lundi 13 février 2012

Bolivie - Des mines d'argent de Potosi, puis Sucre jusqu'au Paraguay


Bon allé j’y suis presque, vous vous demandez de quoi je parle, mais j’avais pris tellement de retard sur mon blog qu’aujourd’hui j’ai passé ma journée ou presque sur l’ordinateur pour récupérer ce retard. Je suis actuellement dans le bus entre « Asunción » et « Ciudad del Este » au « Paraguay ». Un bus bien confortable pour une fois. Vous allez comprendre quand vous lirez ce récit… Ha la « Bolivie » c’est magnifique, mais le transport est tout simplement « catastrophique ».

Ainsi j’étais avec « Luigi, Andres, Fanny et Romain » à Potosi. L’équipe de titans… l’agence tous risques… On nous avait recommandé de faire le trajet de jour entre « Uyuni » et « Potosi ». Soit disant les paysages étaient magnifiques. Un conseil, faites le de nuit si vous venez de faire le « Sur Lipez »… J’ai passé l’après midi dans un livre. Les paysages ne valaient vraiment pas grand chose. Pour les malheureux qui sont malades en bus, ce trajet est dans la montagne, il n’y a pas moins de 4000 virages…

Les rues de Potosi

« Potosi » c’est une jolie petite ville, propre et colorée. L’ambiance est chaleureuse surtout qu’on y est tombé au moment du Carnaval. Tous les enfants se battent avec des bombes à eau. Les touristes, on n’y échappe pas. On se fait arroser avec ces bombes par les enfants mais aussi par les chauffeurs de bus…  La plupart du temps ce n’est que de l’eau, mais quand vous allez rentrer dans un musée et qu’on vous asperge de mousse, c’est déjà moins amusant… Enfin bon c’est le carnaval et les gens le vivent comme ça. Qu’est ce que ça va être à « Rio de Janeiro ». En tout cas avec mes deux acolytes Italiens, on n’a pas loupé l’occasion pour s’acheter quelques bombes, histoire d’arroser dans un premier temps « Fanny » mais aussi pour se venger de tous enfants qui n’en loupent pas une pour vous tremper. On est Européens mais on s’est aussi viser !!!

Potosi, c’est aussi la ville où il y a le stade de foot le plus haut du monde à 4300 mètres d’altitude. Allez faire une partie de 90 minutes là-bas, on va se marrer. « L’Argentine » a joué en « Bolivie », ils ont perdu 6 à 1. Depuis il y a une loi qui interdit les grands matchs à plus de 2800 d’altitude. Quels mauvais perdants qu’ils sont ces Argentins vraiment…
Mais de cette ville ce qu’il faut visiter ce sont les mines d’argent. Ces mines ont tuées 6 millions de personnes. Ils sont morts des éboulements, des explosions de souffre dans la mine ou bien peu de temps après y avoir travaillé… Un vrai génocide… Encore aujourd’hui 15000 personnes y travaillent. Ca va d’enfants de 12 ans jusqu’aux personnes de 60 ans. Evidemment l’âge légal est fixé à 18 ans. Lorsqu’on a demandé aux mineurs pourquoi ils ont choisi cette voie, la plupart n’ont pas eu le choix. « Il faut faire rentrer de l’argent au prix de ma vie pour faire vivre ma famille ». Ils sont bien conscient des risques mais ne changeraient pas leur vie contre une autre pour autant. Encore un truc que j’ai du mal à comprendre. Ils gagnent 100 bolivianos par jour, soit un peu plus de 10 euros par jour pour 8 heures passées dans la mine. Ca c’est pour ceux qui ont un employeur. Il y en a d’autres qui travaillent à leur compte. Ils sont payés en fonction de ce qu’ils extraient de la mine. Pour cela il y a 33 entreprises dans la ville qui se chargent de traiter les roches et d’extraire l’argent, le zinc, l’étain selon leurs désirs. La plupart d’entre eux s’en sortent difficilement maintenant. Il faut dire que la mine est exploitée depuis l’arrivée des Espagnols en « Bolivie ». Il ne reste quasiment plus rien à extraire et dans 10 ans ils comptent la fermer. Ca ne sera je pense pas une mauvaise chose tant ce que je vais vous raconter va vous paraître indécent de nos jours. Beaucoup d’entre vous connaissent surement les mines exploitées avec les moyens technologiques de notre temps. Pour nous « Germinal » c’est loin, pour eux ils sont en plein dedans.
De l'alcool potable à 96° pour les mineurs... 
2 euros la dynamite, le détonateur et un sulfate pour augmenter
la force de l'explosion... Qui en veux??

