A
peine sorti de Pasto, j’ai vite compris que traverser la Colombie seulement en
bus allait s’avérer compliqué surtout avec un hiver pareil. Il pleut des
trombes d’eau, c’est ce qu’ils appellent le « phénomène de la
Niña ». Je devais aller à Cali, on
m’avait annoncé, 6 heures de routes, parti à 10h le matin je suis arrivé à 20h
à Cali. Presque le double, ça commençait bien… Tout ça est du aux problèmes de
corruption que rencontre le pays. Je vous en avais parlé rapidement dans le
précédent récit, durant le voyage en Colombie c’est un sujet qui revient
constamment dans les discussions, et chaque fois c’est sans appel. Ce pays
souffre cruellement d’argent à cause de la corruption qui s’exerce à tous les
niveaux, c’est impressionnant de voir cela.
1.
Le pétrole il y en a beaucoup en Colombie mais il
n’y a pas suffisamment d’argent pour acheter les machines qui extraient le
pétrole ou qui le raffinent. Ainsi le gouvernement tient des arrangements avec
les multinationales qui s’en occupent, et cela consiste à vendre le barril à 5$
au lieu de 100$. Il reviendra plus tard directement à la pompe au prix
exorbitant de 5$ les 3 litres.
2.
L’éduction, un sujet d’actualité en Colombie
tant il y a eu un nombre impressionnant de manifestations. Le gouvernement ne
voulait plus financer l’éducation publique dans les universités pour éviter de
payer des études aux étudiants qui sont soit disant faignant ou qui n’ont pas
les moyens de rembourser les crédits. Ainsi seuls les personnes avec des moyens
financier pourraient étudier. Hors ce pays manque cruellement d’ingénieurs et
de personnes diplômées. Allez comprendre
donc la décision du gouvernement…
3.
Il y a eu tant de problèmes de Guérilla en
Colombie que le gouvernement a mis l’accent sur la répression de la guérilla en
combattant la violence par la violence. Le gouvernement offrait des primes à
l’armée pour arrêter ou tuer toute personne faisant partie de la Guérilla.
C’est allé tellement loin que parfois l’armée s’est amusée à arrêter de simples
paysans, à la déguiser en Guerreros et à les tuer pour toucher la prime.
4.
Il reste également le problème des Narco
trafiquants. Ils ont tellement d’argent
qu’ils proposent de payer les dettes de l’état pour qu’ils soient libres
d’opérer à leur guise. Heureusement le gouvernement n’a pas accepté cela.
Toutefois il n’a pas pour autant régler le problème car à chaque fois qu’un
narco trafiquant tombe, un autre prend la tête et continue le travail si on
peut appeler cela un travail. Il y a des régions de Colombie où il est toujours
impossible de se rendre tant c’est dangereux. Ingrid Betancourt en fait la
triste expérience.
5.
Enfin il reste les problèmes de commerces
illégaux. Et là c’est la police qui s’en met plein les poches. Les gens
n’aillant pas les moyens de payer les taxes, ils ouvrent des commerces illégaux
et chaque mois la police passe pour récupérer un peu de cache. Ainsi le
commerce reste ouvert…
Pour
résumer il a de nombreux domaines ou la corruption engendre des problèmes.
