lundi 30 avril 2012

Uruguay - Un mois tout simplement exceptionnel


Me revoilà parti vers de nouvelles aventures un peu plus au Sud. Je devais prendre l’avion de « Rio de Janeiro » jusqu’à « Porto Alegre » à quelques heures de la frontière avec l’Uruguay. Je suis arrivé à 11h00 au terminal de bus de Porto Alegre. Je souhaitais me rendre à « Punta del Diablo » un village de pêcheurs situé à 20km de « Chuy ».  Pour cela je devais donc prendre un bus. Sur internet ils disaient qu’il y en a un toutes les heures. Je ne sais pas qui a mis le site à jour mais il y avait 2 bus par jour, un à 20h30 et l’autre un peu plus tard. J’ai donc fait le pigeon pendant quelques heures dans le terminal… Il n’y avait absolument rien à visiter dans cette ville. A part de gros bateaux pétroliers et de transport de marchandise, c’était à peu prêt tout. Heureusement un uruguayen était dans la même situation que moi et nous avons passé l’après midi ensemble. Mais que le temps à paru long…  Je suis arrivé à 4h du matin à « Chuy ». Pas de bus avant 5h45 du matin pour « Punta del Diablo ». J’ai donc marché quelques heures pour connaître la ville. A part le fait que cette ville sépare le côté Uruguayen du coté Brésilien par une grande avenue, il n’y a rien d’autre que des magasins qui ouvrent tard dans la matinée… Mais bon ça m’a occupé jusqu’à ce que le bus arrive. Finalement à 7h00 du matin j’étais enfin à destination. 24h de voyage au lieu de 10 prévues… Bref, arrivé fatigué, j’ai rapidement demandé aux locaux où je pouvais dormir pour un prix raisonnable. Ils m’ont recommandé «l’auberge de jeunesse « Hostal del Diablo ». Tenue par un américain, je n’étais pas vraiment pour mais vu le prix, je m’y suis installé.
Ma première matinée à consisté à profiter des plages et à marcher dans le village pour prendre mes repères. 
Punta del Diablo et sa plage de pêcheurs
La plage de "Playa Grade" magnifique !!!
En plus de ça je suis arrivé au bon moment dans ce village. Les vacances sont terminées, les rues sont vides de touristes ou quasiment. Nous étions 5 sur une plage de 4km de long. La mer était calme, rien de tel pour faire une petite sieste au soleil qui finalement aura durée quelques heures… Avant le couché du soleil je suis tranquillement rentré à l’hôtel. Quelle surprise il était plein de touristes. Je suis arrivé tellement tôt le matin que je n’avais croisé personne. Nous avons passé la soirée tous ensemble à jouer aux cartes jusqu’à ce que « Melissa » une guide vienne prospecter des touristes pour une marche le lendemain matin. Il s’agissait de marcher sur 15km le long de différentes plages et de nous informer sur les différents animaux et plantes que nous allions croiser. Pour un prix très raisonnable j’ai décidé de suivre et je suis donc parti me coucher après cela.
Il est 9h lorsque nous sommes parti dans une camionnette vieille des années 70. Avec le chauffeur et la guide nous étions au total 8 touristes. Après 25 minutes de voiture et la traversée du parc national de « Santa Teresa » nous sommes arrivé au bord de la plage. 
Les cormorans de Punta del Diablo

