans cet jungle si humide il n’est pas rare qu’on vous demande de jouer l’équilibriste pour traverser ces marais de boue. Amusant quand on ne tombe pas. Mon amie Carine n’a pas trop appréciée d’en avoir presque jusqu’à la ceinture. Moi comme à mon habitude ça m’a bien fait rire.
Après mettre régalé de fourmis au goût de citron, nous retournions à la Lodge pour déjeuner et se reposer dans les hamacs une petite heure avant de partir de nouveau en bateau pêcher ces poissons qui vous font si peur, les piranhas.  J’ai certes une certaine expérience de la pêche, je peux vous dire que ça n’a rien à voir.  Pas besoin de ligne une simple tige de bambou, un gros fil, un très gros hameçon, et surtout beaucoup de viande rouge avec vous. Pas besoin qu’elle soit fraîche… Ils se régalent à tel point qu’à peine la viande accrochée à votre hameçon tombe au fond de l’eau qu’il n’y a plus rien lorsque vous relevez le tout. Vous les sentez attaquer la viande, mais rien à faire, il faut jouer de la chance et de vrais réflexes pour les extirper de l’eau. Le guide bien sûr en a pêché au moins 5 que nous étions bredouilles. Finalement c’est par l’œil qu’une touriste qui nous accompagnait à finalement réussi à en pêcher un. Un réel fun surtout lorsque le guide vous propose de nager là où vous avez pêché. Ce n’est finalement que lorsque le guide s’est jeté à l’eau que j’ai retrouvé un peu de confiance et me suis jeté à mon tour. Rien de tel pour se rafraichir, faire monter l’adrénaline avant d’aller à la recherche des caïmans.


Cette fois là pas de moteur, juste les rames. Excellent. Dans un noir total, une nuit sans lune, nous nous sommes aventurés dans les petits courts d’eau pour enfin trouver notre bonheur. Avec un guide d’expérience et je dois préciser Génialissime nous avons pu nous approcher de très prêt et après deux tentatives il a finalement réussi à le capturer. A certes ce n’est pas un monstre, tout juste 50 cm. Tout ce que je peux vous dire c’est que c’est un animal impressionnant malgré sa petite taille, toucher cette peau si dure, sentir sa respiration, écouter son souffle et le retenir lorsque celui cherche à s’échapper… Impressionnant, je ne m’imagine pas la force que peux avoir les montres de 4 5 mètres qui certainement n’étaient pas très loin mais que je n’ai pas eu la chance d’apercevoir. Seules les filles qui étaient avec nous dans l’embarcation étaient mortes de peur. Ce n’est pas le seul animal que nous n’avons pas eu la chance d’observer ; l’Anaconda par exemple, le Manati sorte d’éléphant des eaux douces mais bon ce ne sont que de bonnes raisons pour visiter de nouveau cet écosystème.



Les jours suivants nous avons été visiter une communauté. Très loin une fois de plus de ce que j’imaginais. Si je dois faire une comparaison entre l’Amérique du Sud et l’Asie c’est que définitivement l’Asir est beaucoup plus pauvre et conserve mieux sa culture. Cette communauté avait des engins électriques pour tondre, couper les arbres, seule une habitation était primaire. Les autres paraissaient déjà beaucoup plus récentes et équipées. Quel dommage et en même temps on peut les comprendre. Quand je vois toutes ces ouvertures dans les murs… il y a tant d’animaux qui peuvent s’infiltrer, et quand on sait qu’il y a tant d’espèce venimeuses voir même dangereuses comme le Jaguar… oui s’équiper un peu mieux me paraît raisonnable. Nous n’avons pas eu la chance de voir le Shaman celui ci était parti en expédition dans la jungle faire ce qu’il avait à faire comme ils disent. Méditation, récolte de plantes dont la liane « d’Hayahusca ». Orthographe à définir…  Je me suis également fait un ami singe.

Il voulait juste me piquer mes lunettes de soleil, pas fou l’animal, des lunettes à 50$ il l’ a de suite vu… heureusement j’ai maintenant une certaine expérience avec les singes et malgré son manège il ne m’a rien piqué, enfin que je n’ai noté. Dans cette communauté nous avons préparé des sortes de crêpes à base de farine de « Yuca ». Une préparation facile et naturelle, pas de sel, pas d’huile, pas de beurre. Suffit dans un premier temps d’extraire les racines, retirer la peau, les laver et de les râper. Ensuite on extrait l’eau et on obtient la farine, qu’on étale sur un plat bien chaud et si possible propre et on obtient cette belle crêpe. Mangez en une vous n’avez plus faim. Rapide simple et efficace, et bien bon. Avec un peu de riz, du ton et du jus de tomate on s’est régalé.


Il était temps de rentrer aux Lodge et de chercher d’autres caïmans. On en a pas vu un seul, les moteurs les effraient, par contre au lieu de voir les yeux orange à la surface de l’eau c’est dans les arbres que notre regard s’est porté. Deux yeux oranges, non ce n’était pas un caïman, mais bien un Boa blanc de plus de 3 mètres. Que je déteste ces animaux… le temps de quelques photos et je me suis retrouvé à l’arrière de l’embarcation, loin de cet animal qui me donne la chaire de poule. Quelle mauvaise idée, voilà qu’un bateau passe forme une petite vague, et je me retrouve quasiment nez à nez. J’en ai encore des frissons.
Rien de tel que de se mette autour de la table avec quelques verres de « Chicha » la bière de là bas. Une bonne manière de vous faire oublier ce que vous avez vu et que vous êtes maintenant prêt à effectuer une marche nocturne. Je ne vous raconte pas l’angoisse lorsqu’on a éteint toutes les torches pendant 5 minutes.  Avec tout ce qu’on a pu voir durant ces quelques jours… que pouvait-il se passer. Rien de bien violent, seuls quelques papillons viennent vous effrayer, lorsqu’on marchait il fallait juste être prudent, éviter d’avoir les mains hors des poches pour ne pas sentir le contact de ces plantes qui hébergent tant d’araignées et autres insectes … bref une belle expérience mais que j’aurais vraiment du mal à effectuer seul.  Une dernière nuit dans ce havre de paix et ne restait plus qu’à rentrer sur Quito. Je vous l’assure en Equateur, il y a les Galápagos mais la Jungle vaut également vraiment le coup.

Bref je vous disait précédemment que je souhaitais faire la route du soleil en vélo, il me faudra attendre ou qui sait d’autres projets… mais là en ce moment  j’ai le genoux en vrac. Rien de bien grave je viens de terminer les examens. Tendinite, ainsi donc réhabilitation pendant un mois et nous verrons la suite plus tard.
Je vous souhaite à tous bon vent.

Nico le vagabond.