C’est dans un journal périodique qu’est apparu il y a peu de temps un article
fort intéressant. Au moins 5% du produit intérieur brut du pays part dans la
corruption. Avec ces 5% les problèmes d’éducation, de santé, de sécurité et du
pétrole seraient réglés et la pays deviendrait un des plus riche pays
d’Amérique du Sud. Eh oui la Colombie est un pays qui dispose de beaucoup de
pétrole, mais aussi reconnu pour son or, les émeraudes, et son industrie du
textile. Mais voilà comme bien souvent l’égoïsme de chacun prend le dessus et
ces personnes corrompues préfèrent s’enrichir plutôt que d’aider le pays. Avec
les inondations qui ont lieues en ce moment en Colombie, c’est réellement un
drame, et comme toujours les plus pauvres pâtissent des erreurs des plus hauts
placés… Un bien triste bilan mais il y a une chose qu’on ne peut pas enlever
aux Colombiens c’est leur joie de vivre et l’amour qu’ils ont pour leur pays
surtout depuis l’arrivée du dernier président qui a permis à ce pays de
démarrer l’entreprise du tourisme dans son pays. Pour information le tourisme
en Colombie a débuté il y a 15 ans, la sécurité est impressionnante puisqu’il
n’y pas moins de 250000 policiers et en plus de ça se joint l’armée. Bref tout
ça pour dire que le pays a bien changé en comparaison de ce qu’on peut entendre
dans les média qui se font un malin plaisir de ne donner que les informations
les plus pessimistes possibles…
Bien
des gens en Colombie sont heureux et c’est ce qui fait le charme de ce pays,
son accueil chaleureux, et on devrait prendre exemple sur eux car je peux vous
assurer que les gens qui vont en France visiter sont loin d’avoir que des
expériences positives avec les français. On ne souhaite pas parler Anglais ni
Espagnol ce qui rend vraiment compliqué leur voyage et ouvrir sa porte pour
passer un moment avec eux est quelques chose qui se fait bien rare apparemment.
Tout le contraire de ce que j’ai vécu en Colombie, pour vous faire un bilan,
j’ai passé 9 nuits à l’hôtel en 48 jours, quelques unes dans les bus et le
reste chez l’habitant… Tout ça a commencé à Pasto, mais s’est poursuivi de Cali
à Bogota en passant par San Agustin, Neiva et Medellin. Seulement à la côte
c’est un peu plus compliqué pour se loger chez l’habitant, je pense que cal est
du au coût de la vie étant nettement supérieur à la côte, qu’il y a un tourisme
exorbitant et que donc les gens sont un peu plus méfiant… Bref les gens vous ouvrent leurs portes leur
cœur et c’est une expérience magnifique que de voyager en Colombie je vous
l’assure.
Cette
belle expérience c’est donc poursuivi à Cali où j’ai été accueilli dans la
maison de Jei. Une charmante Colombienne au sens de l’hospitalité exceptionnel
et qui en compagnie de se amis m’a permis de passer une fantastique semaine
dans la ville de Cali, capitale de la province « Cauca », capitale de
« la Rumba », plus
particulièrement de la « Salsa » et capitale de chirurgie esthétique.
Et oui ici ça fait parti de la culture de se refaire les seins, d’avoir un
train arrière imposant, d’avoir un nez parfait, aucune ride et j’en passe. Bref
vous y verrez des femmes splendides mais de plastique pour la plupart. Un vrai
business…
Lorsque
je suis arrivé chez Jei je me suis de suite senti à l’aise. Accompagné d’un
autre couch-surfeur et d’une de ses amies nous avons passé la soirée à danser
dans sa maison… Mais je peux vous assurer que cela n’était pas que dans la
sienne. Elle vit dans un petit quartier résidentiel et quasiment tout le monde
fait la fête. Pour info on était Jeudi soir… Les enceintes sont posées sur les
fenêtres extérieures, tous écoutent de la salsa, les enfants dansent dans la
rue, et les parents dans la maison.
Un brouhaha total mais qui fait parti de la
culture de cette ville et qui lui donne tout son charme. Du matin au soir vous
écouterez de la salsa à tous les coins de rue, et verrez des gens danser un peu
partout. Même le chauffeur de taxi qui attend un client est en train de danser,
tout simplement génial… Le tout est de se remettre de toutes ses festivités.
