jeudi 12 janvier 2012

Pérou - Première semaine dans le nord du pérou

Il est midi, on vient de terminer de déjeuner, il est temps pour « Juana » et moi de partir au terminal de bus de Machala pour nous rendre à la frontière du Pérou. A peine le temps de dire au revoir à toute la famille et de les remercier qu’il fallait qu’on monte dans le bus de la seule compagnie qui traverse la frontière jusqu’à la ville de « Tumbes » au Pérou. Enfin ça, c’est ce qu’ils nous avaient dit. Ils nous ont fait débarquer à la frontière de l’équateur, nous ont sortis les affaires du bus et sont partis. On s’est retrouvé comme deux cons au poste frontière en Equateur. Qui plus est, c’est une des frontières les plus dangereuses d’Amérique du Sud tant il y a des gens qui cherchent à voler les touristes.
On a vite compris pourquoi, pour faire simple il y a 25 kilomètres entre la douane Equatorienne et le poste du Pérou. Sympa… A qui faire confiance dans ces conditions…
Dans un premier temps il faut prendre un taxi. Le taxi ne peut pas traverser le pont qui constitue la frontière. Il nous a bien mis en garde de ne faire confiance à personne sauf au poste d’information touristique. On a donc pris nos sacs, mis la vigilance en marche et avons commencé à marcher jusqu’à ce poste d’information. Il fallait bien qu’on sache comment on allait passer la frontière, comment on allait changer l’argent et où… Bref elle nous a bien indiqué tout ce qu’il fallait que nous fassions et elle nous aussi mise en garde de marcher vite jusqu’au point de change puis rapidement jusqu’aux taxis qui se trouvent devant le poste de police pour être sûr de ne pas tomber sur un faux taxi qui allait nous emmener je ne sais où pour voler tout ce que nous avions. Aucun problème jusque là, à part le taux de change qui m’a paru bien faible, j’ai juste changé de quoi aller à Tumbes, soit une trentaine de dollars pour deux.
Une fois dans le taxi, ce sont 25 kilomètres que nous avons fait au milieu de nul part pour rejoindre le poste frontière du Pérou. Une chance il n’y avait personne et le taxi nous a gentiment attendu jusqu’à ce qu’on remonte pour faire les derniers kilomètres et ce sans frais. C’est un détail pas des moindre pour le Pérou tant j’ai vu des prix qui varient d’un commerçant à un autre. Ils cherchent presque tous à nous arnaquer, vous allez vite comprendre… Un beau pays, mais il y a des manières qui réellement ne m’ont pas plu en comparaison de tout ce que j’ai pu vivre au cours de mon voyage. Bref on est finalement arrivé à « Tumbes », direction le poste de change où là enfin je trouve un taux qui me paraît correct.

Argent en poche, visas tamponnés et donc papiers en règles, on pouvait enfin profiter de nos premières heures au Pérou. Pour cela rien de tel que de se rendre à « Mancora » une ville au bord de la plage ou les vagues sont réputées pour être de qualité et où j’espérais aller faire quelques heures de surf. 


Lorsqu’on est arrivé on a vite compris qu’on allait pas rester longtemps. La plage était bondée de touristes, les prix très élevés, les plats qu’ils servaient pas vraiment bons, ni très frais… Bref on y a passé une nuit le temps tout de même de se baigner sur une plage qui vraiment ne vaut pas la plage de la Baule. Il y a beau y avoir des vagues, de nombreux rochers nous empêchent d’avancer correctement dans l’eau. Pas vraiment agréable quand on voit que le sable est pourtant bien blanc… On a également mangé notre premier « Ceviche », bien plus épicé que l’équatorien et un peu différent par sa composition. Il y a en plus du maïs frit et je ne sais quoi d’autre. Il n’en reste pas moins qu’il est à mon gout meilleur, moi qui aime la nourriture épicée depuis mon voyage en Asie. Il a été bon jusqu’à ce que commence la digestion. Le lendemain matin je me suis réveillé avec un mal de ventre terrible.  J’ai avalé pour la première fois du voyage quelques médicaments car je savais déjà ce que j’avais. Une seconde intoxication alimentaire. Mais cette fois-ci c’était une bien belle qui aura durée plus d’une semaine avec des jours où je me sentais mieux et d’autres bien pire. Elle m’a suivit jusqu’à Lima… Rien de bien grave mais tout de même emmerdant, le soir nous allions prendre un premier bus pour aller à Chimbote « durée : 9 heures » puis reprendre un bus de « Chimbote » jusqu’à Huaraz « durée : 4 heures » pour arriver dans ce qu’ils appellent la Cordillère blanche «  La Cordillera Blanca ».