A la recherche d'or ? non non juste de souvenirs

Une des plages de La Rocha !!! 
Au loin, au Sud on apercevait le phare de « Punta del Diablo » et au Nord s’étendait une plage à perte de vue. Le soleil était au rendez-vous, le vent soufflait suffisamment pour que nous ne mourrions pas de chaud, la journée s’annonçait belle.
Nous avons donc commencé à marcher sur la plage croisant des dizaines d’oiseaux comme le cormoran, ou bien des mouettes, des cigognes, et bien d’autres dont les noms me sont sortis de la tête. Mais voici un lien qui vous montrera un peu tout ce que j’ai vu en Uruguay http://avesdeuruguay.blogspot.com. Il y a aussi les crabes, les couleuvres, et des centaines de coquillages qui se sont échoués sur la plage. Je serais en vacances, je serais rentré avec une magnifique collection de coquillages. Mais ce n’est pas tout, nous avons aussi croisé des animaux morts que la marée a transportée jusque sur la plage comme des pingouins, des bébés phoques et des tortues. « Melissa » m’a également parlé toute la journée d’une ONG qui s’occupe des tortues. Nous allions passer en fin de journée à cette ONG dans laquelle est a travaillé. Elle m’en a tellement parlé que quand nous sommes arrivé au centre j’ai demandé s’ils étaient à la recherche de volontaires. Sans se faire prier j’ai effectué la réservation et le dimanche soir j’allais rejoindre l’ONG de « Karumbe » dont le site internet est http://www.karumbe.org/web/frances.htm. Avant de me rendre là bas je souhaitais passer un jour supplémentaire à « Punta del Diablo ». Les vagues là bas étaient belles et je comptais faire une session de surf. Seulement le jour « J » les vagues étaient telles que j’ai préféré me résigner. Du coup direction de nouveau la plage de « Playa Grande ». Les vagues là bas étaient moins fortes mais surtout lorsque je suis arrivé j’ai aperçu les dauphins qui s’amusaient à surfer les vagues. Quand je suis entré à l’eau, ils s’étaient enfuis un peu plus loin dans la baie. J’ai bien essayé de les rejoindre à la nage mais c’était peine perdue. J’ai passé l’après-midi à les attendre mais comme bien souvent, les animaux sont actifs tôt le matin et beaucoup moins l’après-midi. J’ai donc fait demi tour en fin d’après-midi à l’hôtel. Une bonne douche, et un bon repas et il était temps de prendre le bus pour me rendre dans le village de « La Coronilla ».

Il fallait vraiment être motivé pour se rendre là bas. J’ai du attendre 2h30 dans le noir qu’un bus arrive. Le premier était tombé en panne, le second était plein, et finalement je suis monté dans le troisième… Je suis arrivé à 21h30 à l’ONG. Tout le monde était en train de diner. Les volontaires étaient nombreux, au moins 15 personnes étaient rassemblées autour de la table. J’avais beau avoir déjà mangé, ça sentait tellement bon que je me suis laissé tenter par la soupe de soja. Il était tard, j’ai tout juste le temps de faire un petit peu connaissance et surtout d’écouter  « Danny » un des responsables de l’ONG « Karumbe » qui nous  présentait le planning du lendemain, et il était temps d’aller se coucher.

6h30 le réveil sonne pour les premiers volontaires qui doivent aller travailler. Pour ma part ils ont été tolérants et j’ai du me lever à 7h30 puisque j’avais été placé dans le groupe de l’après-midi. Etant donné que je dormais dans un dortoir avec un australien d’une taille gigantesque, je dormais avec les bouchons. J’avais demandé au staff de venir me réveiller. C’est finalement « Lucia » une volontaire qui s’en ai chargée les 12 jours où je suis resté là bas… Motivée pour prendre une douche tous les matins avant que tout le monde se lève, elle était contente d’avoir quelque chose à faire.
Le centre de Karumbe
Les vaches sur la plage, non non ce n'est pas une erreur


Allez allez on installe le filet de pêche
Ainsi le matin la première équipe était chargée d’aller installer le filet de pêche pour capturer les tortues. Nous pendant ce temps devions nettoyer le centre, et surtout devions nous occuper des tortues qui avaient été capturées au préalable. Changer leur eau, les laver, faire des massages, laver les bassines, leur donner à manger, et enfin préparer le repas de midi pour un peu plus de 20 personnes. 
On écoute les instructions du chef, oui mais on rigole quand même
Nico l'instructeur à propos des tortues


Gabi fait une présentation de l'étude de la tortue, non non ce n'est pas du sang sur la boîte...