Entre les heures de bus et le manque de sommeil j’accusais le coup. Il était
temps de se coucher pour entreprendre la première visite de la ville le
lendemain matin. Enfin ça c’est ce qui était prévu, car Jei et ses amies en ont
eu pour pas moins de 3 heures pour se préparer. Et oui à Cali elles sont
coquètes, quoi qu’elles fassent dans la journée elles passent des heures dans
la salle de bain… C’est en fin de matinée que finalement nous nous sommes rendu
dans le quartier de San Antonio, le quartier historique de Cali avec ses
maisons coloniales, ses restaurants et café et ses parcs puis le quartier
résidentiel où la plupart des étrangers s’installent. Un Quartier sympatique
l’éclairage le long de la rivière donne tout son charme, où les artistes
viennent exposer leurs œuvres et d’où vous pouvez monter au belvédère admirer
la vue de nuit sur la ville ou doucement la lune s’élève, le tout en dégustant
un « choclo con Queso », ni plus ni moins un maïs enrobé de fromage.
Rentré
relativement tôt à la maison, fatigué de toute cette marche sous une chaleur de
plomb qui fait de Cali une des villes au climat le plus agréable dans les
Andes, nous nous sommes dépêchés de nous coucher pour profiter pleinement le
lendemain de la fin de semaine dans le petit village de Panse.
Situé
à environ une heure au sud de Cali, ce petit village est fort agréable pour
passer la fin de semaine. Sans trop de touristes, il est possible de sortir du
village et d’entamer une marche dans les montagnes de 2 à 5 jours qui vous
permettra de rejoindre la côte pacifique. Nous nous sommes arrêtés à 2 heures
de marches pour profiter de la rivière. Que l’eau était froide, mais avec ce
soleil et le bruit de l’eau qui coule, tout cela m’a permis de me relaxer
suffisamment, de décompresser de tous es jours de voyage et surtout de
m’apaiser avant de rentrer en ville. Pour éviter les bouchons nous nous sommes
rendus dans la maison d’un de leur ami où je leur ai préparé un bon plat de
pâtes à la Carbonara. Un délice qui m’a valu des applaudissements, tout le
monde s’est régalé et je me doutais donc que ce n’allait pas être la première
ni la dernière fois que j’allais cuisiner.
Le
lendemain était mon dernier jour sur Cali, le temps enfin de prendre un cours
de Salsa de 2h.
Je dois dire qu’après la
première heure je me demandais un jour j’arriverai à danser correctement la
Salsa. J’étais en Amérique du Sud depuis plus de 5 mois et je n’arrivais
toujours pas à entendre le rythme. Seulement voilà il était pour une fois un
excellent professeur qui m’a appris l’essentiel, comprendre le rythme… Quel
bonheur, tout e que j’avais appris jusqu'à présent était en train de se mettre
en place. Je commençais à vraiment prendre du plaisir à danser la salsa. Qui
aurait cru… 2 heures avec ce professeur était bien plus que de pratiquer dans
les bars avec tous ces gens qui dansent différemment et qui à chaque fois m’embrouillaient un peu
plus… Bref 2 heures de cours fort enrichissantes qui aujourd’hui encore me
servent et me permettent d’impressionner plus d’un local :p
Avec
Jei nous avons terminé la journée en allant dans un excellent restaurant dans
le quartier de San Antonio puis sommes rentré à la maison où une nouvelle
surprise m’attendait. Jei avait vu une de ces amies dans la matinée qui devait
se rendre pendant deux semaines dans sa famille à San Agustin. Elle lui avait demandé si je pouvais
l’accompagner mais sans m’en parler au préalable. C’était une partie de la
Colombie que je comptais visiter en rentrant en équateur… L’opportunité était
trop belle, évidemment que j’ai accepté.
Avant de quitter Jei et de partir le lendemain pour San Agustin, j’ai du
la remercier je pense mille fois pour tout ce qu’elle m’a permis de vivre à
Cali. J’ai vraiment passé d’excellents moments avec elle et ses amies.
L’expérience étant réciproque, Jei m’a proposé que nous nous revoyons un peu
plus tard à partir du 7 décembre dans sa famille qui vit plus au Nord à Medellin.
Une autre opportunité pour en apprendre un peu plus sur la culture Colombienne
qu’évidemment je n’allais pas manquer de vivre.
C’est
donc à 4h du matin que je me suis levé pour prendre le taxi avec
« Amparo » l’amie de Jei que je voyais pour la première fois.