Avant d’entrer dans la mine on a commencé par aller visiter le marché des mineurs. Un marché où il est possible d’acheter des casques, de l’eau, mais surtout de la « TNT » et tout ce qu’il faut pour que ça explose. Un enfant peu l’acheter dans ce marché, un terroriste aussi, par contre c’est interdit de quitter « Potosi » avec. Mais bon tout de même… laisser les enfants acheter ça, c’est du n’importe quoi… Il y a de nombreux commerces comme celui que nous avons visité dans la ville.
Pendant cette première visite, le guide nous ait enseigné comment faire exploser de la dynamite. Il nous a également expliqué que les mineurs, pour la plupart, étaient bourrés dans la mine pendant qu’ils travaillent. Tout ça pour ne pas penser aux conditions de travail… Pour cela, ils boivent de l’alcool potable à 96°. Efficace, on a gouté ça vous nettoie le gosier… Enfin ils ne mangent pas non plus dans la mine, ils boivent et ils mâchent de la feuille de Coca. Un petit déjeuner le matin et c’est tout.

Les broyeuses de roches 
Enfin l'argent apparaît après le traitement

Bref nous n’étions pas encore entré dans la mine qu’on avait peur d’y mettre les pieds tellement les conditions paraissaient difficile dans la mine… On a visité un peu avant d’entrer dans la mine, une usine d’extraction des minerais. Ces usines sont chargées d’extraire les minerais et de les revendre ensuite, généralement à l’étranger, au Pérou et au Brésil si je me rappelle bien. Encore une fois les machines utilisées sont rudimentaires, les procédés sont ceux inventés en 1600 par les Espagnols. Imaginez tous les produits toxiques qu’ils utilisent et qu’ils vont jeter je ne sais où un peu plus loin de la ville histoire que ça ne se voit pas trop. Le guide nous a dit qu’il y avait des contrôles très stricts, avec des usines très contrôlées qui se chargent de traitées ces déchets toxiques. Si c’est vrai tant mieux, mais avec tout ce que j’ai vu au cours du voyage j’ai vraiment du mal à y croire. La corruption prédomine le plus souvent. Un petit chèque par ci, un autre par là et le problème n’existe plus… En tout cas, c’était tellement toxique qu’en dix minutes je commençais à avoir mal au crâne, l’altitude n’aidant pas évidemment.
Le chariot est vide, le mineur est dehors, tout va bien mais jusqu'à quand?
Ca c'est nous avant d'entrer dans la mine, encore avec le sourire aux lèvres 
Il n’était pas loin de 11h du matin prêt à entrer dans la mine. On y a passé 1h ou 2. On en pouvait plus. Ce qu’on y a vu n’est en rien une mine. C’est une décharge, un four, et le risque pris par ces mineurs est démentiel.
Au 3ième level il fait très chaud déjà... 
Ca s'éffondreeeeeee !!!! Comment on passe maintenant?