Il faut aussi s’occuper du magasin et recevoir les visiteurs, et leur enseigner ce que nous savons et notre rôle. Les premières fois ça n’a pas été évident mais il y avait toujours quelqu’un qui avait un peu d’expérience pour faire la visite. De là il suffisait d’écouter pour apprendre et ensuite de le répéter. La troisième journée n’aillant pas pu aller capturer, « Danny » s’est chargé de nous donner une formation très complète. Après ça nous étions prêt pour recevoir les visiteurs correctement et répondre à toutes leurs questions. Bref comme vous le voyez, nous avions tout un tas de tâches pour nous occuper jusqu’à ce qu’à 12h30. Il était alors temps de nous diriger vers « Cerro Verde », une plage à environ 5km du centre où les tortues viennent s’alimenter. C’est un lieu situé dans la réserve naturelle de « Cero Verde ». Créée il y a quelques dizaines d’années, beaucoup de gens viennent encore avec leur véhicule sur la plage même si cela est interdit. C’est un autre problème que « Karumbe » tente de résoudre. Faire comprendre aux gens que ce lieu est maintenant une réserve et que si les gens veulent continuer à voir autant d’animaux, ils doivent respecter la réserve. Le problème c’est que la commune n’est pas en accord et organise des tours en voiture là bas… Bref un combat compliqué comme souvent c’est le cas…
Lors du premier jour de capture, c’est là qu’a commencé réellement mon initiation. « Danny » et « Gaby » m’ont aidé à capturer ma première tortue. C’est tout un savoir. Il faut dans un premier temps apprendre à la sortir du filet sans la blesser et sans trop endommager le filet. Ensuite il faut la donner à un autre nageur qui va la rapatrier à une ultime personne au bord de la plage. C’est assez physique et heureusement nous étions nombreux puisqu’il est arrivé qu’en une journée nous en capturions plus d’une dizaine. Les tortues vont alors rester un bon moment hors de l’eau pour que nous puissions vérifier leur état de santé. La plupart des tortues que nous avons capturées sont des tortues qui n’ont pas encore atteint l’âge adulte. Elles pesaient de 2 à 15 kg… et il était donc impossible de déterminer leur sexe.

Ma première capture, elle est pas belle la NicoTortuga??
La première chose à réaliser pour l’analyse de l’animal est de vérifier s’il a déjà été capturé. Pour ça sur ses ailes il doit y avoir des plaques de métal ou bien des cicatrices de ces plaques qui ont une durée de vie d’environ 5 ans alors que les tortues ont une durée de vie de plus de 100 ans pour les plus chanceuses. Si la tortue a déjà été capturée les tests que nous réalisons consiste premièrement à vérifier d’où elle provient pour ça il existe une base de donnée internationale. Avec la plaque il est facile de la retrouver. Sinon il faut regarder les photos de sa tête et de sa carapace et les comparer. Chaque tortue est unique et la photo permet de l’identifier. En revanche si la tortue n’a jamais été capturée l‘équipe effectue tout un tas de mesures comme la taille de la carapace dessus et dessous, la taille de la queue, la taille de la tête… On prend également les photos de la tête de la carapace des deux côtés, et enfin on la pèse.  Enfin il faut la laver de tous les animaux qui ont pu s’installer sur sa carapace comme les œufs de moules par exemple. Pour ça on la nettoie avec de l’alcool. Il y a aussi parfois des traces de tumeurs dans ce cas là elle va directement au centre pour être soignée. Enfin les experts relèvent leur ADN en effectuant une prise de sang. Pas facile de faire la prise de sang… Impossible de voir les veines il faut donc prendre son mal en patience… Cette prise de sang ils la réalise pour voir l’évolution de l’ADN des tortues. Avec tous les produits chimiques qu’on trouve dans l’eau, les scientifiques essayent de comprendre l’impacte sur les animaux marins et la façon la plus efficace est de relever leur ADN. A « La Coronilla », il y a un canal artificiel qui déverse dans l’océan de l’eau douce qui contient tout un tas de produits chimiques , d’algues et d’animaux qui n’ont rien à faire dans l’eau salée. En plus de ça il a tellement mal été construit que des maisons commence à s’effondrer, il n’y a pas de traitement de l’eau et les ordures arrivent directement sur la plage de « la Coronilla » ce qui à long terme va détruire tout un écosystème. C’est un autre sujet que « Karumbe » avec quelques habitants tente de résoudre… Une longue bataille s’annonce puisque ce canal permet d’éviter de nombreuses inondations dans le pays et que d’autres canaux comme celui-ci sont en voie d’être construits… Bref revenons-en à nos tortues. Si celle-ci paraît en bonne santé, alors nous allons la marquer par les fameuses plaques de métal. Pour les tortues qui paraissaient en mauvaise santé nous les rapatrions au centre pour les soigner. Les moyens du centre sont rudimentaires puisque le gouvernement ne fourni aucune aide. A « Montevideo » le centre « Karumbe » se trouve dans le Zoo. Il existe donc plus d ‘équipements pour soigner les tortues, mais pour m’être rendu là bas un peu plus tard, ça reste rudimentaire. Ainsi, dans le cas où le diagnostique du problème que rencontre la tortue n’est pas concluant, celle-ci est alors envoyée au centre de « Montevideo ». En espérant qu’ils puissent la sauver. La plupart retournent à la mer, mais il y a des fois ou il est trop tard pour la sauver…
Pendant mes quelques jours là bas nous avons capturé plus de 30 tortues, et avons réalisé 3 recaptures dont une tortue qui avait été capturée il y a plus de 3 ans.
C’est un travail passionnant et très intéressant. D’une part, c’est un travail qui est valorisant. D’autre part le cadre de travail est absolument magnifique et l’équipe est soudée. « Danny » avait organisé le centre de telle manière que chacun puisse profiter et apprendre un maximum tout en participant du mieux qu’il pouvait. Un vrai travail d’équipe. Beaucoup de sociétés devraient apprendre à manager ainsi… Nous étions soudés et je peux vous assurer que relâcher ces tortues après en avoir pris soin que ce soit pour quelques heures ou quelques jours, c’était un moment émouvant. Il y a aussi les paries sur tout et n’importe quoi. Combien pèse la tortue, quelle est la tortue qui va gagner pour retourner en premier à l’eau, … On s’amusait tout en travaillant. Un vrai bonheur.


