mercredi 22 février 2012

Brésil - Carnaval de Rio de Janeiro - Première semaine




« RIO », « Lun Laaa lunlalalahhhhh Lun Laaa lunlalalahhhhh ». J’ai tellement vu ce film « Rio » que je ne pouvais attaquer ce récit sans une petite dédicace. J’adore ce film !!! Il aura animé pas mal de mon voyage, et m’aura suivi un peu partout en Amérique du sud. Après l’avoir vu en Français, puis en Anglais, en Espagnol, me voilà qui l’ai vu en portugais. Dédicace faite revenons à nos moutons…

Il est 18h je suis en Argentine, à l’aéroport de « Puerto Iguaçu ». Après avoir vu les chutes, j’avais maintenant un avion qui m’attendait pour me rendre à « Rio de Janeiro » pour le carnaval. Je n’avais aucune idée dans quoi je m’embarquais, mais le voyage c’est fait pour ça… Découvrir et profiter des opportunités qui se présentent. J’ai eu la chance qu’une charmante demoiselle « Karen » m’accepte dans son appartement pendant toute la durée du Carnaval. L’occasion était trop belle. Le 16/02 à 22h00 je mettais donc les pieds de nouveau au Brésil, mais cette fois ci, à « Rio de Janeiro ».  Voir les chutes du ciel était déjà un cadeau. Un spectacle fabuleux. Pas la peine de payer un hélicoptère pour les voir…

L’arrivée de nuit sur « Rio » a déjà été impressionnante. De l’avion je voyais des feux d’artifice un peu partout dans la ville. La fête avait déjà commencé. Le christ qui domine la ville était éclairé et me tendait les bras en signe de bienvenue. Arrivé à l’aéroport j’ai vite compris que mon espagnol n’allait pas servir à grand chose. Le portugais n’a rien à voir dans la prononciation avec l’espagnol… La galère commençait. Je venais de passer presque un an à apprendre l’espagnol et me voilà de nouveau débutant en Portugais… Un flash back qui m’a rappelé mes débuts en Amérique du sud qui n’avaient pas été si évident… Mais bon s’il y a une chose que j’ai appris au cours de ce voyage, c’est à m’adapter à n’importe quelle situation. Ca allait se faire tout seul, un peu de patience était de mise voilà tout.

Première conversation, avec les chauffeurs de taxi. Imaginez vous négocier un taxi pendant le carnaval. Quasi impossible… et bien non, j’ai finalement trouvé un chauffeur qui terminait son service et qui m’a emmené en ville pour le tarif normal hors carnaval… Tout de même 25 euros. Ca rappelle un peu les tarifs européens… Mais bon je n’allais pas m’amuser tard le soir, en plein carnaval à tenter le bus… J’arrivais en terrain inconnu… la prudence était de mise mais pas pour tout le monde. Les taxis, les bus et les motards roulent comme des fous en ville. Apparemment les mini-vans sont pires et m’ont rapidement été déconseillés…
Je ne dirais pas que je suis arrivé tranquillement devant l’appartement de « Karen » tant il a roulé comme un fou dans la ville, mais bon j’étais sein et sauf. C’est le principal… Rouler comme ça en ville, c’est vraiment de l’inconscience surtout que pendant le carnaval les gens boivent beaucoup et pas que de l’eau…  Bref j’étais au pied de l’appartement de « Karen » et j’attendais qu’elle descende m’ouvrir la porte. Le chauffeur sortait pendant ce temps mes sacs, puis quand la porte s’est ouverte il a redémarré avec mon chapeau colombien à l’intérieur de son véhicule. J’étais dégouté !!! A peine arrivé que je perdais déjà quelque chose… C’est la vie… mais bon je l’aimais bien, il m’avait accompagné un peu partout celui là et en avait vu des beaux paysages en m’évitant de me bruler la nuque et les oreilles. Plus qu’à en trouver un nouveau… Heureusement l’accueil de « Karen » et de sa maman « Barbara » m’aura vite fait oublier toute cette histoire. Je venais de tomber chez des gens adorables chez qui je me suis tout de suite senti à l’aise.  La maman me parle comme si je suis son fils, et même parfois  m’engueule si j’ai mal fait quelque chose. Heureusement ce n’est arrivé qu’une fois… et quand à « Karen » elle m’aide à comprendre sa maman en me traduisant en anglais ce qu’elle me dit. A l’heure qu’il est je comprend beaucoup plus le portugais …  Enfin c’est tout de même loin de mon niveau d’espagnol…