Les murs s’effondrent. Il n’y a pas de renforcement des parois en béton. Il y a seulement des bouts de bois fendu qui tentent de maintenir un peu tout ça.
Les mineurs travaillent à la force musculaire pour charger et décharger les blocs de pierre dans les wagons puis pour les pousser dans la mine. Seuls quelques uns ont des chariots qui fonctionnent avec des batteries… La lumière est artificielle, ils sont tous équipés avec des torches au front. Un conseil, attention à la tête et ne pas taper le casque trop fort comme l’a fait « Romain ». Sinon la lampe se casse et vous vous retrouvez perdu dans l’obscurité complète…
Il fait vraiment très chaud dans les mines...
 Au troisième niveau au fond il fait déjà 40°C, au quatrième niveau plus de 60°C. Bref des conditions de travail qui m’ont rappelées le film « Germinal ». Les ouvriers que nous avons croisés dans la mine entre le 3ième et 4ième niveau sont transpirants, ne parlent pas beaucoup, ne sont pas très aimables, certains sont bourrés, et pour les plus vieux, certains portent des cicatrices sur tout le corps qui en disent long sur la vie qu’ils ont mené. Ce n’était pas vraiment agréable à voir tout ça.
Une fois sorti j’étais vraiment soulagé. Je venais de visiter une mine vraiment dangereuse… Une première mais aussi une dernière. Plus jamais je remettrais les pieds dans un « Enfer » pareil. Impressionnant, choquant tout ça en 2h et eux qui y passent des années à une moyenne de 6 jours pas semaine… Vraiment je me dis qu’une fois de plus j’ai de la chance d’être née là où je suis né…On a passé l’après midi à en parler… Les images pour une fois ne reflètent en rien ce que nous avons vu dans cette mine. Je ne recommande pas la visite tant le site me paraît dangereux… mais l’expérience par contre permet vraiment de prendre conscience de certaines choses qui ne devraient plus exister de nos jours…

L’après midi une fois rentré à l’hôtel on a pris une bonne douche, non pas méritée mais fort agréable. Le problème c’est qu’avec tout ce qu’on a respiré dans cette mine, on ne cessait de sentir ces odeurs de souffre, et d’autres produits peux communs. On avait toujours l’impression d’être dans la mine… De tout ce que j’ai vu de mon voyage, cette visite restera gravée tant elle m’a choquée.

Je devais aller faire un tour sur Internet, c’est là que je me suis rendu compte que nos amies « Helena et Marion » étaient à « Potosi ». Elles ont pu faire la connaissance de nos amis Italiens. On s’est de nouveau fait un bon restaurant. Décidemment en « Bolivie » on ne fait pas d’économies. On se fait juste un peu plus plaisir que dans les autres pays. Une bonne soirée de nouveau, loin de l’enfer de la mine… Comme à leur habitude les italiens se sont bien arrosés de vin et ont terminés la soirée bien joyeux. Au moins les filles n’ont pas mis longtemps à les connaître…

Le lendemain les filles étaient parties sur « Tupiza » faire le tour que nous avions fait dans le « Sur Lipez » quelques jours plus tôt. Pour nous il était temps d’aller sur la plus belle ville de « Bolivie », la ville de « Sucre ». A 3 heures de route, dans l’après midi nous sommes donc partis.
Arrivé sur place à 19h30, dans l’hôtel recommandé par « Helena et Marion », devinez qui je croise. Mon pote « Spag » et sa copine en train de diner. Le monde est vraiment petit dans le monde du voyage. J’étais en train de me dire dans le bus qu’il fallait que je lui écrive pour lui donner les bons plans des différents sites que j’avais visité. Pas eu la peine de se prendre la tête, la chance une nouvelle fois s’en était chargée. On a passé évidemment la soirée à s’échanger les bons plans, à raconter les mauvais. Le lendemain une nouvelle fois on s’est séparé. Pas de grande accolade ; pas la peine, si on se revoit toutes les deux semaines comme ça c’est plus fréquent que ce qu’on fait en France donc bon… Juste un « A la prochaine » et nous étions de nouveau à partir chacun de notre côté.
La mairie de Sucre !!! Pas mal non ? 
Sur les toits de Sucre

Il était temps de visiter la ville de « Sucre ». Elle est vraiment magnifique et y règne une tranquillité bien agréable. Tellement tranquille qu’à part jouer au Pingpong à l’hôtel, ou bien manger les succulentes lasagnes préparées pas nos amis Italiens, il n’y a quand même pas de quoi y  passer plus de deux jours. 
Les amis font les pitres devant le musée de la libération... 
J'approche du carnaval on dirait... 

