mardi 17 janvier 2012

Pérou - Lima, puis le fabuleux trek de Choquequiraw




De « Huaraz » à Lima nous avons pris un bus de nuit avec la compagnie « CIAL ». Le premier vrai bus avec sièges inclinables qui m’a enfin permis de passer une bonne nuit. En effet après la Colombie et l’Equateur, je peux vous assurer qu’il y a une grande différence de confort dans les bus du Pérou. Tout d’abord les sièges s’inclinent et presque à 130°, pas mal du tout. En plus de ça vous avez de la place aux jambes. Fantastique. Et enfin on vous donne un petit repas même pour un trajet de 6 heures. Autant dire du grand luxe pour un prix quasi similaire. Une bonne nuit dans un bus c’est rare.

Nous sommes arrivés très tôt à Lima, aux alentours des 6 heures du matin. Là bas je devais retrouver mon ami « Spag » qui vient de « Metz ». Il venait de démarrer avec sa copine leur voyage pour 3 mois et demi en Amérique du Sud. Première étape, « Lima ». J’allais après tout ce temps passé en « Amérique du Sud » voir une tête française connue.  Le problème c’est que malgré Internet on s’était très mal organisé. Je connaissais le nom de leur hôtel mais ils ne nous avaient pas fait de réservation. A 6 heures du matin en plus ils dormaient. Bref leur hôtel étant plein, on a du chercher avec un taxi une auberge de jeunesse. Le problème c’est qu’en Janvier au Pérou c’est la haute saison sur les côtes pacifiques. On a du voir au moins 5 auberges avant finalement de craquer pour un prix exorbitant dans un hôtel situé dans les quartiers chics de Lima. On a payé 3 fois le prix normal. J’étais sur les nerfs et je sentais déjà que nous n’allions pas rester longtemps sur « Lima ».  Au moins on avait un toit pour la nuit et nous allions donc pouvoir commencer tranquillement la visite de la capitale puisque notre habitation n’était pas prête. Il nous fallait attendre 11 heures du matin. Autant dire que nous n’allions pas rester les bras croisés. Nous sommes donc parti arpenter les rues du quartier de « Miraflores », le quartier des touristes.  
Quartier de Miraflores


Pas grand chose à en dire, à part qu’il y a des commerces partout, que les bâtiments sont neufs, et que tous les prix sont très élevés. Seul le « Parc des amours » au bord de la plage laisse penser qu’il y a quelques coins tranquilles à « Lima »… Le plus amusant reste que « Lima » est construite sur une falaise, pour accéder à la plage il faut faire des détours impressionnants… a pied vous pouvez perdre au moins une heure avant de trouver un endroit pour descendre sur la plage. C’est ce qui nous est arrivé…
A 8 heures du matin, on avait fait le tour de ce quartier. On est donc retourné à l’hôtel de mes amis voir s’ils étaient réveillés. Pas de peau, ils ne l’étaient pas. On est donc parti visiter le second quartier touristique de « Barranco ». 
Quartier de Barranco à Lima