Ainsi j’étais à « Rio ». J’ai du mettre plus d’une semaine à réaliser que finalement j’étais au « Brésil ». Ce n’était pas du tout prévu dans le voyage, je ne pensais faire que les pays hispaniques. Mais bon comme souvent dans le voyage, les plans changent. Et je peux vous assurer qu’encore une fois je ne regrette rien. C’est certes plus cher, mais il y a tellement de belles choses à faire et à voir dans ce pays que bon, l’argent passe en second plan. En plus de ça j’allais vivre pour un premier carnaval, celui de « RIO », le plus beau du monde.
Le premier soir étant arrivé relativement tard, et fatigué du voyage, j’ai préféré ne pas sortir. Il n’a pas été évident de s’acclimater à cette chaleur, et surtout à tous ces moustiques. Je me suis fais dévorer la première nuit dans ma chambre. Du coup, anti moustiques sur la peau et anti moustiques dans la chambre m’ont accompagnés depuis que je suis au « Brésil ». Ce sont mes compagnons de voyage lol. Il n’empêche qu’il n’y a rien à faire, ils me piquent moins mais j’en ramasse toujours un peu plus tous les jours… Ca a d’ailleurs bien fait rire tout le monde, car je suis le seul qu’ils piquent autant. C’était l’inverse avant… ils ne mettent rien et moi je me fais dévorer. Ce n’est pas juste… Enfin je m’y suis habitué. J’ai juste un antiseptique en plus histoire de calmer les démangeaisons.
Rio - Quartier de Lapa

Après m’être reposé la première nuit de mon arrivée, « Karen » et moi même sommes partis faire un petit tour dans la ville. Premier lieu le quartier de « Lapa ». C’est le quartier historique mais aussi le quartier où dans la soirée allait réellement commencer le carnaval. Les rues étaient presque vides dans l’après midi, mais vers 17h les gens affluaient par milliers. De tous les âges, étudiants, enfants, parents, grands-parents… un mélange de tous les âges au même endroit. Un endroit pas franchement sein pour les enfants plus le temps passait car le carnaval c’est la fête, mais c’est bien plus, les gens se lâchent. Par exemple, les hommes se déguisent en femmes, les femmes sont déguisées de costumes et masques. Pour certaines c’est très léger ce qu’elles portent… Bikini ficelle, mini short, et j’en passe. Il y a aussi toutes ces bières, et la « Cachaça », un alcool typique du Brésil. Il n’y a pas de poubelles comme souvent en Amérique du Sud,  on jette tout directement dans la rue. Les gens marchent, dansent, courent, sur ces montagnes de déchets qui longent les trottoirs…   Après il y a tous les gens des favelas qui viennent les récolter pour après les revendre aux entreprises de recyclage. Je peux vous dire que la rue la nuit est une vraie poubelle, mais vous revenez le lendemain matin, c’est presque propre.  Vous n’avez juste qu’une envie en arrivant à la maison c’est vous doucher. Entre le sol dégueulasse, les vêtements trempés de transpiration, tâchés d’alcool, la douche est un plaisir.