Moi m'occupant des enfants lors du festival de pêche à Punta del Diablo
Au cours de ces quelques jours, j’ai eu également la chance de participer au « Festival de la pêche » qui se déroulait à « Punta del Diablo ». 
Il s’agissait d’aller présenter le centre de « Karumbe » aux touristes, de leur enseigner un peu les problèmes que rencontrent les tortues et les espèces maritimes en général. Une sensibilisation surtout pour les plus jeunes qui étaient très content de voir de prêt une tortue. Pour ça nous nous sommes donc rendu au village voisin, accompagné de « Gaby, Katie, et de 3 canadiennes ». Nous avons passé l’après-midi sur la plage en compagnie de nombreux enfants très excités. 

Cette tortue nous devions la relâcher en fin d’après midi. L’important dans la démarche n’était pas que de rendre les enfants heureux. Notre but était de leur faire comprendre comment l’homme par ses agissements est capable de perturber considérablement l’écosystème. Par exemple, les statistiques disent que la plupart des tortues meurent de sacs plastiques qu’elles ingèrent en grande quantité. Elles ne font pas la différence entre les algues et le plastique. Cela a pour effet d’obstruer leur appareil digestif. Elles ne sont alors plus capables de s’alimenter et meurent. Ce n’est que quand la marée monte qu’on retrouve ces tortues sur la plage pour la plupart en très mauvaise santé voir mortes. Etant donné que beaucoup de tortues se retrouvent sur la plage, ce qui n’est pas normal, il faut aussi leur enseigner ce qu’il faut faire dans ce cas là. C’est valable pour beaucoup d’animaux maritimes… En réalisant cette sensibilisation, on espère qu’ils agiront en conséquence dans le futur puisqu’ils sont ceux qui feront notre futur…

Les enfants, les parents tous veulent voir la tortue
Lorsqu’est venu le moment de la libération nous avions organisé quelques jeux. Des dizaines de personnes se sont rassemblés pour y participer. J’ai d’ailleurs une chanson bien marrante à vous enseigner les enfants. 









Ce n’est qu’en fin d’après-midi que la tortue a été remise à l’eau. Ce fût tout un spectacle. Elle avait une énergie impressionnante. Normalement elles vont lentement à l’eau. Celle ci en s’aidant de ses ailes sautait. On a même eu peur qu’elle se retrouve sur la carapace. Mais non tout s’est bien déroulé. Ce fut une explosion de joie. Un vrai moment de bonheur pour tous. Cette journée avec les enfants a été vraiment enrichissante sur bien des points. Un bien beau souvenir que les photos et ce message ne peuvent que refléter brièvement.


Une libération de tortues de nuit
Le dernier jour j’ai demandé d’avoir un jour libre. Un local de la commune de « La Coronilla » allait m’enseigner la pêche à la mouche. On a passé toute l’après-midi à pratiquer le lancé. Je peux vous dire que je suis bien loin de sortir mon premier poisson avec ce type de pêche. Mais j’avais envi depuis très longtemps de l’apprendre et ces premières heures de pêche à la mouche n’ont été qu’une mise en bouche. J’en redemande. Donc vous le savez, quand je rentre en France je m’y met sérieusement. Merci à « Raul » pour cette belle après-midi et tout ce savoir qu’il m’a enseigné.