Je fais un aparté sur « Chimbote ». Nous ne sommes restés que quelques heures en attendant le transfert, mais il faut tout de même que je vous en parle. Ca n’a pas vraiment été avec plaisir qu’on est resté à « Chimbote » même pour 4 heures. Il faisait très chaud, plus de 35°C, et en plus ça, dans cette ville, tout proche du terminal il y a l’usine de fabrication de boites de thon. Une odeur nauséabonde de poisson séché, qui je vous l’assure était insupportable. Manger le repas de midi dans ces conditions à été une bataille surtout qu’on a du aller manger dans le marché, tous les restaurants du terminal étant fermés… Un mélange d’odeurs qui se sont imprégnées dans nos vêtements pendant plusieurs heures. Je vous garantie que monter en altitude avec cette odeur, la diarrhée, des gazes et tout ça dans un bus rempli jusqu’au dernier centimètres carré et pour couronner le tout, un bus qui n’avançait pas ou presque... un voyage qui n'a rien eu de marrant. Mais bon la satisfaction était à l’arrivée, sur les hauteurs de la « cordillère noire » avant d’arriver sur la ville de « Huaraz ». Nous avons eu la chance d’apercevoir la cime du volcan le plus haut du Pérou « la montagne Huascaran ». 


Une splendide vue, du bus certes, mais qu’on a apprécié, car à cette période de l’année ce n’étais pas tous les jours qu’on allait l’apercevoir. Le plaisir a été de très courte durée car le bus est rapidement descendu dans la vallée pour rentrer dans la ville. Mais bon, après tous ces moments de galère, la moindre petite chose s’apprécie à sa juste valeur.

                                       

A peine nous sommes arrivés au terminal de bus de « Huaraz » qu’une personne de l’office de tourisme nous a pris en charge. Elle nous a montré la liste des hôtels, leurs prix, leurs localisations… Bien pratique, on n’a pas eu besoin de sortir le guide de voyage… On est alors monté avec lui dans un taxi qui nous a emmené jusqu’à l’hôtel que nous avions choisi dans la liste. Un hôtel pas cher, bien placé et bien propre. Seulement voilà, je vais pour payer la course de taxi, je cherche le portefeuille… Je retourne le sac, celui de « Juana », rien à faire, il avait disparu. Heureusement dedans il n’y avait qu’un petit peu d’argent liquide, et même le portefeuille ne valait rien. On est retourné tout de même au terminal de bus pour le chercher, mais je me doutais bien que je ne le trouverais pas. Bref 10$ perdus, et plus qu’à aller au distributeur retirer de nouveau pour payer le taxi, et avoir un peu d’argent pour l’hôtel et les différents tours que nous avions prévu de faire.  
J’ai alors discuté avec la gérante de l’hôtel qui m’a dit qu’à « Chimbote », tout le monde perd quelque chose. Si j’avais su je serais venu par « Trujillo » une ville un peu plus au Nord de « Chimbote ». Bref il était tard, j’avais faim et je n’allais pas m’énerver pour si peu. Le guide touristique a gentiment attendu qu’on s’installe puis nous a expliqué tout ce qu’il était possible de faire dans la région à cette période de l’année. Notre choix s’est porté dans un premier temps sur une visite de la région plus ou moins en bus pour s’acclimater à l’altitude. On arrivait de la plage et on allait tout de même dormir à plus de 3000 mètres d’altitude… Le second tour était une journée pour monter en haut d’un volcan à plus de 5700 mètres d’altitude. Certains diront que nous sommes fou de monter si haut avec à peine 30 heures d’acclimatation. Nous avions tous les deux passé tant de temps à Cuenca à 2400 mètres que cela ne nous paraissait pas si difficile que ça.

Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous avons donc démarré la visite de la Cordillère blanche. Dans un cadre magnifique, entouré de montagnes vertes et marrons d’un côté et de volcans enneigés de l’autre côté de la rivière nous étions sans voix. Le paysage nous coupait le souffle. Sur des kilomètres nous avons roulé entre les deux cordillères, nous avons traversé de nombreux petits villages et dans certains nous nous sommes arrêtés pour apprendre leur histoire ou pour découvrir leurs spécialités.

Certains sont spécialisés dans la poterie, d’autres pour leurs glaces aux parfums plus étranges les uns que les autres, ou bien encore pour la crème de lait sucré. Le plus intéressant reste tout de même la visite du village de « Yungay » détruit par une avalanche en 1970 où quasiment tout le village a disparu. 

 "Cimetière de Yungay"


Il n’en reste plus qu’un cimetière et deux palmiers de la place qui autrefois était la place cenytrale de la ville. Un triste événement qu’ils ont utilisé à merveille pour en faire un site touristique. Ce qui m’a surtout enchanté, c’est ce qu’il y avait  derrière ce village. A environ 2000 mètres d’altitude plus haut, se trouve le lac de « Llanganuco ». 