Enfin un quartier vraiment sympathique, en tout cas la journée, car les rues sont remplies de bar et discothèques qui laissent penser que le soir c’est une toute autre histoire. La petite rue piétonne le matin est bien tranquille, paisiblement elle nous a conduit jusque sur le sable de la plage, d’où on pouvait apercevoir des centaines de surfeurs en train de glisser sur les vagues. Il n’en reste pas moins qu’en une heure nous avions fait le tour, et de nouveau sommes retournés voir mes amis. Par chance cette fois ci, ils étaient prêts. On les avait loupé de peu une heure avant, mais bon tout s’était arrangé. Nous pouvions aller visiter ensemble tout le centre de « Lima » comme nous l’avions prévu sur internet.
Pour s’y rendre pas mieux que le métro, enfin le bus publique. En un peu moins d’une heure nous y étions.  Pratique ce bus mais seulement aux heures creuses. Aux heures de pointes c’est comme à « Bogota », un ENFER. Impossible d’entrer dans le bus avant d’en avoir laissé passer quelques uns. Un peu comme à Paris aussi, les bons souvenirs sur la ligne 13 à 8 heures le matin quand j’allais au travail…
Direction donc, le centre de « Lima » avec ses édifices coloniaux, ses musés et ses rues en pavés etc. Seulement avant d’y arriver il nous a fallu marcher au moins 20 minutes dans des rues commerçantes. Pas moyen de les éviter. Passage obligé des touristes qui ont gentiment suivi le guide touristique… Celui qui a conçu le métro n’était pas fou… Le tout était de ne pas s’arrêter, surtout pour les filles qui voyaient des prix attractifs et qui étaient à deux doigts de craquer. Surtout « Juana »... Heureusement j’étais là pour faire la police et lui rappeler les objectifs de la journée : « Visiter ».  
Le changement de la garde à Lima devant le palais présidentiel

Nous avons passé la matinée à nous promener dans les rues touristiques, vu le changement de la garde au palais présidentiel, puis nous avons visité un monastère de « San francisco » en dessous duquel il y avait des catacombes qui ont résisté à tous les tremblements de terre. 
Monastère de San Francisco à Lima

Le monastère de « San francisco » tient également une magnifique bibliothèque avec des œuvres qui datent des années 1500. Il était interdit bien évidemment de prendre des photos dans tout le musé. Un musé   fort intéressant quoique parfois un peu ennuyeux surtout quand l’estomac vous rappel qu’il est déjà bien tard dans l’après midi et que le petit déjeuné de 7 heures du matin est loin. Après être sorti du musé, il était donc temps de prendre un bon déjeuner. Rien de tel qu’un plat pas cher pour compenser le prix abusif de l’hôtel que nous allions devoir payer. Le ventre plein nous sommes parti en minibus sur les hauteurs de la ville pour admirer l’étendue de la capitale.  Pour y accéder on a du traverser les favelas, interdiction donc de sortir les appareils photos avant d’arriver sur le site. Pas la peine d’aller chercher les ennuis surtout que « Spag » et moi même étions équipés d’appareils qui attirent rapidement l’attention. Du mirador, la ville parait gigantesque, les cimetières sont immenses, et partout autour de la ville les favelas se sont installées. Au loin, on pouvait distinguer le port, qui paraît lui aussi gigantesque et tout au fond on apercevait des dizaines de pétroliers…
 "Favelas de Lima"
 "Cimetière de Lima"
"Nord de Lima"

Autant dire que cette ville n’est pas faite pour moi. A voir tout cela, je ne m’y sentais pas en sécurité. D’ailleurs tout le monde le dit, « Lima » est une ville dangereuse où il y a beaucoup d’agressions. Les photos parlent d’elles même, avec beaucoup de monde au même endroit et beaucoup de pauvreté par la même occasion, ça ne peut pas en être autrement…
Il ne nous restait plus qu’un parc à visiter et notre visite de « Lima » allait s’achever. On avait tous décidé de quitter la ville le lendemain. Il ne nous en fallait pas plus. Le Pérou est réputé pour ses beaux paysages pas vraiment pour sa capitale. Ce parc est un lieu très prisé, qui tous les soirs effectuent des spectacles de lumières avec des jets d’eau. La partie amusante c’est que pour s’y rendre on y est allé à pied. Pas très loin du centre, proche du stade on s’est dit que ça pouvait se faire surtout qu’on était un groupe composé de 4 personnes. Je peux vous assurer qu’on ne s’est pas vraiment senti en sécurité. A peine nous avions traversé la rue principale qui délimite le centre de la ville que la police avait disparue, les bâtiments devenaient hideux, le trafic s’intensifiait et les rues devenaient sales… Nous n’avons pas sorti les caméras avant d’être dans le parc.



Le parc des jets d'eau à Lima



Les jeux de lumières étaient fabuleux, des gens effectuaient des danses indigènes typiques, les enfants s’amusaient au milieu des jets d’eau. Bien qu’il y avait beaucoup de monde dans le parc, on s’y sentait bien, au calme loin de toute l’agitation métropolitaine. On a du y passer pas loin de 3 heures jusqu’à ce qu’une fois de plus l’estomac ne nous rappelle à l‘ordre.

Il était tard, on avait faim, on était fatigué surtout « Juana » et moi même qui avions vadrouillés toute la journée.
Il était donc temps de souhaiter un bon voyage à mes amis. Eux partaient par le sud le long des côtes. Nous partions directement pour « Cusco », loin enfoncé dans la cordillère, à plus de 1000 km de là. 22 heures de bus nous attendaient le lendemain. Une première dans mon voyage, 22 heures annoncées, qu’allait-il en être réellement quand parfois j’avais passé presque 2 fois plus de temps que prévu dans le bus. Nous appréhendions un petit peu le trajet et avons donc décidé d’opter pour la meilleur compagnie de Bus du Pérou «  Cruz del Sur ». Entre « CIAL » et celle ci il y a une différence de prix de l’ordre de 30%. On allait bien voir si nous avions fait le bon choix ou pas.  

Je n’avais qu’une hâte c’était de monter dans le bus et d’arriver au plus vite à « Cuzco » la capitale des « Incas » d’où nous allions aller visiter le « Machu Pichu ».  Le plan était d’arriver à visiter ce site en faisant la marche des « Incas » sans passer par les agences de tourismes qui demandent un prix délirant. Pour cela je suis passé par le site http://www.couchsurfing.org en espérant trouver des locaux qui allaient nous aider à réaliser notre plan. Nous allions bien voir où cela allait nous mener.  

Après cette longue journée passée dans la capitale, nous sommes donc monté dans notre premier bus « Cruz del Sur ». Les sièges larges, des écouteurs pour regarder les films en toute tranquillité, des toilettes propres… Bref ça valait le coup de mettre le prix. La route entre « Lima » et « Cuzco » est absolument splendide. Les premiers 400 kilomètres se font sur une magnifique route toute neuve qui longe la côte au milieu des dunes de sable. Dans quelques jours es voitures et motos du Dakar allaient s’éclater dans ce magnifique désert. J’aurais bien aimé voir la course mais il en était ainsi, le « Dakar » je le verrais une autre fois, mais une chose est sûre, je ne regrette pas le choix d’aller à « Cuzco » plutôt que d’aller voir le Dakar, vous allez très vite comprendre pourquoi.




Couché de soleil vu du bus, les plages au Sud de Lima

Dans le bus, nous avons assisté à un couché de soleil sur l’océan pacifique qui fait parti des plus beaux que j’ai vu. Les reflets rouges sur les dunes de sables, les palmiers, et une eau un peu agitée qui formait de magnifiques vagues me laissaient rêveur. Après cela, il était temps de fermer les yeux pour les 17 heures de bus qu’il nous restait.

A peine arrivé à « Cuzco » après seulement 21 heures de bus, comme quoi il arrive qu’on gagne du temps plutôt qu’on en perdre, je suis allé de suite sur internet voir les résultats de ma requête sur le site de Couchsurfing. Je n’avais pas de réponse des locaux, mais d’un couple de Belges qui souhaitent réaliser plus ou moins le même parcours que nous. C’est de là qu’a commencé une formidable aventure avec « Fanny et Romain ».

Dans leur email, ils me disaient la chose suivante. « Nous partons demain matin tôt pour aller visiter des ruines « Incas » au site de « Choquequiraw ». Avec nous il y aura deux chiliennes et un Péruano. Rendez-vous à 19 heures devant le Macdonald pour nous organiser. »  J’ai alors rapidement regardé sur Internet les avis et surtout ce qu’était ce site dont je n’avais jamais entendu parler. Ce site est le nouveau petit « Machu Pichu » découvert en 1834 en raison des caractéristiques tant architecturales que fonctionnellesConstruit vraisemblablement durant le règne de l'empereur inca Pachacutec (1438-1471), le site se dresse à plus de 3.000 mètres d'altitude au milieu de la chaîne de montagne de Salkantay, surplombant la vallée du Rio Apurímac qui produit un bruit impressionnant. (Ce n'est autre que le début de la formation du fleuve Amazone). Comme d'habitude, les Incas ont bien choisi leur emplacement et des ruines nous avons vue sur le canyon de l'Apurimac, offrant d'incroyables paysages ! Sur les quelques photos que j’avais vu, les paysages semblaient fabuleux. La décision était prise, si nous pouvions nous organiser dans la soirée, alors nous y allions. 

Il était 19 heures. Devant le Macdonald se trouvaient pas moins de 5 français. Qui était « Fanny » ? Il ne nous a pas fallu longtemps pour nous trouver. Les deux Chiliennes et le Péruano n’étaient pas là. Ils venaient de déclarer forfait, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient rater… Après une courte présentation de chacun d’entre nous, nous avons commencé à voir si nous pouvions nous organiser. Il était 19h30 et nous devions aller louer la tente, les matelas de sol, le réchaud, trouver des couverts, assiettes, verres, tickets de bus, et de la  nourriture. Une vraie course dans « Cuzco » jusqu’à 21h30 mais on y est arrivé. Quand on veut, on peut… Nous avions fixé le rendez-vous le lendemain à 6 heures au terminal de bus. La journée ne s’arrêtait pas pour autant. De retour à l’hôtel, on devait encore organiser les sacs. Pas une mince affaire. Mais avec mon expérience des « Légos » nous avons fini par faire entrer dans les petits sacs tout ce dont nous avions besoin. Les gros sacs allaient rester à l’hôtel car la marche s’annonçait difficile.  Entre 2000 et 3200 mètres d’altitude, presque 80 kilomètres à réaliser, on ne se voyait pas avec 20 kilos dans le dos. Je me demandais comment allait être ma condition physique. Sans acclimatation à l’altitude, j’avais quelques appréhensions. J’allais bien voir de toute façon il était hors de question de faire machine arrière.

C’est ainsi qu’à 6 heures du matin, billets en main nous avons pris le bus. Direction le village de « Cachora San Juan » d’où nous devions commencer la marche. Le seul point d’interrogation que nous avions était de savoir si nous allions trouver un local sur place avec une mule qui allait jouer le rôle de guide. Notre chauffeur nous a déposé à la seule agence de tourisme qu’il y a dans ce village. Ils ne doivent pas dépasser les 300 habitants. La mule devait nous aider à transporter la nourriture et tout notre matériel de camping. Pour 55 sols la journée l’option était trop belle pour que nous puissions profiter pleinement de trek. Crainte effacée en arrivant au village. On a attendu deux heures qu’il soit prêt mais on a finalement pu démarrer sans problèmes la marche après s’être enregistré au poste de police, enfin… si je puis dire. Le bâtiment tenait une pièce en bas, sans fenêtre, et les policiers n’étaient pas en uniforme. Ils allaient faire une partie de foot un peu plus haut dans le village. Sympa comme travail, il était tout de même 14 heures…

Chaussures de montagnes au pied, lacets serrés, dans l’après midi nous allions  réaliser 19 kilomètres, en partant à 2600 MSNM, on devait arriver dans la soirée à 1800 MSNM où nous allions passer notre première nuit dans la tente. C’était la journée la plus facile du trek, une bonne mise en jambe sous un soleil de plomb qui nous laissait perplexe. On était en plein dans la saisons pluies et le simple litre d’eau que nous avions chacun me paraissait bien peu. Heureusement le long du chemin, le guide nous a indiqué quelques chutes d’eau potable. Avec une pastille de stérilisation aucun problème. Plus nous marchions et plus paysage était grandiose.




Tout autour de nous, des montagnes aux parois rocheuses vertigineuses. Au fond du canyon coulait la rivière, à la couleur café au lait, et au puissant courant qui paraissait tout emporter sur son passage. Au loin parfois dégagés, parfois dans les nuages nous apercevions quelques volcans enneigés. Dans les airs quelques perroquets nous accompagnaient en chantant, quelques aigles survolaient la vallée à la recherche certainement d’une proie. Je ne cessais de chercher le condor, mais rien à faire, le premier jour s’achevait. Le soleil se couchait, le froid commençait à nous pincer, et il était temps que nous arrivions au camp installer les tentes et de se préparer un bon souper.


« Romain » était en charge du réchaud, je pense qu’on a bien attendu 30 minutes que l’eau ne se portait toujours pas à ébullition. On commençait à s’inquiéter. Comment allions nous faire ? D’une part l’eau devait bouillir pour tuer les microbes, mais faire cuire du riz ou des soupes dans l'eau à moitié chaude s’annonçait compliqué. Heureusement on a finalement touché au réchaud pour constater que la sortie de gaz était réglée au minimum. Soulagement, nous allions pouvoir manger correctement pendant ces quelques jours.
Les bons touristes que nous sommes, on en a bien rigolé. Voilà ce que c’est que de n’avoir pas fait les scouts. On s’en est tout de même bien sorti je trouve. Les tentes étaient correctement montées et notre ventre était plein. Il était à peine 19h30 mais nous n’avions qu’une envie, dormir. Le second jour de marche cette fois ci s’annonçait costaud. Nous devions descendre de 1800 MSNM à 1600 MSNM sur 2 kilomètres, traverser la rivière sur un pont suspendu, puis monter jusqu’à 3000 MSNM en 7 kilomètres. Ceux qui ont l’habitude de marcher en montagne se moqueront surement, mais pour nous simples touristes de la ville on s’attendait à souffrir.


Il est de nouveau 6 heures du matin que le guide vient nous réveiller. Nous avons une heure pour déjeuner et tout ranger. Un bon petit déjeuné : « Mate de Coca » pour aider avec l’altitude, du pain et de la confiture, un œuf dur suivi d’une banane chacun. Suffisamment et à la fois pas trop pour réaliser la grimpette. Les sacs étaient fait, les tentes rangées, nous étions prêt à transpirer. Ce n’est pas peu dire, jusqu’au pont tout allait bien. La température montait mais c’était encore supportable puisque nous étions à l’ombre. En revanche une fois le pont passé, la végétation se transformait en une sorte de pinède sèche, avec quasiment aucun arbre, les coins d’ombre se faisaient très rares. Sous mon chapeau Colombien je transpirait à grosses goûtes. Après 4 kilomètres de montée, le sac à dos me paraissait peser 20 kilos, et je sentais que le manque d’oxygène ne m’aidait absolument pas. En plus de ça ils ont eu la bonne idée d’installer des bornes tous les kilomètres, qui vous casse le moral. Il vaut mieux monter sans savoir ce qu’il reste à faire, plutôt que complètement cuit, savoir qu’il nous reste encore 3 kilomètres. Les 3 derniers qui plus est sont sur les pentes les plus raides. Je peux vous assurer que sous cette chaleur, monter s’est fait au mental et non à l’énergie. Pour tout le monde ces 3 derniers kilomètres ont été vraiment difficiles. Même « Juana » qui a l’habitude de monter des volcans à plus de 5400 mètres d’altitude souffrait. Ces conditions climatiques étaient un peu extrêmes. Le bon point était qu’au moins il ne pleuvait pas et donc le terrain n’était pas glissant ni dangereux. De plus, plus nous montions et plus les paysages était spectaculaires. 



Nous sommes arrivés exténués au premier campement. En tête avec « Juana », on ne s’est pas pressé pour commencer à cuisiner. On a gentiment attendu « Fanny » et « Romain » pour savoir si on déjeunait là ou bien au prochain campement qui se trouvait 3 kilomètres plus loin. On s’est douté de la réponse en les voyant arriver 15 minutes plus tard.  On a bien du passer 30 minutes à se reposer avant de commencer à songer à cuisiner. Vu l’heure « 12h30 », on était allé quand même relativement vite et il ne servait à rien de se presser. On pouvait dormir là, mais seulement 1h30 supplémentaire de marche nous séparait du campement proche du site de « Choquequiraw ». Nous avons donc pris le temps de nous reposer, et surtout d’admirer les paysages qui nous entouraient. A cette altitude, nous découvrions d’autres sommets enneigés, encore plus hauts que les précédents, et toute cette énergie dépensée prenait son sens. Seuls, isolés dans la montagne avec quelques habitants qui s’étaient installées dans les environs, nous étions loin des touristes qui pullulent à « Cuzco », du bruit des klaxons, des alarmes ou encore des moteurs. Le ciel était d’un bleu comme rarement je l’ai vu, et c’est dans cette atmosphère paradisiaque que tous nos déboires se sont effacés comme par magie. Après un bon déjeuné, nous avons donc réalisé les 3 derniers kilomètres. Ce terrain presque plat ne nous a pourtant pas paru si facile. Repartir à froid, après ces 2 heures de repos n’a pas été évident. Nos jambes étaient lourdes. Mais bon, tranquillement, en admirant les premières ruines et terrasses « Incas » nous avons rejoins le camp.
Terrasse Inca de Choquequiraw

La même terrasse mais vue de loin


La bonne blague lorsque nous sommes arrivés. On était allé à ce camp car nous n’avions pas à payer pour y camper et en plus de ça il y avait des douches, à l’eau froide certes, mais après avoir autant transpiré… le problème c’est qu’à ce camp il y avait deux terrains. L’un était réservé aux touristes comme nous qui venions sans agence de voyage, et l’autre aux touristes qui sont passés par une agence. Et bien notre terrain était incliné. Je ne sais pas si vous avez déjà dormi en tente avec sac de couchage sur un terrain en pente mais c’est vraiment pas génial. Enfin bref, on avait pas vraiment le choix, on allait pas retourner au précédent camp. On voulait être au plus proche du site pour voir le soleil se lever sur le site de « Choququiraw ». On allait bien voir quel type de nuit nous allions passer. Et bien ça n’a pas loupé, une nuit loin d’être excellente pour ne pas être impolis. C’était comme dormir dans un toboggan. On ne pourra pas dire que nous nous sommes bien reposés. On a tellement mal dormi pendant toute la nuit, que la fatigue a pris le dessus en fin de nuit et nous avons raté le levé de soleil. Le guide s’est bien marré en nous voyant sortir de la tente aussi tard. On avait préparé le déjeuné la veille au soir pour rien, quoique c’était toujours ça de moins à faire le matin. Heureusement, lorsque nous avons ouvert la porte de la tente à 7 heures, le temps était couvert. Nous étions dans la brume. On avait rien raté…

Cette journée allait être très tranquille. On devait juste se rendre au site de « Choquequiraw » à 30 minutes du camp, le visiter puis revenir dans l’après midi au camp précédent à environ 1h30. Le guide s’occupait même de démonter et remonter les tentes. Il n’était pas obligé de le faire, mais pour nous rendre service et pour que nous profitions au maximum de cette journée, il nous a rendu ce service.  
Lorsque nous sommes arrivés sur le site, tout était dans la brume. Nous avons marché, vadrouillant au milieu des ruines pendant au moins 2 heures avant que finalement la brume ne se lève… un peu. Pour prendre une photo du site complètement découvert, on a luté. 
Le site de Choquequiraw presque complet dans la brume


Cette photo est la meilleure que nous avons pu prendre…  Mais il y avait autre chose de fort appréciable. Nous étions les seuls sur ce magnifique site archéologique. 
Romain cherche la photo parfaite du site

Le seul animal de compagnie vu sur le site


Pour la première fois de ma vie, je me trouvais sur un site « Inca » extrêmement bien conservé. J’étais encore plus excité qu’avant d’aller visiter le « Machu Pichu ». Les  terrasses étaient en parfait état, on pouvait encore voir les canaux qu’ils avaient construits pour irriguer les cultures qu’ils réalisaient sur ces terrasses. Les maisons et leurs pierres parfaitement taillées s’emboitaient à la perfection donnant cette impression que ces constructions ne sont pas si vieilles que cela. Un travail titanesque qu’ont réalisé les « Incas ». Imaginez vous d’une part monter les blocs de pierres de la rivière jusque là, plus de 2000 mètres de dénivelé. Puis il a fallu les tailler avec une précision chirurgicale. Enfin il fallait les emboiter avec ce système spécifique aux « Incas » qu’on aurait bien fait de conserver quand on voit que ces constructions ont résistés à toutes les intempéries « pluie, vent, neige, végétation tropicale, et tremblements de terre… »

On en a pris plein la vue. Il ne me manquait plus qu’à voir le condor. On nous avait dit qu’il passait au dessus du site entre midi et 14 heures. On a attendu, attendu, attendu, mais non rien à faire ce jour là il a emprunté un autre chemin. On est donc tranquillement redescendu au campement. Arrivé sur place les tentes étaient montées comme prévu. On avait plus qu’à cuisiner notre soupe, accompagnée de riz au thon. Mais avant de souper, pour fêter d’une part la visite de ce magnifique site, les efforts fournis, mais aussi cette belle rencontre que nous avions faite avec les belges, rien de tel qu’une bonne bière. A 5 minutes de marche il y avait un petit commerce. Lorsque la maman nous a vu arriver nous n’avons pas tout compris. Elle parlait un espagnol basique, sa  langue maternelle étant le « Quechua ». Sa fille de 5 ans s’était coupée les doigts assez sévèrement la veille. Ils avaient mis autour de son doigt de l’albumine d’œuf mais sans désinfecter. Evidemment ça avait séché et ça s’était infecté dessous. Nous sommes donc retourné au camp chercher du désinfectant pour nettoyer comme nous pouvions sa plaie. On savait très bien que ce que nous faisions n’allait pas servir à grand chose. Elle allait certainement devoir perdre un doigt. On arrivait pas à retirer l’albumine, la jeune fille pourtant courageuse pleurait, et du pue sortait sans cesse. On leur a laissé des ampoules de désinfectant, des compresses stérilisées. Bref bien peu tant cette gamine devait souffrir. La maman nous a grandement remercié, et nous a fait une petite réduction sur la bière « 1 sol ». Au prix de la bière ce n’était pas énorme, mais bon c’est le geste qui compte. En plus de ça vu l’état de santé de sa fille, une allé retour à l’hôpital nous semblait indispensable. Pour eux c’était hors de question, c’est trop loin et trop cher…

Le ventre serré d’avoir vu cette pauvre enfant souffrir, on n’a finalement pas vraiment apprécié notre bière. Elle avait un goût amer jusqu’au moment où j’ai  levé les yeux au ciel et aperçu au loin dans la vallée un aigle gigantesque en train de remonter dans le ciel par les courants ascendants. Le condor venait de faire son apparition au moment où on s’y attendait plus du tout. Cet oiseau est absolument majestueux. Il a du monter de 2000 à plus de 5000 mètres en quelques minutes sans donner un coup d’aile. Puis aussi rapidement qu’il est apparu il a disparu, plongeant à une vitesse fulgurante dans la vallée pour disparaître derrière les montagnes. La journée ne pouvait pas mieux se terminer. On venait d’en prendre plein la vue pendant 3 jours et cette dernière journée avait vraiment été spectaculaire. A toutes celles et ceux qui sont amoureux comme je le suis des beaux paysages montagneux, je vous recommande fortement ce trek qui fait parti de loin des plus beau que j’ai réalisé jusque là.
Couché de soleil, avant dernière nuit