Une soirée ASADO !!! On s'est régalé, vous vous en doutez


Comme vous pouvez le voir, ces quelques jours passés à « La Coronilla » ont été remplis de belles expériences qui font parties des plus belles au cours de ce voyage. Mais ce n’est pas tout. C’est aussi le groupe qui s’était formé. Une magnifique entente entre nous tous, de la joie, de la générosité et vraiment que de bons souvenirs. Que se soit pour les tâches ménagères ou pour s’amuser tout le monde participait. J’ai enseigné je ne sais combien de jeux de cartes, pour au final toujours perdre… Des recettes de cuisine j’en ai appris de partout. Vraiment au cours de ces quelques jours il y a eu un échange culturel des plus naturel et des plus beaux de mon voyage. Nous y avons tous gagné à donner de notre personne. Il va de soit que nous avons tous gardé contact. Formé d’Australien, de Canadiens, d’anglais, d’Argentins, Espagnols, Uruguayens, Québécois, Français… vraiment on a tous pris beaucoup de plaisir et il n’a pas été évident de nous séparer. Entre larmes et joie, les sentiments et les liens qui s’étaient formées étaient forts. C’est d’ailleurs pour ça que nous allions nous retrouver de nouveau au cours de mon voyage. Un immense merci donc à « Karumbe » et tout particulièrement au staff « Danny, Gabi, Karine » qui m’ont permis de passer quelques jours mémorables à tout point de vue.

L'équipe de Karumbe - Vamos EQUIPOOOOOO !!! 
Il était temps de mettre les voiles et de repartir vers de nouvelles aventures. J’avais décidé de me rendre dans un petit village de pêcheurs perdu en Uruguay, le village de « Cabo Polonio ».
Situé dans une autre réserve naturelle, il n’y a pas d’électricité. Les quelques maisons utilisent des panneaux solaires et en guise de lumières quelques diodes. Seul le phare est alimenté en électricité. Une soixantaine de personnes y vivent à l’année. 
Je suis arrivé là bas après l’été lorsque les touristes ont laissé place aux plages et dunes de sable désertes. Pas un chat à l’horizon. J’ai juste croisé quelques touristes et surtout des phoques et des centaines d’oiseaux. Arrivé tôt le matin, j’ai posé mes sacs dans une auberge de jeunesse qui paraissait plus une maison familiale et je suis parti avec mes sandwichs. 







J’ai marché sur les dunes de sables et sur la plage pendant plusieurs heures. Le paysage était splendide, mais lorsque je suis arrivé au sommet de la plus haute dune après 3 heures de marche il était tout simplement spectaculaire. 
Les phoques de Cabo Polonio
A gauche des dunes à perte de vue tel le « désert du Sahara », derrière moi se trouvait l’océan d’un bleu et d’une transparence à laisser rêveur, A ma droite j’apercevais le petit village de « Valizas » et enfin devant moi une longue et belle forêt de pins. Ce n’est qu’en fin d’après midi que je suis rentré à l’hôtel.





Le temps de prendre une bonne douche après toutes ces heures passé au soleil puis je suis reparti pour aller visiter le phare et profiter à sa cime du couché de soleil sur le village de « Cabo Polonio » et ses phoques.
Le phare de Cabo Polonio



Lorsque je suis rentré à l’hôtel, le gérant et son fils m’ont proposé avec deux autres touristes de manger tous ensemble un bon plat typique. 
Dans l'hotel, une belle soirée à Cabo Polonio