Certains me diront que je suis fou, que je prends des risques, que Blablabla...
Encore une fois j’ai vécu une expérience inoubliable. Je me demandais pourquoi
on était parti si tôt de Cali mais c’était loin d’être une mauvaise idée car
nous sommes arrivé à destination à 17h00. C’est simple la route n’en ai pas
une. Ils ont ouvert cette voie il y a 3 ans au milieu de la montagne mais il
n’y a toujours pas une portion de goudron. De la terre, de la boue, voilà sur
quoi nous avons circulé pendant pas moins de dix heures. Heureusement il n’a
pas plu car j’en ai rencontré qui ont passé 30 heures sur la même route…
Lorsque
nous sommes arrivé nous nous sommes directement rendu dans la maison des
parents d’Amparo. Une petite maison sans décoration. La première pièce il y a
un petit fauteuil, la moto et les vélos, à sa droite une chambre sans porte, au
fond une pièce avec la table à manger et une vielle cuisine américaine, et à
cette pièce il n’y a pas le 4ième mur, ça ouvre directement sur le
jardin où se trouve la salle de bain, les toilettes et deux autres chambres
dont la mienne qui ne devait pas dépasser 3 mètres carré. Il ne doit pas y
avoir plus de 4 ampoules dans toute la maison… Ce n’est pas retour vers le
futur… mais retour dans le passé. Toutefois, habitué lors de mon voyage à
dormir dans tous types de conditions je peux vous assurer que la chaleur
humaine que m’a donné cette famille m’a fait oublier où je me trouvais. Une
famille nombreuse une fois de plus, les grands parents, une fille et ses 2
enfants, et en règle général nous sommes accompagnés de ses sœurs et de tous
leur enfants. Heureusement tous ont au moins 8 ans et ce n’est donc pas une
véritable tornade, quoi que… J’ai passé avec cette famille des moments
formidables, à manger tous ensemble tout un tas de plats typiques, à m’occuper
des enfants pendant que les parents cuisinaient, enfin pendant que les femmes
du foyer cuisinaient et que les hommes étaient au travail la plupart dans les
champs. J’ai appris beaucoup sur leur façon de vivre et je dois dire qu’ils
vivent avec peu, se contentent de peu mais que pour autant ils vivent bien et
heureux d’autant que dans cette région la terre est riche, les cultures
abondantes et que donc le coup de la vie n’est pas cher. Beaucoup d’étrangers
viennent s’installer là bas ou achètent une propriété pour y passer les
vacances. Il faut dire qu’on s’y sent en paix et que pour passer des moments
dans le calme, la sérénité, c’est un endroit idéal.
Le
lendemain après avoir passé une bonne nuit je suis parti avec Amparo et deux de ses
petits cousins visiter le parc archéologique de Saint Angustin.
Il se dit que
c’est là qu’est né la culture Inka. Accompagné tout au long de la journée, nous
marchons dans ce parc où je découvre des vestiges et des tombes d’une communauté
indigène vieille d’il y a plus de 2000 ans. Dans un cadre fantastique au milieu
des montagnes je découvre ce parc où règle le calme, la tranquillité et où
s’écoute seulement le vent et le chant des oiseaux. Un seul détail j’ai oublié
ce jour là le produit anti moustique.
Grave erreur, en short je me suis retrouvé avec les jambes couvertes de piqures.
Le plus étrange c’est que les piqures se réveillent toutes au même moment, je
n’ai rien senti de la journée mais le soir je n’avais plus qu’à aller à la
pharmacie acheter une crème. Le second jour la même mais dans un autre parc
archéologique, où j’en ai appris un peu plus sur cette culture indigène qui
pour son âge paraissait bien avancée. Ils travaillaient déjà l’or, la
céramique, la sculpture et un peu de peinture… Les tombes dont la taille et la
finition dépendent de l’importance de la personne sont toutes habillées de
statues taillées dans une roche volcanique. Se présente des statues de
gardiens, de Shamans, de singes, de femmes enceintes… Nous avons terminé cette
belle journée ensoleillée en visitant les 2 plus hautes cascades de Colombie
(400 mètres).