Tous ces détails sont vites oubliés une fois qu’on se mêle à la fête, une bière dans la main gauche, la seconde doit rester libre pour traverser toute cette foule. Il y a des gens partout. Il y a aussi un jeu auxquels les brésiliens et brésiliennes s’amusent. C’est comme une compétition. A celui ou celle qui obtiendra le plus de baisés pendant le carnaval. Les hommes viennent sans aucune gène, discutent 5 minutes avec les filles qui m’accompagnent et repartent avec tous ou presque avec un baisé… La première fois que ça s’est passé je me suis demandé où j’avais mis les pieds. Le pire c’est pendant ce qu’ils appellent les « Blocs ». Ce sont des chars sur lesquels un groupe de musique va mettre l’ambiance dans la rue. Les gens se rassemblent autour, des milliers de personnes s’agglutinent pour danser toute l’après midi, Salsa, Rock, Pop, tout y passe. Il y en a pour tous les goûts.
Il m’est très difficile de décrire le carnaval et tout ce qu’il s’y passe. Mais je dois dire que le faire au moins une fois dans sa vie, ça marque !!!
La belle histoire dans tout ça c’est qu’on rencontre énormément de gens d’un peu partout pendant le carnaval. Karen et moi même avons fait la connaissance de deux français « Caroline et Pierre ». Perdus dans les rues de Rio, ils cherchaient à rejoindre le Carnaval mais ne savaient pas par où aller. Ils nous ont donc accompagnés pendant toute l’après midi et avons bien rigolé. Surtout quand « Ana » une amie de « Karen » est arrivée. Habituée à faire la fête, la demoiselle est arrivée avec sa bouteille de Cachaça !!! J’allais gouter mes premières Caipirinha !!! Un mélange de sucre de canne, citron vert, et cachaça. Je revois Pierre qui disait, que c’est comme un Mojito, et moi qui lui disait, fait attention, il fait chaud, on est fatigué, et c’est un alcool que tu n’as pas l’habitude de boire… 
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Rio - Plage de Ipanema
Rio - Plage de Copacabana
Ca n’a pas loupé, Pierre était complètement soul à 22h00. Il a du rentrer accompagné de Caroline. On a donc terminé la première soirée à 3 dans les rues de Lapa, à nous défouler en dansant presque toute la nuit. Nous venions de passer notre première journée de carnaval, une journée bien fatigante… Il était temps de rentrer à la maison et de se reposer. Le carnaval dure 5 jours… Pas la peine de démarrer sur les chapeaux de roue.
Rio - Plage de Ipanema avec les amis
On s’était donné rendez vous avec Caroline et Pierre à la plage de Ipanema. Une des plages très connues à Rio. Personnellement j’ai été très déçu par toutes ces plages où on se bat pour avoir un centimètre carré pour poser sa serviette, où il y a des vendeurs partout qui proposent un peu tout et n’importe quoi. C’est très bruyant, et très sale… De plus l’eau de la mer à Rio est congelée. Un courant marin du sud de l’Amérique du Sud vient se jeter juste sur le département de Rio… Pas vraiment l’idéal donc ces plages, et il allait falloir que je sorte de Rio pour découvrir les plus belles plages du Brésil, en espérant ne plus être trop déçu !!! Nous nous sommes baignés rapidement, puis somme parti visiter la plage de Copacabana, qui selon moi est pire car le paysage autour ne vaut pas celui de Ipanema… Tous ces bons moments partagés avec « Caroline et Pierre » ont fait que Karen leur a proposé de venir vivre la fin du Carnaval dans sa maison. Ils ne se sont pas fait prier… Normal en même temps. Entre vivre le Carnaval avec des touristes et le passer avec les locaux… Nous quittions donc Ipanema pour nous rendre à leur hôtel chercher leurs affaires. Direction la maison de Karen pour déjeuner.
Sur le chemin de retour, nous avons rencontré un brésilien dans le métro. Il souhaitait vendre ses places pour le Sambodrome, soit disant son père avait fait un arrêt cardiaque la nuit précédente, et il ne souhaitait donc plus ses places… Il préférait rester avec sa famille. Karen a tout géré. Ce n’était pas nous avec notre pauvre niveau de portugais qui allions réaliser la négociation. En quelques minutes la transaction était faite. Nous étions en possession de 4 places. Parfait !!!  
Ma place pour le Sambodrome

Il s’est avéré après vérification sur Internet que ces places valaient 350 réales, nous les avons acheté à 150… Une bien belle opportunité… On n’était juste pas certain qu’elles allaient fonctionner.
Arrivé à la maison, Karen a tout raconté à sa mère qui n’y croyait pas du tout… Pour elle, nos places étaient fausses. Nous allions bien voir, le soir même ces places devaient nous permettre d’entrer dans le fabuleux Sambodrome pour assister au Carnaval.
Je nous revois, tous excités à l’idée de vivre ce spectacle, mais aussi anxieux à l’idée que nos places puissent être fausses. La délivrance lorsque nous avons franchis tous les contrôles. Nous allions vivre une nuit de spectacle. Seuls les photos et vidéos peuvent décrire ce que nous avons vécu. De 21h à 7h du matin nous avons assisté au défilé de quelques écoles de Samba.