La soupe de rognons aux légumes. Bien évidemment ils n’ont pas oublié le vin et les bières… Nous avons passé la soirée tous ensemble. Tard le soir, de nuit, on a même été pêcher. Jamais je n’avais pêché comme cela. Equipé d’une lampe torche et d’une épuisette nous avons capturé quelques « Raies Mantas ». Trop petites pour être mangées, nous les avons remis à l’eau mais ce fût impressionnant. En quelques minutes nous en avions plus d’une dizaine… Facile et efficace comme technique de pêche non ?
Il état tard, j’étais de nouveau fatigué par cette longue journée de marche sous un soleil de plomb. Le bus pour la capitale « Montevideo » partait tôt le matin à 7h30 ce qui n’aidait pas. Il était donc temps de dormir. J’ai vraiment aimé cet accueil à l’auberge de jeunesse. Manger tous ensemble et ne pas se battre pour la cuisine, passer un moment comme celui là avec les locaux était vraiment encore une fois un beau souvenir…
Je peux vous dire maintenant que cela se vit presque partout en Uruguay J Mais le temps me manquait et je suis donc parti pour « Montevideo ».  Là bas les amis de « Karumbe » m’attendaient. Je devais arriver en début d’après midi, finalement je suis arrivé à 16h… Je ne sais pas pourquoi puisque j’ai dormi tout le long du trajet… Mais les amis étaient de nouveau occupés par l’université et je me suis donc rendu avec tous mes sacs au centre de « Karumbe » qui se trouvait à quelques minutes du terminal dans le zoo. Là bas j’y ai retrouvé mes amis Argentins « Manue et Gonzalo » ainsi que « Danny et Gabi ». On a passé la fin d’après midi ensemble jusqu’à ce que mes amis « Uruguayens » sortent de l’université et du travail. On est alors tous allé chez « Mati » pour commencer la soirée puis direction le centre de « Montevideo » et ses bars où peu de gens se trouvent dans le bar mais plutôt dans la rue. Il faut dire que cette ville ne ressemble en rien à une capitale.

Mati, Nico et Fede me font visiter Montevideo
y
"Tu cosas Bien ? La casa Bien ? El pero Bien ? Bueno"
porque "NO PUEDO CREER"


La ramblas de Montevideo
Il n’y a pas de trafic, la plage est splendide et propre, les gens sont patients et accueillants… Bref on a passé quelques heures là bas avant de rentrer nous coucher.












Mati au centre, son père à droite, et un ami du père à gauche
Le lendemain le père de « Mati » nous a invité à un barbecue typique avec tous ses amis. J’allais manger mon second « Asado » en une semaine. 
C’est de la viande rouge avec de la salade le tout cuisiné avec du sel au barbecue. On s’est régalé mais on s’est aussi bien amusé. Les amis de son père avaient tous entre 45 et 75 ans. Des gens qui je vous l’assure avaient une sacrée énergie malgré tout ce qu’ils avaient bu… Autour de verres de whisky à l’eau, et de bières, ils racontaient milles histoires, se mettaient à chanter, à rire… Une ambiance très festive. On est resté avec eux jusqu’à ce que mes amis « Fede et Nico » arrivent en voiture. 


Il était temps d’aller prendre quelques photos de la ville et de connaître la côte de « Montevideo » qui se nomme « Las Ramblas ». Rien à voir avec ceux de « Barcelone ». J’ai adoré les parques et les jardins au bord de la mer. Ce n’est pas comme en Europe où on utilise jusqu’au dernier centimètre carré l’espace vert. Non dans « Montevideo » il y a beaucoup d’espaces verts, de maisons avec jardins, et finalement il y a peu d’édifices qui viennent chatouiller le ciel. 
Cette ville est vraiment tranquille. Seulement 1.5 millions de personnes y vivent, soit un peu moins de la moitié de la population d’Uruguay, mais ça ne se remarque pas. Après ça nous nous sommes rendu à un concert d’un groupe d'Uruguay « Once Tiros » au bord de la plage. Tous les samedis soir il y a un concert gratuit là bas. Des centaines de personnes se rassemblent pour danser et boire quelques bières. Après ça, le père de « Mati » de nouveau organisait un barbecue mais cette fois ci en famille avec ses enfants et sa femme. Vous commencez à comprendre ce qu’est la culture Uruguayenne. Les gens reçoivent avec plaisir pour manger un bon « Asado ». Mais avant « l’ Asado » il y a l’apéritif. Et qu’est ce qu’on y mange ? Chorizzo, fromage fondu et pain frais. Bref encore une belle soirée que nous avons passé là. Je suis sorti de table le ventre plus que plein. Boire n’était plus une option. J’étais comme on dit « FULL ». Mais la soirée ne s’arrêtait pas là. Des amis nous avaient invité à passer la soirée dans leur maison. Pour nous y rendre rien de tel qu’une longue marche digestive d’une heure. Mais je pense que, fatigué par tant de nourriture, je n’ai pas pu tenir toute la soirée. Avec « Mati » on est rentré pendant que les autres continuaient jusqu’au petit matin… Ici donc en Uruguay, on mange bien, on boit bien et les soirées commencent tard et se terminent tard. C’est très proche de ce qui existe en « Argentine ».
Le lendemain matin le petit frère de « Mati » avait une partie de Basket au gymnase. Un derby… Agé entre 7 et 12 ans ils se débrouillaient déjà pas trop mal. Surtout le petit frère de « Mati » qui m’a fait forte impression. Paniers, rebonds, passent décisives, il a le sens du jeu en équipe et motivé comme il l’’est il pourrait aller loin ce petit. Après ça nous avons fait un tour chez la tante de « Mati » puis chez la grand-mère. On a mangé rapidement puis il était temps de retourner à l’appartement de « Mati ». Celui-ci avait acheté des places pour le concert de « Paul Mc Cartney ». Toute la ville était en effervescence. On écoutait partout des chansons des « Beatles ». Dans les voitures, les bus, les appartements, tout le monde vibrait et ne faisait que parler de ça. Ils sont pour la plupart de grands fans. En plus de ça c’était la première fois qu’une star aussi connue venait en « Uruguay ». 50000 places se sont vendus en 45 minutes. Un record en « Amérique du Sud ». Pour ma part je n’allais pas au concert. Je suis resté à l’appartement avec « Fede »  jouer de la guitare. Passionné de guitare, et surtout faisant parti d’un groupe de musique il m’a enseigné quelques astuces et chansons. Le temps a passé rapidement et dans la soirée je devais prendre le bus pour me rendre à « Salto » la seconde plus grande ville « d’Uruguay » réputé pour ses centres thermales et la pêche. Ce n’était pas un adieu avec mes amis de « Montevideo ». Nous allions nous revoir à la fin de semaine suivante pour visiter le centre historique mais aussi « Neptuña ».