Puis nous sommes rentré à San Agustin assister au début de la semaine de la culture où dans un gymnase se déroulait une démonstration de danses indigènes et de chants indigènes typiques de la Colombie. Une belle journée qui se termine sur les rotules après tant de trajet dans un petit véhicule dans lequel nous avons passé la journée à chanter et danser sur des rythmes de salsas, meringués, et sambas.
Puis nous sommes rentré à San Agustin assister au début de la semaine de la culture où dans un gymnase se déroulait une démonstration de danses indigènes et de chants indigènes typiques de la Colombie. Une belle journée qui se termine sur les rotules après tant de trajet dans un petit véhicule dans lequel nous avons passé la journée à chanter et danser sur des rythmes de salsas, meringués, et sambas.
Mon
dernier jour à San Agustin, je l’ai passé dans les rues de cette charmante
petite ville à déambuler, à m’arrêter tous les 2 mètres aux stands du marché
pour déguster les fruits et autres articles que je ne connaissais pas mais
aussi à m’arrêter aux stands d’artisanat bien sympathique réalisés par les
communautés indigènes et quelques locaux de la région. Il y en a pour tous les
goûts ; Des statues, des chaussures de paille, des chapeaux typiques de
Colombie, des souvenirs du parc archéologique, du café,… pour remplir la valise
rien de tel que de passer par là avec quelques pesos en poche… Ce qui m’aura marqué de cette petite ville
c’est aussi la quantité de gens qui se déplacent à cheval. Assez amusant que de
marcher dans la rue et de voir un vieil homme sur sa charrue converser avec un
ami qui lui est sur sa moto… C’est un mélange entre plusieurs époques qui ne
m’a vraiment pas déplu.
Je
ne pouvais pas rester plus longtemps, d’autres régions et paysages
m’attendaient. Qu’il a été difficile de dire au revoir à cette charmante
famille, qui m’a accueilli les bras grand ouvert, qui m’a offert beaucoup
malgré le peu qu’ils avaient. Encore une fois une riche expérience qui restera
gravée. Je suis pour eux comme un fils maintenant et ils comptent sur moi pour
qu’un jour je repasse les voir. J’espère avoir cette chance et que vous aussi
découvriez cette magnifique région.
Le
lundi il était donc temps pour moi de prendre le large et de me diriger un peu
plus au Nord dans la ville de Neiva pour y visiter le désert de la Tatacoa.
Seulement 5 heures de bus me séparaient de Neiva mais je crois que j’ai
rarement vu autant de paysages si différents en si peu de kilomètres. 220 km et
je suis passé au bord de l’Amazonie, dans les montagnes des Andes sur la
cordillère centrale, puis sur les hauts plateaux de Neiva d’où j’ai aperçu les
3 cordillères : « l’orientale, la centrale, et
l’occidentale ». Le chauffeur n’a pas voulu s’arrêter por que je prenne 2,
3 photos, quel domage, ça vaut vraiment le coup d’œil.
A
peine arrivé au terminal de bus de Neiva un guide, ami de la guide de San
Agustin m’attendait pour m’emmener à 40 km de là, à la porte du désert de la
Tatacoa. J’ai passé la nuit dans sa famille où j’ai juste du payer 10000 pesos,
un prix aberrant pour une chambre double avec salle de bain privée, jardin
privé, et un diner compris. Pour rappel 10000 pesos valent plus ou moins 5$...
J’ai passé la soirée avec un des adolescents à jouer de la guitare. Soit disant
expert, c’est moi qui finalement lui ai donné le cours. J’ai passé un super
moment et en plus de ça j’ai appris ma première chanson en espagnol, et oui
doucement mais surement je commence enfin à chanter tout en jouant… Un progrès
considérable qui me donne encore plus envie de progresser. J’ai rencontré au cours
de ce voyage tant de gens qui jouent bien, chaque fois jaloux, ils me donnent
la motivation d’en apprendre plus. Bon il me faudra des cours quand je rentre,
c’est certain surtout que je suis loin encore de jouer ce pourquoi j’ai
commencé à apprendre la guitare. Nous avons terminé la soirée en dégustant un
thé de Cedron rien de tel pour trouver un bon sommeil et se reposer
correctement avant la journée du lendemain qui s’annonçait difficile.