« Lac de llanganuco » 


Un endroit absolument magnifique avec son eau cristalline, et ses monts enneigés au loin.  Nous n’avons pu nous empêcher de demander au guide comment c’était auparavant. « Tout cela était enneigé entouré de glaciers nous a t-il répondu. Seulement avec la pollution et les changements climatiques tout a disparu il y a presque une dizaine d’année. Les volcans qui culminent à plus de 6000 mètres ne vont pas tarder à ne plus être enneigés. » Ainsi un conseil venez vite au Pérou voir ces magnifiques montagnes avant que l’Homme ne réduise tout à néant. A peines affectées par ce que vient de dire le guide, j’en voyais certains  jeter leurs papiers de bonbons autour du lac. Je vous assure qu’il y a vraiment des claques qui se perdent… Même moi qui fume je ne jette plus mes mégots dans la rue, alors au bord d’un lac aussi magnifique... Je ne comprends pas comment les gens ne prennent pas conscience de ce qu’il est en train de se passer. Mais en plus de ça ils voyagent et visitent des sites magnifiques qu’ils salissent et dégradent sans la moindre gène. Ca fait mal au cœur et comme je l’ai dit c’est incompréhensible.

Enfin bref, il était temps de rentrer sur Huaraz après cette belle excursion loin d’être fatigante. Nous avions fait le plein d’énergie pour que le lendemain où nous allions monter à 5700 mètres, direction le « Volcan de Postoruri ». Pour éviter toute mauvaise blague j’ai quand même acheté le soir quelques feuilles de Coca. Il est dit qu’elles aident pour le mal d’altitude. Avec un peu de sucre nous nous sommes donc préparé une infusion le soir et une autre au petit déjeuné. Le reste allait me servir la journée. Il suffit de les les mâcher et de les garder pendant 30 minutes dans la bouche pour en extraire les protéines, vitamines et autres substances que je ne connais pas. Je ne ressentais pas les effets de l’altitude à presque 4000, mais qu’allait-il en être à plus de 5000 ?
Tôt le lendemain matin nous sommes donc parti avec un groupe de touristes de tous les âges, des enfants de 10 ans aux adultes de plus de 60 presque au sommet du volcan. Le bus nous a laissé à environ 5550 et nous avions donc à peut prêt 200 mètres à monter. Certes l’air m’a un peu manqué mais ne m’a absolument pas empêché d’avancer à un bon rythme et même de sortir des sentiers battus pour en voir un peu plus. Le guide était épaté de voir un fumeur grimper comme je l’ai fait. Il m’a même dit que je devrais faire de l’alpinisme… Mouais, je ne suis pas vraiment convaincu. Mais tout de même, quand je vois comment les gens étaient essoufflés, ou bien le mal de tête qu’ils ont eu pendant toute la journée suivante, je me dis que je m’acclimate tout de même relativement bien. Bon... de là à monter toute une montagne à cette altitude, ce sera une expérience à tenter, voilà tout. 

« Lac gelé du volcan Postoruri ».

« Glacier du volcan Postoruri ».


Du Volcan nous avons pu observer un magnifique glacier avec son lac en bas presque complètement gelé. Au loin les montagnes toutes plus hautes les unes que les autres venaient doucement touchées les nuages qui se faisaient de plus en plus menaçant. Jusqu’à présent nous n’avions pas eu de pluie la journée mais cela risquait de changer. Au final nous avons eu beaucoup de chance, l’orage nous a contourné et nous avons pu observer avec une vue bien dégagée les environs. Je n’étais encore jamais monté si haut, le Mont Blanc risque de me paraître bien fade lorsque je vais rentrer en France… On verra, seul l’avenir nous le dira. Une chose est sûre monter à cette altitude est fatiguant mais ce sont des paysages qui coupent le souffle et qui valent tous les efforts fournis. Peu être vais-je tenter l’expérience en Bolivie un peu plus tard, qui sait…
Sur la descente nous nous sommes arrêtés a environ 4000 mètres d’altitude pour apprécier la végétation qui y poussait comme la plante « Puya Raimondii », un palmier qui pouvait à l’époque atteindre 9 mètres, mais qui aujourd’hui dépasse rarement les 6 mètres tout ça à cause des changements climatiques.


Mais ce qui m’a marqué, ce sont également les petites huttes des indigènes qui vivent dans la région. Construites avec ce qu’ils ont trouvé dans la montagne, pas de fenêtre, à peine haute de 1 mère 50, Les photos parlent d’elles même.


Comment vivre là, il n’y a rien, en comparaison de ceux qui vivent dans la jungle je pense que la vie doit être beaucoup plus rude à 4000 mètres au dessus du niveau de la mer. Il n’y a rien à des kilomètres, seuls quelques canards viennent dans la région… vraiment dans ce froid, à cette altitude… je dis « Respect ».

Tout content de ce que nous avions vu à « Huaraz » et de cette première semaine passée au « Pérou » et encore tant de choses encore à voir dans ce pays, il nous fallait reprendre le bus. La prochaine destination était « Lima », la capitale dont tout le monde m’a parlé, non pas pour la ville elle même mais pour ce qui s’y passe. Mais ça vous le saurez dans un prochain récit.

A bon entendeur, Salut !!!


Nico le vagabond

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