Ce n’est que tard dans la nuit que je suis arrivé à « Salto ». J’ai cherché longtemps une auberge de jeunesse à un pris abordable. Dans la rue avec tous mes sacs, je n’étais pas vraiment en confiance à 5h du matin. Mais dans cette ville il n’y a rien à craindre contrairement à « Montevideo » qui subit une forte hausse de vols ces derniers temps. J’ai du dormir quelques heures avant de me réveiller pour le petit déjeuner. Le lit était abominable, j’avais mal au dos. Direction donc avec les touristes de l’hôtel au « parque aquatique de Salto » où se trouvent de nombreuses piscines thermales. Rien de tel pour se remettre en forme. Nous sommes rentré en fin d’après midi juste le temps pour moi d’aller me renseigner sur la pêche de la Dorade. J’ai bien essayé de me rendre au port et de trouver quelqu’un qui allait m’emmener avec lui, mais rien à y faire. Il fallait passer par un organisme de pêche. Je m’y suis donc rendu et est bouclé le tour pour l’après midi du lendemain.
13h30 la camionnette arrivait. Derrière elle le bateau était attaché. L’équipement de pêche était prêt. Il n’y avait plus qu’à attendre les conseils de « Juan » le pêcheur qui allait m’emmener passer l’après-midi la plus impressionnante de ma vie. Vous le savez tous j’aime la pêche. Mais ce type de pêche c’est la première fois que j’allais le pratiquer. Les dorades sont en grand nombre dans cette région. Il y avait donc une chance que j’en sorte une. Mais ce poisson est capricieux. Il aime les eaux avec beaucoup de courant. En ce moment, c’est la fin de l’été ici. Il n’a donc pas beaucoup plu, et la pêche ne s’annonçait donc pas si facile.  C’était parfait. Je n’aime pas la pêche facile. Peu m’importait d’en attraper un, je voulais juste en sentir un au bout de la ligne pour mesurer l’impressionnante force de poisson. On a passé 4h sur l’eau. Pendant 3 heures rien ne s’est passé. J’en ai tenu un en ligne quelques secondes mais il était tellement loin que je n’ai quasiment rien senti. On a donc persévéré en changeant d’appâts en changeant de coin. Rien à y faire. Ce n’est qu’au dernier coup de lancé ou presque que finalement j’en tenais un. Une bataille d’environ 15 minutes. 
Heureux Non non !! hahaha

Le bateau n’était pas très grand, et tanguais dangereusement au début. Heureusement « Juan » a pris les commandes et a orienté l’embarcation. Sans moteur nous étions en train de remonter le courant. Le poisson avait une force telle qu’il nous tirait nous et le bateau. La canne était pliée à presque 180° lorsque le poisson était proche de l’embarcation. Avec précaution on l’a alors sorti de l’eau. Le temps de prendre quelques photos et le voilà de nouveau à l’eau. Il a tout de même fallu le ré oxygéner pour qu’il reparte. Je pense que la photo parle d’elle même.
Couché de soleil sur la rivière Uruguay à Salto
 L’adrénaline à 200%, le sourire aux lèvres, je venais de vivre une pêche inoubliable. Bien nombreux sont les jaloux qui souhaitent s’y frotter. Alors rendez-vous en Uruguay et vous pourrez gouter à l’une des meilleures pêches au monde.

