Il est midi, on vient de terminer de déjeuner, il est temps pour
« Juana » et moi de partir au terminal de bus de Machala pour nous
rendre à la frontière du Pérou. A peine le temps de dire au revoir à toute la
famille et de les remercier qu’il fallait qu’on monte dans le bus de la seule
compagnie qui traverse la frontière jusqu’à la ville de « Tumbes » au
Pérou. Enfin ça, c’est ce qu’ils nous avaient dit. Ils nous ont fait débarquer
à la frontière de l’équateur, nous ont sortis les affaires du bus et sont partis.
On s’est retrouvé comme deux cons au poste frontière en Equateur. Qui plus est,
c’est une des frontières les plus dangereuses d’Amérique du Sud tant il y a des
gens qui cherchent à voler les touristes.
On a vite compris pourquoi, pour faire simple il y a 25 kilomètres
entre la douane Equatorienne et le poste du Pérou. Sympa… A qui faire confiance
dans ces conditions…
Dans un premier temps il faut prendre un taxi. Le taxi ne peut pas
traverser le pont qui constitue la frontière. Il nous a bien mis en garde de ne
faire confiance à personne sauf au poste d’information touristique. On a donc
pris nos sacs, mis la vigilance en marche et avons commencé à marcher jusqu’à
ce poste d’information. Il fallait bien qu’on sache comment on allait passer la
frontière, comment on allait changer l’argent et où… Bref elle nous a bien
indiqué tout ce qu’il fallait que nous fassions et elle nous aussi mise en
garde de marcher vite jusqu’au point de change puis rapidement jusqu’aux taxis
qui se trouvent devant le poste de police pour être sûr de ne pas tomber sur un
faux taxi qui allait nous emmener je ne sais où pour voler tout ce que nous
avions. Aucun problème jusque là, à part le taux de change qui m’a paru bien
faible, j’ai juste changé de quoi aller à Tumbes, soit une trentaine de dollars
pour deux.
Une fois dans le taxi, ce sont 25 kilomètres que nous avons fait au
milieu de nul part pour rejoindre le poste frontière du Pérou. Une chance il
n’y avait personne et le taxi nous a gentiment attendu jusqu’à ce qu’on remonte
pour faire les derniers kilomètres et ce sans frais. C’est un détail pas des
moindre pour le Pérou tant j’ai vu des prix qui varient d’un commerçant à un
autre. Ils cherchent presque tous à nous arnaquer, vous allez vite comprendre…
Un beau pays, mais il y a des manières qui réellement ne m’ont pas plu en
comparaison de tout ce que j’ai pu vivre au cours de mon voyage. Bref on est
finalement arrivé à « Tumbes », direction le poste de change où là
enfin je trouve un taux qui me paraît correct.
Argent en poche, visas tamponnés et donc papiers en règles, on pouvait
enfin profiter de nos premières heures au Pérou. Pour cela rien de tel que de
se rendre à « Mancora » une ville au bord de la plage ou les vagues
sont réputées pour être de qualité et où j’espérais aller faire quelques heures
de surf.
Lorsqu’on est arrivé on a vite compris qu’on allait pas rester longtemps.
La plage était bondée de touristes, les prix très élevés, les plats qu’ils
servaient pas vraiment bons, ni très frais… Bref on y a passé une nuit le temps
tout de même de se baigner sur une plage qui vraiment ne vaut pas la plage de
la Baule. Il y a beau y avoir des vagues, de nombreux rochers nous empêchent
d’avancer correctement dans l’eau. Pas vraiment agréable quand on voit que le
sable est pourtant bien blanc… On a également mangé notre premier
« Ceviche », bien plus épicé que l’équatorien et un peu différent par sa composition. Il y a en plus du maïs frit et je ne sais quoi d’autre. Il n’en
reste pas moins qu’il est à mon gout meilleur, moi qui aime la nourriture
épicée depuis mon voyage en Asie. Il a été bon jusqu’à ce que commence la
digestion. Le lendemain matin je me suis réveillé avec un mal de ventre
terrible. J’ai avalé pour la première
fois du voyage quelques médicaments car je savais déjà ce que j’avais. Une
seconde intoxication alimentaire. Mais cette fois-ci c’était une bien belle qui
aura durée plus d’une semaine avec des jours où je me sentais mieux et
d’autres bien pire. Elle m’a suivit jusqu’à Lima… Rien de bien grave mais tout
de même emmerdant, le soir nous allions prendre un premier bus pour aller à
Chimbote « durée : 9 heures » puis reprendre un bus de
« Chimbote » jusqu’à Huaraz « durée : 4 heures » pour
arriver dans ce qu’ils appellent la Cordillère blanche « La Cordillera
Blanca ».