Je
ne m’étais pas trompé, je me suis réveillé par le son de la pluie sur le
toit de taule. Il pleuvait des trombes d’eau, je manque cruellement de chance
pour le climat, je suis dans la région la plus sèche de Colombie et il pleut
tous les 2 , 3 mois… Evidemment ça tombe sur moi. Les gens disent ici que j’ai
un nuage qui me suit, il est drôlement chargé en eau, j’ai encore pas passé une
semaine complète avec le soleil depuis que je suis arrivé en Amérique du Sud…
C’est donc sous cette pluie battante, derrière le guide, sur des chemins de
boue que j’ai commencé la visite du désert. Un trajet dangereux, glissant et on
a plus d’une fois failli tomber. Il sait comment conduire dans ces conditions,
ça fait parti de son métier mais moi pour rien au monde je m’amuserai à
conduire une moto dans ces conditions… Après 45 minutes nous descendions enfin
de la moto, le temps de me décrisper et nous entamions la marche dans ce
fabuleux petit désert qui m’a fortement rappelé le désert de l’Arizona, mais
cette fois ci en version miniature. Pas évident de randonner là bas. La terre qui
ressemble à l’argile colle aux chaussures, les chaussures sont lourdes,
trempées, le terrain est glissant, et pour couronner le tout, impossible de
s’appuyer où que ce soit. Amusez vous à poser la main par terre ou à attraper
un arbuste et c’est en sang que vous la retrouverez. Les cactus sont l’unique
végétation qu’il y a là bas. Les épines sont telles qu’elles transpercent la
semelle des chaussures, autant dire que suivre le guide n’est pas une mauvaise
idée. Quand je pense que des gens s’aventurent seuls là bas… Des fous, des
inconscients… J’ai découvert comment certaines personnes arrivent à survivre
dans les déserts. La plupart des plantes produisent un fruit ou de l’eau
potable et je dois dire que ce petit parfum que chaque plante produit n’est pas
du tout désagréable. Il est d’ailleurs recommandé de manger ces fruits de
cactus pour la perte de poids, le cholestérol, et bien d’autres choses
fortement bénéfiques pour le corps. Vous en saurez beaucoup plus en cherchant
un peu sur Google, J
Je ne vais quand même pas tout vous servir dans un plat…
A 10
heure il a cessé de pleuvoir, et ce qui était avant un champs de boue se
transformait rapidement en une terre sèche voir même tranchante comme du verre.
La température montait fortement pour atteindre les 40°C, et je commençais à
espérer que la visite se termine rapidement pour quitter cet endroit magnifique
qui sans guide pouvait réellement se transformer en enfer. Les guides connaissent leur travail et seules
quelques personnes certainement habituées à cet environnement hostile souhaitent
poursuivre la visite pour s’enfoncer un peu plus dans le désert. Pour ma part
j’en avais vu assez et un bon repas était tout ce que j’espérais surtout qu’on
y était depuis plus de 6 heures. Non je n’ai toujours pas perdu cette habitude
de manger beaucoup… c’est pas pour
autant que j’ai pris du poids, bien au contraire, mais vous me connaissez…
ma méta-morphologie est unique… Ainsi nous sommes rentré en ville, avons passé
l’après midi à discuter en espérant que le ciel se découvre pour qu’à la nuit
tombée je puisse admirer les étoiles du planétarium situé dans le désert. Il
est dit que cet endroit est l’un des meilleurs du monde, il est vrai qu’il n’y
a aucune lumière polluante à plus de 30km à la ronde… Seulement voilà comme
d’habitude j’ai manqué de chance et le ciel ne s’est pas découvert. A Neiva, à
part le désert il n’y a rien de bien fantastique à faire, j’ai donc décidé de
partir en fin d’après midi pour Bogota, la ville où je ne voulais pas me
rendre. Mais bon plutôt que de faire demi-tour et d’avoir 30 heures de bus à
faire l’option de Bogota à soit disant 4 heures de route me semblait la
meilleure. Le problème c’est que je ne m’attendais pas à avoir un trajet de
plus de 4 heures.