Après cette formidable expérience il était temps pour moi de rentrer à l’hôtel, manger un dernier bon repas avec tous les touristes. Eh oui en Uruguay, dans les auberges de jeunesse, il est courant qu’on mange tous ensemble. Un système fort pratique et qui plus est fort sympathique. La première soirée à »Salto », un barbecue typique cuisiné par le gérant de l’hôtel. Accompagné de 7 touristes on s’est explosé la pense de chorizo, fromage fondu, de mais, de poivrons et de viande rouge. Tout ça à la braise. Un délice. La seconde soirée je me suis mis à la cuisine. Poisson à la braise sauce au beurre avec haricots vert et pommes de terre et pour le désert, une bonne tarte aux pommes à la cannelle. Encore une fois on s’est régalé. Et le dernier soir, une bonne paella Espagnole. Autant dire qu’on s’est régalé pendant toute la semaine. J’aurais pu ramener la dorade et la cuisiner à la braise mais j’ai préféré la laisser vivre. Une belle bataille mais qui ne méritait pas qu’on la mange, bien au contraire.  Du début à la fin en Uruguay, c’est comme cela que j’aurais passé mes soirées dans les auberges de jeunesse. Je n’y est pas passé beaucoup de soirées je l’avoue mais tout de même, cet accueil fait plaisir…

Bref il était temps pour moi de retourner à « Montevideo ». 6h de bus de jour cette fois ci pour voir le paysage. Autant dire que l’Uruguay, il n’y a pas de montagnes la plus haute étant de 500 mètres de haut, mais le paysage reste beau. Sur des centaines de kilomètres il n’y a rien. Juste des vaches, moutons et cochons qui se partagent tout cet espace verdoyant. Même les quelques villes si je puis dire que j’ai aperçu paraissaient vraiment petites. C’est ce qui fait aussi le charme de l’Uruguay. Sa tranquillité, et l’amabilité des gens que j’ai rencontré tout au cours de ce mois passé dans cet accueillant pays.
De retour à Montevideo je suis retourné à la maison de « Mati ». Je devais y passer 3 jours, mais avec tout ce qu’ils avaient prévu pour moi j’y ai finalement passé une semaine de plus. Direction « Neptuña », à 45 minutes de « Montevideo » dans la maison d’un de leurs amis. 


On y a fait évidemment un « Asado » et on a joué de la guitare jusqu’à ce que mes doigts ne suivent plus. 










Perdu et pourtant si proche de la capitale cet endroit est un petit paradis. Dunes de sables, rivières, pins et une tranquillité… Limite effrayante. Seuls les oiseaux et chiens venaient perturber ce calme. On y a passé la fin de semaine avant de rentrer à « Montevideo ». 







La semaine pendant qu’ils travaillaient moi j’arpentais les rues du quartier historique de « Montevideo » et le soir on se retrouvait tous ensemble pour jouer de la guitare, ou bien se manger un bon diné. Une belle semaine que j’ai encore passé avec eux. On est allé voir la partie de foot du club « Nacional » de « Montevideo », la finale de « basket » où malheureusement pour eux, leur équipe favorite a perdue… On a également passé une soirée supplémentaire avec la famille de « Mati » où on a encore sacrément bien mangé. Je crois que j’ai pris du poids dans ce pays… Enfin il serait normal que j’en ai pris tant on a bien mangé…

La pace de Colonia
A l’heure qu’il est je suis parti pour la ville de « Colonia ». Très jolie, très tranquille, très petite, mais surtout c’est de là que je vais passer en Argentine ce soir. Direction « Buenos Aires ».
Le port touristique de Colonia
Il est temps de vous laisser, nous sommes le Lundi 30 Avril, et le blog est à jour.






















J’espère vous avoir transmis un peu de tous ces magnifiques moments que j’ai pu passer en Uruguay. Un pays que je n’étais pas sûr de visiter mais que je ne regrette en rien d’y avoir mis les pieds. A très bientôt.

Des bises à toutes et tous.

Nico le Vagabond





PS: Un exemplaire des photos de nuit prises à la Coronilla