Je fais un aparté sur « Chimbote ». Nous ne sommes restés que
quelques heures en attendant le transfert, mais il faut tout de même que je
vous en parle. Ca n’a pas vraiment été avec plaisir qu’on est resté à
« Chimbote » même pour 4 heures. Il faisait très chaud, plus de 35°C,
et en plus ça, dans cette ville, tout proche du terminal il y a l’usine de
fabrication de boites de thon. Une odeur nauséabonde de poisson séché, qui je
vous l’assure était insupportable. Manger le repas de midi dans ces conditions
à été une bataille surtout qu’on a du aller manger dans le marché, tous les
restaurants du terminal étant fermés… Un mélange d’odeurs qui se sont
imprégnées dans nos vêtements pendant plusieurs heures. Je vous garantie que
monter en altitude avec cette odeur, la diarrhée, des gazes et tout ça dans un
bus rempli jusqu’au dernier centimètres carré et pour couronner le tout, un bus qui n’avançait
pas ou presque... un voyage qui n'a rien eu de marrant. Mais bon la satisfaction était à
l’arrivée, sur les hauteurs de la « cordillère noire » avant
d’arriver sur la ville de « Huaraz ». Nous avons eu la chance
d’apercevoir la cime du volcan le plus haut du Pérou « la montagne
Huascaran ».
Une splendide vue, du bus certes, mais qu’on a apprécié, car
à cette période de l’année ce n’étais pas tous les jours qu’on allait
l’apercevoir. Le plaisir a été de très courte durée car le bus est rapidement
descendu dans la vallée pour rentrer dans la ville. Mais bon, après tous ces
moments de galère, la moindre petite chose s’apprécie à sa juste valeur.
A peine nous sommes arrivés au terminal de bus de « Huaraz » qu’une
personne de l’office de tourisme nous a pris en charge. Elle nous a montré la liste
des hôtels, leurs prix, leurs localisations… Bien pratique, on n’a pas eu
besoin de sortir le guide de voyage… On est alors monté avec lui dans un taxi
qui nous a emmené jusqu’à l’hôtel que nous avions choisi dans la liste. Un
hôtel pas cher, bien placé et bien propre. Seulement voilà, je vais pour payer
la course de taxi, je cherche le portefeuille… Je retourne le sac, celui de
« Juana », rien à faire, il avait disparu. Heureusement dedans il n’y
avait qu’un petit peu d’argent liquide, et même le portefeuille ne valait rien.
On est retourné tout de même au terminal de bus pour le chercher, mais je me
doutais bien que je ne le trouverais pas. Bref 10$ perdus, et plus qu’à aller
au distributeur retirer de nouveau pour payer le taxi, et avoir un peu d’argent
pour l’hôtel et les différents tours que nous avions prévu de faire.
J’ai alors discuté avec la gérante de l’hôtel
qui m’a dit qu’à « Chimbote », tout le monde perd quelque chose. Si j’avais su je
serais venu par « Trujillo » une ville un peu plus au Nord de
« Chimbote ». Bref il était tard, j’avais faim et je n’allais pas
m’énerver pour si peu. Le guide touristique a gentiment attendu qu’on
s’installe puis nous a expliqué tout ce qu’il était possible de faire dans la
région à cette période de l’année. Notre choix s’est porté dans un premier
temps sur une visite de la région plus ou moins en bus pour s’acclimater à
l’altitude. On arrivait de la plage et on allait tout de même dormir à plus de
3000 mètres d’altitude… Le second tour était une journée pour monter en haut
d’un volcan à plus de 5700 mètres d’altitude. Certains diront que nous sommes fou
de monter si haut avec à peine 30 heures d’acclimatation. Nous avions tous les
deux passé tant de temps à Cuenca à 2400 mètres que cela ne nous paraissait pas
si difficile que ça.
Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous avons donc démarré
la visite de la Cordillère blanche. Dans un cadre magnifique, entouré de
montagnes vertes et marrons d’un côté et de volcans enneigés de l’autre côté de
la rivière nous étions sans voix. Le paysage
nous coupait le souffle. Sur des kilomètres nous avons roulé entre les deux
cordillères, nous avons traversé de nombreux petits villages et dans certains
nous nous sommes arrêtés pour apprendre leur histoire ou pour découvrir leurs
spécialités.
Certains sont spécialisés dans la poterie, d’autres pour leurs glaces aux parfums plus étranges les uns que les autres, ou bien encore pour la
crème de lait sucré. Le plus intéressant reste tout de même la visite du
village de « Yungay » détruit par une avalanche en 1970 où quasiment
tout le village a disparu.
"Cimetière de Yungay"
Il n’en reste plus qu’un cimetière et deux palmiers
de la place qui autrefois était la place cenytrale de la ville. Un triste
événement qu’ils ont utilisé à merveille pour en faire un site touristique. Ce
qui m’a surtout enchanté, c’est ce qu’il y avait derrière ce village. A environ 2000 mètres d’altitude
plus haut, se trouve le lac de « Llanganuco ».
« Lac de llanganuco »
Un endroit absolument
magnifique avec son eau cristalline, et ses monts enneigés au loin. Nous n’avons pu nous empêcher de demander au
guide comment c’était auparavant. « Tout
cela était enneigé entouré de glaciers nous a t-il répondu. Seulement avec la
pollution et les changements climatiques tout a disparu il y a presque une
dizaine d’année. Les volcans qui culminent à plus de 6000 mètres ne vont pas
tarder à ne plus être enneigés. » Ainsi un conseil venez vite au Pérou
voir ces magnifiques montagnes avant que l’Homme ne réduise tout à néant. A peines
affectées par ce que vient de dire le guide, j’en voyais certains jeter leurs papiers de bonbons autour du lac.