Le soleil allait se coucher dans environ une heure. Nous avons soupé, puis avons discuté jusqu’à ce que le silence de la nuit ne s’installe. Encore une fois il était relativement tôt, moins de 8 heures. La lune était cachée derrière les montagnes, mais pas les étoiles. Pas un nuage dans le ciel. Tout l’opposé de ce que nous avions eu dans la matinée. Des millions d’étoiles illuminaient le ciel. Un spectacle grandiose que je me suis acharné à prendre en photo dans un froid glacial. La tête pleine de belles images, je suis rentré dans ma tente, et paisiblement je me suis endormi avec un sourire que je n’avais pas perdu en me réveillant. Pourtant cette 4ième journée s’annonçait de nouveau difficile. Pour pouvoir prendre le bus le 5ième jour, nous devions dormir tout prêt du village de « Cachora San Juan ». Nous allions devoir faire la descente, la remonté et les 10 derniers kilomètres dans la même journée ? Au total un peu moins de 28 kilomètres. Passant de 3100 à 1600 puis remontée à 2800.

Nous avons décollé à 8 heures du matin. Encore une fois le soleil tapait fort. La remontée s’annonçait difficile. Heureusement nous nous étions acclimatés à l’altitude. Mâchouillant toute la journée des feuille de « Coca »,  comme des robots nous sommes arrivés à 17h30 au bord du village. 
Romain et fanny se restaurent après la dernière monté
Juana contente de ses exploits


Nico, ne cesse de contempler le paysage


On en avait plein les jambes, mais étions heureux de nos « exploits ». Nous étions vendredi, les villageois avaient terminés de travailler dans les champs. Ils étaient en petits groupes à jouer du TamTam et à partager des verres de « Chicha ». « Romain, Fanny et Juana » passèrent sans problèmes devant eux. 


Et moi qui me fait embarquer à boire de Chica et à jouer du tambourin...


En revanche moi, ils m’ont interpelés. Allez savoir pourquoi, le sourire certainement. Impossible de passer. Je devais partager avec eux la « Chicha », apprendre à jouer de leur instrument… J’ai passé au moins 15 minutes avec eux. Pendant ce temps là les autres installaient leur tente, le soupé… Pas très cool de ma part, je ne voulais pas les laisser faire tout ça… J’ai finalement pu me libérer pour aller les aider. D’autres villageois passèrent devant notre campement, certains s’arrêtaient pour discuter avec notre guide, d’autres venaient nous offrir des bâtons de canne à sucre… Nous étions de retour à la civilisation, mais dans un coin tellement perdu… Enfin au Pérou nous rencontrions des personnes aimables, gentilles qui avaient envi de partager quelques chose avec nous différent de l’argent…
Un dernier couché de soleil, quelques larmes de quitter se magnifique site

Bien fatigués de cette longue marche, nous nous sommes couchés pour partir tôt le lendemain prendre le bus. Nous avons offert un pourboire à notre guide « Samuel » qui nous a vraiment aidé à passer 5 jours formidables. Ce trek n’aurait certainement pas été aussi bien si nous n’avions pas eu ce guide, mais également la présence de nos deux amis belges. Comme on a dit, on s’était bien trouvé. Le même humour, les mêmes envies, toujours souriants, pas difficiles… Vraiment nous venions de passer 5 jours extraordinaires et personne ne voulait que ça s’arrête là. Nous allions rentrer sur « Cuzco » pour nous rendre ensuite au « Machu Pichu », toujours ensemble, et toujours en évitant les agences de voyage… Une belle aventure venait de se terminer pour bientôt en recommencer une autre. Comme on dit, on ne change pas une équipe qui gagne… Mais cette nouvelle aventure, vous vous en doutez, vous la connaîtrez dans le prochain récit.

A très bientôt,

Nico le vagabond.

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