Je
suis arrivé à 2 heures du matin à Bogota, autre chose que je ne voulais surtout
pas. Pour une fois j’ai du sortir le guide de voyage pour savoir ce qu’il
fallait faire en arrivant dans cette capitale d’où naissent tout un tas
d’histoires plus folles les unes que les autres. J’ai donc appelé du Bis et réservé mon hôtel
en les avertissant que j’arriverais dans la nuit. Le trajet a été tout
simplement une horreur. J’étais placé à l’avant du bus. Pas de place pour mes
longues jambes. Je voyais le chauffeur tenter de dépasser dans les montagnes
sans aucune visibilité. Parfois sur la route venait s’effondrer des chutes de
boue, et le bus freinait alors en urgence… Bref on a mis 10 heures au lieu de
4, et c’est exténué que je suis arrivé au terminal de Bogota. Heureusement dans
cette dangereuse ville le terminal est sûr et pour prendre un tai on vous
demande le passeport et où vous vous rendez. Un système fort rassurant qui je
l’avoue serait implanté partout ne serait pas une mauvaise idée. Mais bon, je
ne vais pas trop en demander, et c’est en toute sécurité que j’ai pu me rendre
à l’hôtel. Bien fatigué de la journée je ne me suis pas fait prier pour dormir
jusqu’au petit matin afin d’entamer la visite de la ville qui a commencé en
solitaire, bien rare pour être noté, l’hôtel était vide… Ok ce n’était pas le
plus proche du centre, mais au moins j’étais loin du bruit incessant des
klaxons, des bus, et des fous…
Je
ne vais pas m’éterniser sur la description de Bogota. C’est une ville me paraît
sale, hideuse, et sans grand intérêt. Seuls
quelques musés valent le coup comme « le
musé de l’or » absolument splendide où on y découvre l’évolution du
travail de l’or mais aussi tout un tas de bijoux réalisés au cours du temps,
« le musée de la monnaie » où j’ai découvert comment se fabriquaient
les premières pièces de monnaie et les premiers billets. Il y a également « le
musé de Botero », l’artiste le plus connu de Colombie avec ses peintures
et ses sculptures qui je dois dire a vraiment du talent mais qui à mon goût se
répète et réalise beaucoup trop d’œuvres que ça en devient lassant.
Malgré
cette mauvaise impression sur la capitale, mon expérience à Bogota n’a pas été
mauvaise. Fort heureusement j’ai rencontré des gens vraiment extras sur place
qui m’ont permis de passer d’agréables moments. Plus particulièrement une
française, une espagnole et une argentine. J’ai passé mes 4 jours sur Bogota
avec elles. Je les ais rencontré par le site http://www.Couchsurfing.org. Le premier
rendez-vous était organisé par les membres du groupe de Bogota. Il s’agissait
d’aller aider les enfants qui vivent dans la rue à Bogota. Il y en a tellement…
Une idée qui m’a parue fort intéressante et enrichissante même si un peu
dangereuse car il nous fallait aller dans des quartiers pauvres. Seulement
accompagné par pas moins de 25 personnes on ne risquait rien. Il ne fallait
juste pas sortir avec l’appareil photo et bien garder les poches fermées. On a
passé environ 2 heures avec ces enfants, on leur a distribué du pain, des jus
de fruits et on a joué avec eux. Ce groupe réalise cette action bénévole depuis
plus de deux ans, et les enfants les connaissent. Mais comme tous les enfants
leur curiosité n’a pas de limites et nous avons passé un excellent moment avec
eux. Après ça rien de tel que d’aller boire un verre tous ensemble pour mieux
apprendre à nous connaître. C’est ainsi que j’ai sympathisé avec ces 3
demoiselles et que nous nous sommes fixé un nouveau rendez-vous le lendemain
pour aller visiter les musées. On a passé un belle après midi tous ensemble et
on avons décidé de remettre ça le lendemain pour aller visiter
« Zipaquira », une petite ville à environ une heure de Bogota. Mais avant d’aller se coucher il fallait que je
sorte pour me faire une idée de la vie de la nuit dans cette capitale. On a
donc été à un autre rendez-vous de couchsurfing à un Karaoké. Je ne suis
toujours pas fan de ce type de soirée et heureusement on a pas terminé là bas
mais dans une discothèque proche de mon hôtel où on a passé la nuit à danser
sur du reggae et de la salsa. Une vraiment bonne soirée que je ne risque pas d’oublier
tant je suis rentré avec les jambes lourdes…
Le lendemain
matin direction donc « Zipaquira ». Cette ville est très connue pour
sa cathédrale de sel, taillée dans la mine de sel, avec des jeux de lumières
saisissant, ce site est devenu le site le plus visité de Colombie.
Rentré en fin d’après midi à Bogota nous nous sommes rendu dans la famille de Maria qui est d’Argentine. On a diné tous ensemble, discuté de tout et de rien, mais leur point de vue sur la vie en Colombie m’a plu, eux qui y sont installé depuis plus de 25 ans, ont connus la Colombie et ses moments difficiles, et aujourd’hui voient la différence et sont heureux de vivre là bas plutôt que dans leur pays qui ne leur a jamais permis de s’en sortir. On a vraiment passé une belle soirée tous ensemble et je tiens à remercier chaleureusement Maria pour tous les moments que nous avons partagé ensemble et qui m’a permis d’apprécier cette ville non pas pour son architecture mais pour les gens qui l’habitent. Ainsi donc un grand merci à toi et j’espère que tes plans se réaliseront d’une manière ou d’une autre, passe de belles fêtes de fin d’année.
Rentré en fin d’après midi à Bogota nous nous sommes rendu dans la famille de Maria qui est d’Argentine. On a diné tous ensemble, discuté de tout et de rien, mais leur point de vue sur la vie en Colombie m’a plu, eux qui y sont installé depuis plus de 25 ans, ont connus la Colombie et ses moments difficiles, et aujourd’hui voient la différence et sont heureux de vivre là bas plutôt que dans leur pays qui ne leur a jamais permis de s’en sortir. On a vraiment passé une belle soirée tous ensemble et je tiens à remercier chaleureusement Maria pour tous les moments que nous avons partagé ensemble et qui m’a permis d’apprécier cette ville non pas pour son architecture mais pour les gens qui l’habitent. Ainsi donc un grand merci à toi et j’espère que tes plans se réaliseront d’une manière ou d’une autre, passe de belles fêtes de fin d’année.
Ma
dernière matinée à Bogota, je l’ai passé à l’hôtel. Aucune envie de sortir sous
cette pluie battante. Ah oui j’allais oublier, la ville située à 2500 mètres au
dessus du niveau de la mer et subie des intempéries tous les jours. Il pleut plusieurs
fois par jour et il fait froid. Il pleut tellement que tous les jours de la
semaine ils travaillent pour arranger ces routes créant des files d’attente
démentielles qui polluent, même le bus millenium a du mal à circuler ce qui
serait chez nous le métro, est pour eux un escargot surtout aux heures de
pointe. Les gens se bousculent pour entrer dans les bus, aucun respect comme
chez nous… Vraiment l’extase cette capitale.
Bref
il était temps de partir tout au nord retrouver un climat chaud qui jusqu’à
présent en Colombie me faisait vraiment défaut. Direction la côte des Caraïbes
à Santa Marta, pas très loin de la frontière avec le Venezuela. La suite, vous vous en doutez dans le prochain
récit J
Nico
le vagabond


























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