Rio - Sambodrome avant que ça ne débute











Ce n’étaient pas les meilleurs, mais apparemment pas les plus mauvaises non plus. Les tribunes se remplissaient doucement, l’ambiance montait jusqu’à ce que le premier feu d’artifice n’éclate et que la musique prenne place dans toutes les tribunes. De la folie, les gens dansaient, chantaient, et pendant ce temps là, nous assistions à un spectacle vraiment de qualité. Les jeux de lumières, toutes ces couleurs, des chars fabuleux, décorés à la perfection, et tous ces gens si heureux de défiler sur des rythmes plus entrainant les uns que les autres… On en a pris plein la vue, et j’aurais pour ainsi dire usé l’appareil photo cette soirée là. Pas moins de 1000 photos, quelques vidéos, pour vous présenter un petit peu ce qu’est le Carnaval de Rio de Janeiro. La nuit passa rapidement, nous avions vu passer 10 écoles de samba, avons appris un peu plus de samba, tout ça sous un ciel étoilé. Pas de pluie, un petit vent juste pour ne pas avoir trop chaud. La nuit aura été parfaite. Un souvenir extraordinaire. On a du en parler pendant des heures après. Impossible de décrire toutes les émotions par lesquelles nous sommes passés. Vraiment c’était magique. Je me revois petit avec mes parents à voir le carnaval de Pornichet… Comment dire ! Ca n’a vraiment rien à voir… Et vraiment si vous voulez voir un jour le Carnaval de Rio, n’hésitez plus, comme je l’ai dit. Il y en a pour tous les goûts et vous ne pouvez donc pas être déçus.

Après cette longue nuit, il était temps d’aller dormir quelques heures. Le carnaval ne s’arrêtait pas là. Il restait encore de nombreuses choses à vivre, comme le « Bloc » des Beatles et le soir une nuit dans un club de Samba. Je dois dire que l’énergie manquait cruellement. Nous étions tous très fatigués et la dernière nuit du Carnaval aura pour nous été beaucoup plus calme que prévue. Mais il n’en reste pas moins que grâce à Karen, sa maman et ses amis, nous venions de vivre un fabuleux Carnaval. Une expérience inoubliable, qui m’a permis de prendre conscience à quel point les Brésiliens sont des gens heureux, qui aiment rire, faire la fête, et qui vous en apprennent beaucoup sur comment vivre heureux sans pour autant tout avoir. Une vraie leçon de vie, d’amour et de joie. Merci Karen, Barbara et Ana pour ces fantastiques souvenirs.

Je n’avais pas visité grand chose de Rio, mais j’avais besoin de calme après tous ces jours de fêtes. Caroline, Pierre et moi même avions décidé de poursuivre ensemble un petit peu le voyage. J’allais revenir un peu plus tard sur Rio pour viiter correctement la ville et ses environs. Direction donc « Itaunas », un petit village situé entre la province de Rio et de Bahia. 1400 km de bus nous attendaient. Lorsque nous nous rendions au terminal de bus, tous les gens étaient devant la télé. Les résultats du carnaval allaient apparaître. Chacun attendait avec impatience de voir si son école de Samba allait gagner. Il a fallu que ce soit l’école de Tijuca qui gagne. L’appartement de Karen se trouve dans ce quartier. Le trafic était impossible, tous les gens faisaient la fête dans la rue. De nouveau… Le carnaval ne s’arrêtait donc pas encore. Ils allaient encore profiter jusqu’à la fin de la semaine… je me demande où ils trouvent toute cette énergie. Moi j’étais dans le taxi, et j’attendais avec impatience le bus pour me reposer… Le temps de jouer aux cartes, puis le sommeil a pris le dessus et ce n’est que tôt le lendemain matin que je me suis réveillé. On arrivait à destination. Tout simplement parfait !!!
Lorsque nous sommes arrivés, c’était exactement ce que nous attendions. Un village très tranquille, avec de magnifiques plages. Rien de tel pour se détendre et refaire le plein d’énergie. On a juste passé une nuit sur place puis le lendemain on reprenait le bus pour de nouveau faire 1400 km. Cette fois là direction Salvador. J’avais entendu beaucoup de choses bien différentes sur « Salvador ». Il fallait donc que je me fasse ma propre opinion. 

Comme nous quittons le département de Rio, je vais m’arrêter là pour ce récit. La suite viendra bien évidemment dans le prochain. Une première semaine au brésil qui aura été riche en émotions et en belles rencontres. La suite promet ...

Je vous souhaite à tous un bel hiver pendant que moi je me fais bronzer sur les plages…

Je vous embrasse

Nico le vagabond.




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