Je vous assure qu’il y a vraiment des claques qui se perdent… Même moi qui fume
je ne jette plus mes mégots dans la rue, alors au bord d’un lac aussi magnifique...
Je ne comprends pas comment les gens ne prennent pas conscience de ce qu’il est
en train de se passer. Mais en plus de ça ils voyagent et visitent des sites
magnifiques qu’ils salissent et dégradent sans la moindre gène. Ca fait mal au
cœur et comme je l’ai dit c’est incompréhensible.
Enfin bref, il était temps de rentrer sur Huaraz après cette belle
excursion loin d’être fatigante. Nous avions fait le plein d’énergie pour que
le lendemain où nous allions monter à 5700 mètres, direction le « Volcan
de Postoruri ». Pour éviter toute mauvaise blague j’ai quand même acheté le
soir quelques feuilles de Coca. Il est dit qu’elles aident pour le mal
d’altitude. Avec un peu de sucre nous nous sommes donc préparé une infusion le
soir et une autre au petit déjeuné. Le reste allait me servir la journée. Il suffit de les les mâcher et de les garder pendant 30 minutes dans la bouche pour en extraire les protéines, vitamines et autres substances que je ne connais pas. Je ne ressentais pas les effets de l’altitude à presque 4000, mais qu’allait-il
en être à plus de 5000 ?
Tôt le lendemain matin nous sommes donc parti avec un groupe de
touristes de tous les âges, des enfants de 10 ans aux adultes de plus de 60
presque au sommet du volcan. Le bus nous a laissé à environ 5550 et nous avions donc à peut prêt 200 mètres à monter. Certes l’air m’a un peu manqué mais
ne m’a absolument pas empêché d’avancer à un bon rythme et même de sortir des
sentiers battus pour en voir un peu plus. Le guide était épaté de voir un
fumeur grimper comme je l’ai fait. Il m’a même dit que je devrais faire de
l’alpinisme… Mouais, je ne suis pas vraiment convaincu. Mais tout de même, quand
je vois comment les gens étaient essoufflés, ou bien le mal de tête qu’ils ont
eu pendant toute la journée suivante, je me dis que je m’acclimate tout de même
relativement bien. Bon... de là à monter toute une montagne à cette altitude, ce
sera une expérience à tenter, voilà tout.
« Lac gelé du volcan Postoruri ».
« Glacier du volcan Postoruri ».
Du Volcan nous avons pu observer un
magnifique glacier avec son lac en bas presque complètement gelé. Au loin les
montagnes toutes plus hautes les unes que les autres venaient doucement
touchées les nuages qui se faisaient de plus en plus menaçant. Jusqu’à présent
nous n’avions pas eu de pluie la journée mais cela risquait de changer. Au
final nous avons eu beaucoup de chance, l’orage nous a contourné et nous avons
pu observer avec une vue bien dégagée les environs. Je n’étais encore jamais
monté si haut, le Mont Blanc risque de me paraître bien fade lorsque je vais
rentrer en France… On verra, seul l’avenir nous le dira. Une chose est sûre monter à cette altitude est fatiguant mais ce sont des paysages qui coupent le
souffle et qui valent tous les efforts fournis. Peu être vais-je tenter
l’expérience en Bolivie un peu plus tard, qui sait…
Sur la descente nous nous sommes arrêtés a environ 4000 mètres
d’altitude pour apprécier la végétation qui y poussait comme la plante
« Puya Raimondii », un palmier qui pouvait à l’époque atteindre 9
mètres, mais qui aujourd’hui dépasse rarement les 6 mètres tout ça à cause des
changements climatiques.
Mais ce qui m’a marqué, ce sont également les petites huttes
des indigènes qui vivent dans la région. Construites avec ce qu’ils ont trouvé
dans la montagne, pas de fenêtre, à peine haute de 1 mère 50, Les photos
parlent d’elles même.
Comment vivre là, il n’y a rien, en comparaison de ceux
qui vivent dans la jungle je pense que la vie doit être beaucoup plus rude à
4000 mètres au dessus du niveau de la mer. Il n’y a rien à des kilomètres,
seuls quelques canards viennent dans la région… vraiment dans ce froid, à cette
altitude… je dis « Respect ».
Tout content de ce que nous avions vu à « Huaraz » et de cette
première semaine passée au « Pérou » et encore tant de choses encore
à voir dans ce pays, il nous fallait reprendre le bus. La prochaine destination
était « Lima », la capitale dont tout le monde m’a parlé, non pas
pour la ville elle même mais pour ce qui s’y passe. Mais ça vous le saurez dans
un prochain récit.
A bon entendeur, Salut !!!
Nico le vagabond















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