Sucre vu sur des toits...

Les faignants ou les amoureux de ces villes paisibles s’y sentiront bien. Pour ma part mes jours étaient comptés. Déjà le 9 février, il ne me restait que 7, 8 jours pour être à Rio. Pour me rapprocher du « Brésil », je devais dans un premier temps aller à « Santa Cruz », une ville à 15h de bus environ plus à l’Est.

Il était donc temps de dire au revoir à mes compagnons Belges et Italiens. « Fanny et Romain » devaient rentrer sur « La Paz » pour reprendre dans une dizaine de jours leur avion pour la Belgique, quand à « Luigi et Andres » ils devaient remonter sur « Copacabana » voire le « Lac Titicaca », « le Pérou », puis « l’Equateur ».  Aillant passé de nombreuses semaines là bas, je me suis chargé de leur programmer leur voyage. C’était la moindre des choses, ils ont tout de même cuisiné « Pates à la bolonaise,  Lasagnes, et Café italien pendant les deux derniers jours. Les gérants de l’hôtel ne se sont pas privés d’ailleurs pour demander leur part. On a mangé comme des rois pendant deux jours et retrouver dans nos assiettes des plats Européens, ça fait sacrément plaisir.

Comme toujours les bonnes choses ont une fin. Il était temps de donner de grandes accolades, les mots n’étaient pas faciles à prononcer, je venais tout de même de passer pas loin d’un mois avec les amis Belges. Une des plus belle rencontre de mon voyage et j’espère bien les revoir, en Belgique, ou en France pour partager, bières, frites, et andouillettes. Bien évidemment je n’oublie pas mes amis Italiens chez qui un jour je passerais avec mon VTT pour dévaler les Alpes Italiennes avec eux.
Le sourire au lèvre, mais le cœur serré je suis monté dans mon taxi avec mes nouveaux compagnons de voyage rencontrés à l’hôtel. Deux Nantais « Patrick et Mickael ». Une nouvelle aventure commençait. Direction « Santa Cruz » puis « Le Paraguay ».
Le Paraguay, pas grand chose à y voir... 
Le Paraguay lors du couché de soleil...

A l’heure qu’il est, je suis dans le bus, « Patrick ». Il me raconte dix milles conneries pour me déconcentrer, espérant que quelques unes de ces imbécilités apparaitront dans mon blog. Voilà chose faite vu la quantité de fautes qu’il doit y avoir dans ce récit. Veuillez m’en excuser !!! Il vous embrasse et vous souhaite tout le bonheur du monde. Signé « Pat ». On vient de passer deux nuits dans les bus. Un premier à « Santa Cruz », puis un second de « Santa Cruz » à « Asucion » la capitale au Paraguay. De là, on a passé une courte nuit à l’hôtel pour prendre un dernier bus, celui dans lequel je me trouve en ce moment. On est sur le point d’arriver à la « Ciudad de l’Este », une petite ville à la frontière entre le Nord de « l’Argentine » et le sud du « Brésil ». Dans quelques heures nous allions aller visiter le « Barrage hydroélectrique de « Itaipu », mais surtout ensuite les « chutes d’Iguaçu ».
Mickael et Patrick dans le bus, qu'il faisait chaud, rien à voir dehors, pas de télé, pas de clim, 27h de bus mémorables... 
Une seule chose à faire dans le bus... Dormir ou rédiger le blog...

Il est temps pour moi de vous laisser, je dois ranger l’ordinateur, on est enfin arrivé. En plus de ça il fait très chaud et l’ordinateur me chauffe les jambes.
Je vous dit à dans quelques jours ou semaines, car les jours à venir vont êtres intenses.

Je vous embrasse,

Nico le vagabond.









Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire