De « Huaraz » à Lima nous avons pris un bus de nuit avec la
compagnie « CIAL ». Le premier vrai bus avec sièges inclinables qui
m’a enfin permis de passer une bonne nuit. En effet après la Colombie et
l’Equateur, je peux vous assurer qu’il y a une grande différence de confort
dans les bus du Pérou. Tout d’abord les sièges s’inclinent et presque à 130°,
pas mal du tout. En plus de ça vous avez de la place aux jambes. Fantastique.
Et enfin on vous donne un petit repas même pour un trajet de 6 heures. Autant dire
du grand luxe pour un prix quasi similaire. Une bonne nuit dans un bus c’est
rare.
Nous sommes arrivés très tôt à Lima, aux alentours des 6 heures du
matin. Là bas je devais retrouver mon ami « Spag » qui vient de « Metz ».
Il venait de démarrer avec sa copine leur voyage pour 3 mois et demi en
Amérique du Sud. Première étape, « Lima ». J’allais après tout ce
temps passé en « Amérique du Sud » voir une tête française
connue. Le problème c’est que malgré
Internet on s’était très mal organisé. Je connaissais le nom de leur hôtel mais
ils ne nous avaient pas fait de réservation. A 6 heures du matin en plus ils
dormaient. Bref leur hôtel étant plein, on a du chercher avec un taxi une
auberge de jeunesse. Le problème c’est qu’en Janvier au Pérou c’est la haute
saison sur les côtes pacifiques. On a du voir au moins 5 auberges avant
finalement de craquer pour un prix exorbitant dans un hôtel situé dans les
quartiers chics de Lima. On a payé 3 fois le prix normal. J’étais sur les nerfs
et je sentais déjà que nous n’allions pas rester longtemps sur « Lima ». Au moins on avait un toit pour la nuit et
nous allions donc pouvoir commencer tranquillement la visite de la capitale
puisque notre habitation n’était pas prête. Il nous fallait attendre 11 heures
du matin. Autant dire que nous n’allions pas rester les bras croisés. Nous
sommes donc parti arpenter les rues du quartier de « Miraflores », le
quartier des touristes.
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| Quartier de Miraflores |
Pas grand chose
à en dire, à part qu’il y a des commerces partout, que les bâtiments sont
neufs, et que tous les prix sont très élevés. Seul le « Parc des
amours » au bord de la plage laisse penser qu’il y a quelques coins
tranquilles à « Lima »… Le plus amusant reste que « Lima »
est construite sur une falaise, pour accéder à la plage il faut faire des
détours impressionnants… a pied vous pouvez perdre au moins une heure avant de
trouver un endroit pour descendre sur la plage. C’est ce qui nous est arrivé…
A 8 heures du matin, on avait fait le tour de ce quartier. On est donc
retourné à l’hôtel de mes amis voir s’ils étaient réveillés. Pas de peau, ils
ne l’étaient pas. On est donc parti visiter le second quartier touristique de «
Barranco ».
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| Quartier de Barranco à Lima |
Enfin un quartier vraiment sympathique, en tout cas la journée, car
les rues sont remplies de bar et discothèques qui laissent penser que le soir
c’est une toute autre histoire. La petite rue piétonne le matin est bien
tranquille, paisiblement elle nous a conduit jusque sur le sable de la plage,
d’où on pouvait apercevoir des centaines de surfeurs en train de glisser sur
les vagues. Il n’en reste pas moins qu’en une heure nous avions fait le tour,
et de nouveau sommes retournés voir mes amis. Par chance cette fois ci, ils
étaient prêts. On les avait loupé de peu une heure avant, mais bon tout s’était
arrangé. Nous pouvions aller visiter ensemble tout le centre de
« Lima » comme nous l’avions prévu sur internet.
Pour s’y rendre pas mieux que le métro, enfin le bus publique. En un
peu moins d’une heure nous y étions.
Pratique ce bus mais seulement aux heures creuses. Aux heures de pointes
c’est comme à « Bogota », un ENFER. Impossible d’entrer dans le bus
avant d’en avoir laissé passer quelques uns. Un peu comme à Paris aussi, les
bons souvenirs sur la ligne 13 à 8 heures le matin quand j’allais au travail…
Direction donc, le centre de « Lima » avec ses édifices
coloniaux, ses musés et ses rues en pavés etc. Seulement avant d’y arriver il
nous a fallu marcher au moins 20 minutes dans des rues commerçantes. Pas moyen
de les éviter. Passage obligé des touristes qui ont gentiment suivi le guide
touristique… Celui qui a conçu le métro n’était pas fou… Le tout était de ne
pas s’arrêter, surtout pour les filles qui voyaient des prix attractifs et qui
étaient à deux doigts de craquer. Surtout « Juana »... Heureusement
j’étais là pour faire la police et lui rappeler les objectifs de la
journée : « Visiter ».
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| Le changement de la garde à Lima devant le palais présidentiel |
Nous avons passé la matinée à nous promener dans les rues touristiques, vu le changement de la garde au palais présidentiel, puis nous avons visité un monastère de « San francisco » en dessous
duquel il y avait des catacombes qui ont résisté à tous les tremblements de
terre.
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| Monastère de San Francisco à Lima |
Le monastère de « San francisco » tient également une
magnifique bibliothèque avec des œuvres qui datent des années 1500. Il était
interdit bien évidemment de prendre des photos dans tout le musé. Un musé fort
intéressant quoique parfois un peu ennuyeux surtout quand l’estomac vous rappel
qu’il est déjà bien tard dans l’après midi et que le petit déjeuné de 7 heures
du matin est loin. Après être sorti du musé, il était donc temps de prendre un
bon déjeuner. Rien de tel qu’un plat pas cher pour compenser le prix abusif de
l’hôtel que nous allions devoir payer. Le ventre plein nous sommes parti en
minibus sur les hauteurs de la ville pour admirer l’étendue de la
capitale. Pour y accéder on a du
traverser les favelas, interdiction donc de sortir les appareils photos avant
d’arriver sur le site. Pas la peine d’aller chercher les ennuis surtout que
« Spag » et moi même étions équipés d’appareils qui attirent
rapidement l’attention. Du mirador, la ville parait gigantesque, les cimetières
sont immenses, et partout autour de la ville les favelas se sont installées. Au
loin, on pouvait distinguer le port, qui paraît lui aussi gigantesque et tout
au fond on apercevait des dizaines de pétroliers…
"Favelas de Lima"
"Cimetière de Lima"
"Nord de Lima"
Autant dire que cette ville n’est pas faite pour moi. A voir tout
cela, je ne m’y sentais pas en sécurité. D’ailleurs tout le monde le dit,
« Lima » est une ville dangereuse où il y a beaucoup d’agressions.
Les photos parlent d’elles même, avec beaucoup de monde au même endroit et
beaucoup de pauvreté par la même occasion, ça ne peut pas en être autrement…
Il ne nous restait plus qu’un parc à visiter et notre visite de
« Lima » allait s’achever. On avait tous décidé de quitter la ville
le lendemain. Il ne nous en fallait pas plus. Le Pérou est réputé pour ses
beaux paysages pas vraiment pour sa capitale. Ce parc est un lieu très prisé,
qui tous les soirs effectuent des spectacles de lumières avec des jets d’eau.
La partie amusante c’est que pour s’y rendre on y est allé à pied. Pas très
loin du centre, proche du stade on s’est dit que ça pouvait se faire surtout
qu’on était un groupe composé de 4 personnes. Je peux vous assurer qu’on ne
s’est pas vraiment senti en sécurité. A peine nous avions traversé la rue
principale qui délimite le centre de la ville que la police avait disparue, les
bâtiments devenaient hideux, le trafic s’intensifiait et les rues devenaient
sales… Nous n’avons pas sorti les caméras avant d’être dans le parc.
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| Le parc des jets d'eau à Lima |
Les jeux de lumières étaient fabuleux, des gens effectuaient des danses
indigènes typiques, les enfants s’amusaient au milieu des jets d’eau. Bien
qu’il y avait beaucoup de monde dans le parc, on s’y sentait bien, au calme
loin de toute l’agitation métropolitaine. On a du y passer pas loin de 3 heures
jusqu’à ce qu’une fois de plus l’estomac ne nous rappelle à l‘ordre.
Il était
tard, on avait faim, on était fatigué surtout « Juana » et moi même
qui avions vadrouillés toute la journée.
Il était donc temps de souhaiter un bon voyage à mes amis. Eux partaient
par le sud le long des côtes. Nous partions directement pour
« Cusco », loin enfoncé dans la cordillère, à plus de 1000 km de là.
22 heures de bus nous attendaient le lendemain. Une première dans mon voyage,
22 heures annoncées, qu’allait-il en être réellement quand parfois j’avais
passé presque 2 fois plus de temps que prévu dans le bus. Nous appréhendions un
petit peu le trajet et avons donc décidé d’opter pour la meilleur compagnie de
Bus du Pérou « Cruz del Sur ». Entre « CIAL » et celle ci
il y a une différence de prix de l’ordre de 30%. On allait bien voir si nous
avions fait le bon choix ou pas.
Je n’avais qu’une hâte c’était de monter dans le bus et d’arriver au
plus vite à « Cuzco » la capitale des « Incas » d’où nous
allions aller visiter le « Machu Pichu ». Le plan était d’arriver à visiter ce site en
faisant la marche des « Incas » sans passer par les agences de
tourismes qui demandent un prix délirant. Pour cela je suis passé par le site http://www.couchsurfing.org en espérant
trouver des locaux qui allaient nous aider à réaliser notre plan. Nous allions
bien voir où cela allait nous mener.
Après cette longue journée passée dans la capitale, nous sommes donc
monté dans notre premier bus « Cruz del Sur ». Les sièges larges, des
écouteurs pour regarder les films en toute tranquillité, des toilettes propres…
Bref ça valait le coup de mettre le prix. La route entre « Lima » et
« Cuzco » est absolument splendide. Les premiers 400 kilomètres se
font sur une magnifique route toute neuve qui longe la côte au milieu des dunes
de sable. Dans quelques jours es voitures et motos du Dakar allaient s’éclater
dans ce magnifique désert. J’aurais bien aimé voir la course mais il en était
ainsi, le « Dakar » je le verrais une autre fois, mais une chose est
sûre, je ne regrette pas le choix d’aller à « Cuzco » plutôt que
d’aller voir le Dakar, vous allez très vite comprendre pourquoi.
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| Couché de soleil vu du bus, les plages au Sud de Lima |
Dans le bus, nous avons assisté à un couché de soleil sur l’océan
pacifique qui fait parti des plus beaux que j’ai vu. Les reflets rouges sur les
dunes de sables, les palmiers, et une eau un peu agitée qui formait de
magnifiques vagues me laissaient rêveur. Après cela, il était temps de fermer
les yeux pour les 17 heures de bus qu’il nous restait.
A peine arrivé à « Cuzco » après seulement 21 heures de bus,
comme quoi il arrive qu’on gagne du temps plutôt qu’on en perdre, je suis allé
de suite sur internet voir les résultats de ma requête sur le site de
Couchsurfing. Je n’avais pas de réponse des locaux, mais d’un couple de Belges
qui souhaitent réaliser plus ou moins le même parcours que nous. C’est de là
qu’a commencé une formidable aventure avec « Fanny et Romain ».
Dans leur email, ils me disaient la chose suivante. « Nous partons demain matin tôt pour aller
visiter des ruines « Incas » au site de « Choquequiraw ». Avec
nous il y aura deux chiliennes et un Péruano. Rendez-vous à 19 heures devant le
Macdonald pour nous organiser. »
J’ai alors rapidement regardé sur Internet les avis et surtout ce
qu’était ce site dont je n’avais jamais entendu parler. Ce site est le nouveau
petit « Machu Pichu » découvert en 1834 en raison des caractéristiques tant architecturales que fonctionnelles. Construit vraisemblablement durant le règne de l'empereur inca Pachacutec (1438-1471), le site se dresse à plus de 3.000 mètres d'altitude au milieu de la chaîne de montagne de Salkantay, surplombant la vallée du Rio Apurímac qui produit un bruit impressionnant. (Ce n'est autre que le début de la formation du fleuve Amazone). Comme d'habitude, les Incas ont bien choisi leur emplacement et des ruines nous avons vue sur le canyon de l'Apurimac, offrant d'incroyables paysages ! Sur les quelques photos que j’avais vu, les paysages semblaient
fabuleux. La décision était prise, si nous pouvions nous organiser dans la
soirée, alors nous y allions.
Il était 19 heures. Devant le Macdonald se trouvaient pas moins de 5
français. Qui était « Fanny » ? Il ne nous a pas fallu longtemps
pour nous trouver. Les deux Chiliennes et le Péruano n’étaient pas là. Ils
venaient de déclarer forfait, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient rater…
Après une courte présentation de chacun d’entre nous, nous avons commencé à
voir si nous pouvions nous organiser. Il était 19h30 et nous devions aller
louer la tente, les matelas de sol, le réchaud, trouver des couverts,
assiettes, verres, tickets de bus, et de la
nourriture. Une vraie course dans « Cuzco » jusqu’à 21h30 mais
on y est arrivé. Quand on veut, on peut… Nous avions fixé le rendez-vous le
lendemain à 6 heures au terminal de bus. La journée ne s’arrêtait pas pour
autant. De retour à l’hôtel, on devait encore organiser les sacs. Pas une mince
affaire. Mais avec mon expérience des « Légos » nous avons fini par
faire entrer dans les petits sacs tout ce dont nous avions besoin. Les gros
sacs allaient rester à l’hôtel car la marche s’annonçait difficile. Entre 2000 et 3200 mètres d’altitude, presque
80 kilomètres à réaliser, on ne se voyait pas avec 20 kilos dans le dos. Je me
demandais comment allait être ma condition physique. Sans acclimatation à
l’altitude, j’avais quelques appréhensions. J’allais bien voir de toute façon
il était hors de question de faire machine arrière.
C’est ainsi qu’à 6 heures du matin, billets en main nous avons pris le
bus. Direction le village de « Cachora San Juan » d’où nous devions
commencer la marche. Le seul point d’interrogation que nous avions était de
savoir si nous allions trouver un local sur place avec une mule qui allait
jouer le rôle de guide. Notre chauffeur nous a déposé à la seule agence de
tourisme qu’il y a dans ce village. Ils ne doivent pas dépasser les 300
habitants. La mule devait nous aider à transporter la nourriture et tout notre
matériel de camping. Pour 55 sols la journée l’option était trop belle pour que
nous puissions profiter pleinement de trek. Crainte effacée en arrivant au
village. On a attendu deux heures qu’il soit prêt mais on a finalement pu démarrer
sans problèmes la marche après s’être enregistré au poste de police, enfin… si
je puis dire. Le bâtiment tenait une pièce en bas, sans fenêtre, et les
policiers n’étaient pas en uniforme. Ils allaient faire une partie de foot un
peu plus haut dans le village. Sympa comme travail, il était tout de même 14
heures…
Chaussures de montagnes au pied, lacets serrés, dans l’après midi nous allions
réaliser 19 kilomètres, en partant à 2600
MSNM, on devait arriver dans la soirée à 1800 MSNM où nous allions passer notre
première nuit dans la tente. C’était la journée la plus facile du trek, une
bonne mise en jambe sous un soleil de plomb qui nous laissait perplexe. On
était en plein dans la saisons pluies et le simple litre d’eau que nous avions
chacun me paraissait bien peu. Heureusement le long du chemin, le guide nous a
indiqué quelques chutes d’eau potable. Avec une pastille de stérilisation aucun
problème. Plus nous marchions et plus paysage était grandiose.
Tout autour de
nous, des montagnes aux parois rocheuses vertigineuses. Au fond du canyon
coulait la rivière, à la couleur café au lait, et au puissant courant qui
paraissait tout emporter sur son passage. Au loin parfois dégagés, parfois dans
les nuages nous apercevions quelques volcans enneigés. Dans les airs quelques
perroquets nous accompagnaient en chantant, quelques aigles survolaient la
vallée à la recherche certainement d’une proie. Je ne cessais de chercher le
condor, mais rien à faire, le premier jour s’achevait. Le soleil se couchait,
le froid commençait à nous pincer, et il était temps que nous arrivions au camp
installer les tentes et de se préparer un bon souper.
« Romain » était en charge du réchaud, je pense qu’on a bien
attendu 30 minutes que l’eau ne se portait toujours pas à ébullition. On
commençait à s’inquiéter. Comment allions nous faire ? D’une part l’eau
devait bouillir pour tuer les microbes, mais faire cuire du riz ou des soupes dans l'eau à moitié chaude s’annonçait compliqué. Heureusement on a finalement touché
au réchaud pour constater que la sortie de gaz était réglée au minimum.
Soulagement, nous allions pouvoir manger correctement pendant ces quelques
jours.
Les bons touristes que nous sommes, on en a bien rigolé. Voilà ce que
c’est que de n’avoir pas fait les scouts. On s’en est tout de même bien sorti
je trouve. Les tentes étaient correctement montées et notre ventre était plein.
Il était à peine 19h30 mais nous n’avions qu’une envie, dormir. Le second jour
de marche cette fois ci s’annonçait costaud. Nous devions descendre de 1800
MSNM à 1600 MSNM sur 2 kilomètres, traverser la rivière sur un pont suspendu,
puis monter jusqu’à 3000 MSNM en 7 kilomètres. Ceux qui ont l’habitude de
marcher en montagne se moqueront surement, mais pour nous simples touristes de
la ville on s’attendait à souffrir.
Il est de nouveau 6 heures du matin que le guide vient nous réveiller. Nous avons une heure pour déjeuner et tout ranger. Un bon petit déjeuné : « Mate de Coca » pour aider avec l’altitude, du pain et de la confiture, un œuf dur suivi d’une banane chacun. Suffisamment et à la fois pas trop pour réaliser la grimpette. Les sacs étaient fait, les tentes rangées, nous étions prêt à transpirer. Ce n’est pas peu dire, jusqu’au pont tout allait bien. La température montait mais c’était encore supportable puisque nous étions à l’ombre. En revanche une fois le pont passé, la végétation se transformait en une sorte de pinède sèche, avec quasiment aucun arbre, les coins d’ombre se faisaient très rares. Sous mon chapeau Colombien je transpirait à grosses goûtes. Après 4 kilomètres de montée, le sac à dos me paraissait peser 20 kilos, et je sentais que le manque d’oxygène ne m’aidait absolument pas. En plus de ça ils ont eu la bonne idée d’installer des bornes tous les kilomètres, qui vous casse le moral. Il vaut mieux monter sans savoir ce qu’il reste à faire, plutôt que complètement cuit, savoir qu’il nous reste encore 3 kilomètres. Les 3 derniers qui plus est sont sur les pentes les plus raides. Je peux vous assurer que sous cette chaleur, monter s’est fait au mental et non à l’énergie. Pour tout le monde ces 3 derniers kilomètres ont été vraiment difficiles. Même « Juana » qui a l’habitude de monter des volcans à plus de 5400 mètres d’altitude souffrait. Ces conditions climatiques étaient un peu extrêmes. Le bon point était qu’au moins il ne pleuvait pas et donc le terrain n’était pas glissant ni dangereux. De plus, plus nous montions et plus les paysages était spectaculaires.
Nous sommes arrivés exténués au premier
campement. En tête avec « Juana », on ne s’est pas pressé pour
commencer à cuisiner. On a gentiment attendu « Fanny » et
« Romain » pour savoir si on déjeunait là ou bien au prochain
campement qui se trouvait 3 kilomètres plus loin. On s’est douté de la réponse
en les voyant arriver 15 minutes plus tard.
On a bien du passer 30 minutes à se reposer avant de commencer à songer
à cuisiner. Vu l’heure « 12h30 », on était allé quand même
relativement vite et il ne servait à rien de se presser. On pouvait dormir là,
mais seulement 1h30 supplémentaire de marche nous séparait du campement proche
du site de « Choquequiraw ». Nous avons donc pris le temps de nous
reposer, et surtout d’admirer les paysages qui nous entouraient. A cette
altitude, nous découvrions d’autres sommets enneigés, encore plus hauts que les
précédents, et toute cette énergie dépensée prenait son sens. Seuls, isolés
dans la montagne avec quelques habitants qui s’étaient installées dans les
environs, nous étions loin des touristes qui pullulent à « Cuzco »,
du bruit des klaxons, des alarmes ou encore des moteurs. Le ciel était d’un
bleu comme rarement je l’ai vu, et c’est dans cette atmosphère paradisiaque que
tous nos déboires se sont effacés comme par magie. Après un bon déjeuné, nous avons
donc réalisé les 3 derniers kilomètres. Ce terrain presque plat ne nous a pourtant
pas paru si facile. Repartir à froid, après ces 2 heures de repos n’a pas été
évident. Nos jambes étaient lourdes. Mais bon, tranquillement, en admirant les
premières ruines et terrasses « Incas » nous avons rejoins le camp.
La bonne blague lorsque nous sommes arrivés. On était allé à ce camp
car nous n’avions pas à payer pour y camper et en plus de ça il y avait des
douches, à l’eau froide certes, mais après avoir autant transpiré… le problème
c’est qu’à ce camp il y avait deux terrains. L’un était réservé aux touristes
comme nous qui venions sans agence de voyage, et l’autre aux touristes qui sont
passés par une agence. Et bien notre terrain était incliné. Je ne sais pas si
vous avez déjà dormi en tente avec sac de couchage sur un terrain en pente mais
c’est vraiment pas génial. Enfin bref, on avait pas vraiment le choix, on
allait pas retourner au précédent camp. On voulait être au plus proche du site
pour voir le soleil se lever sur le site de « Choququiraw ». On
allait bien voir quel type de nuit nous allions passer. Et bien ça n’a pas
loupé, une nuit loin d’être excellente pour ne pas être impolis. C’était comme
dormir dans un toboggan. On ne pourra pas dire que nous nous sommes bien reposés.
On a tellement mal dormi pendant toute la nuit, que la fatigue a pris le dessus
en fin de nuit et nous avons raté le levé de soleil. Le guide s’est bien marré
en nous voyant sortir de la tente aussi tard. On avait préparé le déjeuné la
veille au soir pour rien, quoique c’était toujours ça de moins à faire le
matin. Heureusement, lorsque nous avons ouvert la porte de la tente à 7 heures,
le temps était couvert. Nous étions dans la brume. On avait rien raté…
Cette journée allait être très tranquille. On devait juste se rendre au
site de « Choquequiraw » à 30 minutes du camp, le visiter puis
revenir dans l’après midi au camp précédent à environ 1h30. Le guide s’occupait
même de démonter et remonter les tentes. Il n’était pas obligé de le faire,
mais pour nous rendre service et pour que nous profitions au maximum de cette
journée, il nous a rendu ce service.
Lorsque nous sommes arrivés sur le site, tout était dans la brume. Nous
avons marché, vadrouillant au milieu des ruines pendant au moins 2 heures avant
que finalement la brume ne se lève… un peu. Pour prendre une photo du site
complètement découvert, on a luté.
Cette photo est la meilleure que nous avons pu prendre… Mais il y avait autre chose de fort appréciable. Nous étions les seuls sur ce magnifique site archéologique.
Pour la première fois de ma vie, je me trouvais sur un site « Inca » extrêmement bien conservé. J’étais encore plus excité qu’avant d’aller visiter le « Machu Pichu ». Les terrasses étaient en parfait état, on pouvait encore voir les canaux qu’ils avaient construits pour irriguer les cultures qu’ils réalisaient sur ces terrasses. Les maisons et leurs pierres parfaitement taillées s’emboitaient à la perfection donnant cette impression que ces constructions ne sont pas si vieilles que cela. Un travail titanesque qu’ont réalisé les « Incas ». Imaginez vous d’une part monter les blocs de pierres de la rivière jusque là, plus de 2000 mètres de dénivelé. Puis il a fallu les tailler avec une précision chirurgicale. Enfin il fallait les emboiter avec ce système spécifique aux « Incas » qu’on aurait bien fait de conserver quand on voit que ces constructions ont résistés à toutes les intempéries « pluie, vent, neige, végétation tropicale, et tremblements de terre… »
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| Le site de Choquequiraw presque complet dans la brume |
Cette photo est la meilleure que nous avons pu prendre… Mais il y avait autre chose de fort appréciable. Nous étions les seuls sur ce magnifique site archéologique.
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| Romain cherche la photo parfaite du site |
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| Le seul animal de compagnie vu sur le site |
Pour la première fois de ma vie, je me trouvais sur un site « Inca » extrêmement bien conservé. J’étais encore plus excité qu’avant d’aller visiter le « Machu Pichu ». Les terrasses étaient en parfait état, on pouvait encore voir les canaux qu’ils avaient construits pour irriguer les cultures qu’ils réalisaient sur ces terrasses. Les maisons et leurs pierres parfaitement taillées s’emboitaient à la perfection donnant cette impression que ces constructions ne sont pas si vieilles que cela. Un travail titanesque qu’ont réalisé les « Incas ». Imaginez vous d’une part monter les blocs de pierres de la rivière jusque là, plus de 2000 mètres de dénivelé. Puis il a fallu les tailler avec une précision chirurgicale. Enfin il fallait les emboiter avec ce système spécifique aux « Incas » qu’on aurait bien fait de conserver quand on voit que ces constructions ont résistés à toutes les intempéries « pluie, vent, neige, végétation tropicale, et tremblements de terre… »
On en a pris plein la vue. Il ne me manquait plus qu’à voir le condor.
On nous avait dit qu’il passait au dessus du site entre midi et 14 heures. On a
attendu, attendu, attendu, mais non rien à faire ce jour là il a emprunté un
autre chemin. On est donc tranquillement redescendu au campement. Arrivé sur
place les tentes étaient montées comme prévu. On avait plus qu’à cuisiner notre
soupe, accompagnée de riz au thon. Mais avant de souper, pour fêter d’une part
la visite de ce magnifique site, les efforts fournis, mais aussi cette belle
rencontre que nous avions faite avec les belges, rien de tel qu’une bonne
bière. A 5 minutes de marche il y avait un petit commerce. Lorsque la maman
nous a vu arriver nous n’avons pas tout compris. Elle parlait un espagnol
basique, sa langue maternelle étant le
« Quechua ». Sa fille de 5 ans s’était coupée les doigts assez
sévèrement la veille. Ils avaient mis autour de son doigt de l’albumine d’œuf
mais sans désinfecter. Evidemment ça avait séché et ça s’était infecté dessous.
Nous sommes donc retourné au camp chercher du désinfectant pour nettoyer comme
nous pouvions sa plaie. On savait très bien que ce que nous faisions n’allait
pas servir à grand chose. Elle allait certainement devoir perdre un doigt. On
arrivait pas à retirer l’albumine, la jeune fille pourtant courageuse pleurait,
et du pue sortait sans cesse. On leur a laissé des ampoules de désinfectant,
des compresses stérilisées. Bref bien peu tant cette gamine devait souffrir. La
maman nous a grandement remercié, et nous a fait une petite réduction sur la
bière « 1 sol ». Au prix de la bière ce n’était pas énorme, mais bon
c’est le geste qui compte. En plus de ça vu l’état de santé de sa fille, une
allé retour à l’hôpital nous semblait indispensable. Pour eux c’était hors de
question, c’est trop loin et trop cher…
Le ventre serré d’avoir vu cette pauvre enfant souffrir, on n’a
finalement pas vraiment apprécié notre bière. Elle avait un goût amer jusqu’au
moment où j’ai levé les yeux au ciel et
aperçu au loin dans la vallée un aigle gigantesque en train de remonter dans le
ciel par les courants ascendants. Le condor venait de faire son apparition au
moment où on s’y attendait plus du tout. Cet oiseau est absolument majestueux.
Il a du monter de 2000 à plus de 5000 mètres en quelques minutes sans donner un
coup d’aile. Puis aussi rapidement qu’il est apparu il a disparu, plongeant à
une vitesse fulgurante dans la vallée pour disparaître derrière les montagnes.
La journée ne pouvait pas mieux se terminer. On venait d’en prendre plein la
vue pendant 3 jours et cette dernière journée avait vraiment été spectaculaire.
A toutes celles et ceux qui sont amoureux comme je le suis des beaux paysages
montagneux, je vous recommande fortement ce trek qui fait parti de loin des
plus beau que j’ai réalisé jusque là.
Le soleil allait se coucher dans environ une heure. Nous avons soupé,
puis avons discuté jusqu’à ce que le silence de la nuit ne s’installe. Encore
une fois il était relativement tôt, moins de 8 heures. La lune était cachée
derrière les montagnes, mais pas les étoiles. Pas un nuage dans le ciel. Tout
l’opposé de ce que nous avions eu dans la matinée. Des millions d’étoiles
illuminaient le ciel. Un spectacle grandiose que je me suis acharné à prendre
en photo dans un froid glacial. La tête pleine de belles images, je suis rentré
dans ma tente, et paisiblement je me suis endormi avec un sourire que je
n’avais pas perdu en me réveillant. Pourtant cette 4ième journée
s’annonçait de nouveau difficile. Pour pouvoir prendre le bus le 5ième
jour, nous devions dormir tout prêt du village de « Cachora San Juan ».
Nous allions devoir faire la descente, la remonté et les 10 derniers kilomètres
dans la même journée ? Au total un peu moins de 28 kilomètres. Passant de
3100 à 1600 puis remontée à 2800.
Nous avons décollé à 8 heures du matin. Encore une fois le soleil
tapait fort. La remontée s’annonçait difficile. Heureusement nous nous étions
acclimatés à l’altitude. Mâchouillant toute la journée des feuille de
« Coca », comme des robots
nous sommes arrivés à 17h30 au bord du village.
On en avait plein les jambes, mais étions heureux de nos « exploits ». Nous étions vendredi, les villageois avaient terminés de travailler dans les champs. Ils étaient en petits groupes à jouer du TamTam et à partager des verres de « Chicha ». « Romain, Fanny et Juana » passèrent sans problèmes devant eux.
En revanche moi, ils m’ont interpelés. Allez savoir pourquoi, le sourire certainement. Impossible de passer. Je devais partager avec eux la « Chicha », apprendre à jouer de leur instrument… J’ai passé au moins 15 minutes avec eux. Pendant ce temps là les autres installaient leur tente, le soupé… Pas très cool de ma part, je ne voulais pas les laisser faire tout ça… J’ai finalement pu me libérer pour aller les aider. D’autres villageois passèrent devant notre campement, certains s’arrêtaient pour discuter avec notre guide, d’autres venaient nous offrir des bâtons de canne à sucre… Nous étions de retour à la civilisation, mais dans un coin tellement perdu… Enfin au Pérou nous rencontrions des personnes aimables, gentilles qui avaient envi de partager quelques chose avec nous différent de l’argent…
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| Romain et fanny se restaurent après la dernière monté |
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| Juana contente de ses exploits |
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| Nico, ne cesse de contempler le paysage |
On en avait plein les jambes, mais étions heureux de nos « exploits ». Nous étions vendredi, les villageois avaient terminés de travailler dans les champs. Ils étaient en petits groupes à jouer du TamTam et à partager des verres de « Chicha ». « Romain, Fanny et Juana » passèrent sans problèmes devant eux.
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| Et moi qui me fait embarquer à boire de Chica et à jouer du tambourin... |
En revanche moi, ils m’ont interpelés. Allez savoir pourquoi, le sourire certainement. Impossible de passer. Je devais partager avec eux la « Chicha », apprendre à jouer de leur instrument… J’ai passé au moins 15 minutes avec eux. Pendant ce temps là les autres installaient leur tente, le soupé… Pas très cool de ma part, je ne voulais pas les laisser faire tout ça… J’ai finalement pu me libérer pour aller les aider. D’autres villageois passèrent devant notre campement, certains s’arrêtaient pour discuter avec notre guide, d’autres venaient nous offrir des bâtons de canne à sucre… Nous étions de retour à la civilisation, mais dans un coin tellement perdu… Enfin au Pérou nous rencontrions des personnes aimables, gentilles qui avaient envi de partager quelques chose avec nous différent de l’argent…
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| Un dernier couché de soleil, quelques larmes de quitter se magnifique site |
Bien fatigués de cette longue marche, nous nous sommes couchés pour
partir tôt le lendemain prendre le bus. Nous avons offert un pourboire à notre
guide « Samuel » qui nous a vraiment aidé à passer 5 jours
formidables. Ce trek n’aurait certainement pas été aussi bien si nous n’avions
pas eu ce guide, mais également la présence de nos deux amis belges. Comme on a
dit, on s’était bien trouvé. Le même humour, les mêmes envies, toujours
souriants, pas difficiles… Vraiment nous venions de passer 5 jours
extraordinaires et personne ne voulait que ça s’arrête là. Nous allions rentrer
sur « Cuzco » pour nous rendre ensuite au « Machu Pichu »,
toujours ensemble, et toujours en évitant les agences de voyage… Une belle
aventure venait de se terminer pour bientôt en recommencer une autre. Comme on
dit, on ne change pas une équipe qui gagne… Mais cette nouvelle aventure, vous vous
en doutez, vous la connaîtrez dans le prochain récit.
A très bientôt,
Nico le vagabond.


































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