Me voilà prêt à quitter cette ville de fou qu’est « Vang Vieng ». Un bus m’attend dans l’après midi. J’arrive une heure en avance histoire d’avoir une bonne place. Haha la bonne blague, ne surtout pas discuter avec les gens qu’on rencontre à la station de bus. Me voilà bon dernier à monter dans le bus. Evidemment il n’y a plus de place et je me retrouve donc assis au milieu du bus sur une chaise en plastique. Très pratique, mais vraiment inconfortable surtout dans un bus qui ne cesse de freiner et d’accélérer. Autant dire que dormir pendant ces 3h de trajet était tout simplement impossible, regarder le paysage tout autant. Je me suis donc plongé dans mon livre. Une des rares fois où j’ai l’occasion de lire. On peut dire que le trajet fut calamiteux mais c’est tout de même passé vite. On s’habitue vraiment à tout.
Il est maintenant 18h00. J’arrive à « Ventiane », que dire ce cette ville. Pas grand chose, c’est tout simplement une capitale morte. Je voulais attraper le bus de nuit directement ce soir là pour « Pakse », mais on est arrivé trop tard. Quel dommage tant il n’y a rien à y voir et c’est très moche. Une capitale reconstruite par la « France » ça promet pour la suite. La nourriture n’est pas exceptionnelle non plus malgré qu’on soit à la frontière avec la Thaïlande. On aurait pu espérer mieux de la capitale de ce beau pays. Autant dire que c’était juste pour un transfert que je suis passé par là. Même le Mékong à cet endroit n’est pas beau, il est large, avec beaucoup de bancs de sable tant le niveau de l’eau est bas à cette période de l’année.
Il n’y a donc vraiment pas grand chose à retenir à l’exception tout de même de la de la rencontre d’un jeune couple de français. On s’est croisé dans un tuc-tuc à la gare routière. Comme d’habitude après quelques minutes on sait rapidement ce que les uns ou les autres ont envi de faire. On allait à peut prêt dans la même région voir les mêmes choses dans le sud du Laos. On a donc décidé de poursuivre un bout de notre aventure ensemble. Direction « Pakse » à 700km plus au sud en bus de nuit.
Hou que ce fut agréable ce trajet en bus de nuit. Un confort longtemps oublié. Un bus magique comparé à tous ceux que j’ai pu emprunter ces dernières semaines. Confortable, avec des gens sympathiques, le repas du soir fourni et pas de retard. Que demande le peuple ? Rien de plus on en a eu pour notre argent. En plus de ça on est arrivé à 6h45 le matin ce qui nous laissait la journée complète pour envisager une excursion. On a dans un premier temps cherché des Guesthouse mais on a rien trouvé de transcendant. On a donc décidé de laisser les bagages au magasin de location de moto et de partir en excursion 2 à 3 jours dans la « Plaine des Bolovens ». C’est la région la plus pauvre du Laos. A en lire le guide ça vaut le coup d’œil. On allait donc se faire notre propre idée.
La première étape consistait pour moi à apprendre à conduire une moto manuelle. En quelques secondes on s’y fait. Finalement, c’est bidon. On s’en fait toute une montagne mais il n’y a rien de difficile vu qu’il n’y a pas d’embrayage. Bref quelques secondes et c’était parti pour 200km à parcourir le long des villages, montagnes et champs de bananiers, de café et des rizières du sud du Laos.
Nous avons roulé prêt de 50km pour arriver dans une ville indiquée dans le guide du routard… « Paksong ». La bonne blague, c’est presque une ville fantôme qui pourrait ressembler à une ville américaine. Une seule grande rue, et au moins 5km pour traverser la ville. Bref, on y a juste mangé une excellente soupe puis on est reparti un peu plus loin voir la plus haute cascade du Laos.
Encore une fois on a été un peu déçu. On devient exigeant peu être… Certes c’est haut mais on ne peut pas l’approcher ni descendre la voir de plus prêt. C’est pas faute d’avoir essayé mais la falaise nous a vite fait comprendre que sans cordes d’escalades c’était impossible. On a donc rebroussé chemin et sommes tombé nez à nez face à notre premier champ de café. Ils font sécher leurs grains de café à même le sol devant leur maison. Par contre si vous voulez en acheter accrochez vous. Ils ne savent pas le préparer. Direction donc les marchés. Et la encore la bonne surprise ils vendent du Nescafé « Café du Laos de la Plaine des Bolovens ». Du grand n’importe quoi. On est donc reparti bredouille du marché et avons repris la route. Au vu des paysages pour le moment, et des déceptions accumulées, on se demandait si on poursuivait ou bien si on rentrait sur « Pakse ». Finalement notre curiosité nous a poussé à continuer. Direction plus au Nord à environ 50km de là où nous étions pour aller dans un petit village indiqué sur le guide où apparemment ils avaient des traditions bien particulières.
On est arrivé sur place à 14h00 quand le soleil est bien chaud. Il a fallut qu’on se gare devant l’office du village. La bonne idée que voilà. On doit maintenant payer l’entrée dans le village. Quelques centimes certes, mais bon… on aurait pu nous prévenir. Au final ce n’était pas si mal de payer puisqu’un guide nous à accompagné toute l’après midi. Ils se sont très vite adaptés au tourisme c’est peu dire. Il a pu nous expliquer comment ils vivent, et quelles sont leurs traditions. C’est tout simplement impressionnant de voir ses gens qui vivent de rien, qui ne sont jamais sorti du village excepté quelques uns pour vendre leur riz. Même dans leur famille il y a quelque chose d’étrange. Ils ne peuvent se marier qu’avec des gens issu d’un même village. Et un homme peut avoir plusieurs femmes, même si se sont deux sœurs. Bref je n’imagine pas ce que ça peut donner toute cette consanguinité.
Le côté amusant dans ce village c’est qu’on est tombé en plein milieu de l’un de leur festival. Un festival en quel honneur ?? Et bien ils abattaient une vache le lendemain matin pour nourrir le village. Leur tradition veut qu’ils dansent autour de la vache une journée durant avant de la tuer. On peut dire qu’ils ne sont pas tendre avec l’animal. Coups de machettes, coups de pied, et ils hurlaient dans leurs dialectes des chansons bien buillantes… Bref nous voilà donc embarqué à danser avec eux, un bouclier de métal tourné vers le soleil dans la main gauche, une lance de bambou avec des gris-gris au sommet qui font du bruit dans la main droite. Danser en plein soleil, c’est une chose mais ajoutez y des verres de « Lao Lao » vous ne faites pas long feu. On peut dire qu’ils ont de l’endurance. Heureusement qu’on ne s’est pas attardé. On aurait encore mal fini.
J’ai ensuite pris un peu de temps pour amuser les enfants. Ce coup ci pas le temps de faire l’école. Je me suis donc attaqué à une dure tâche. Faire tomber des fruits des arbres. Pas évident de secouer un arbre de 50 ans. Il fallait ni plus ni moins lancer des bouts de bois en visant les fruits. Les enfants n’étaient pas beaucoup plus doués que moi. On a bien rigolé avant que le premier fruit ne se décroche. Encore une fois ces enfants étaient d’une extrême gentillesse, et certains très polissons. Ils ont fini par me faire craquer. Je leur ai acheté des fruits et une bonne distribution de cookies. Ils étaient si contents, vous auriez vu leur tête. Pour s’acquitter de leur « dette » ceux ci m’ont apporté des écorces de bois à mâcher. Ce n’est pas mauvais quoiqu’un peu acide, et ça colore la bouche de rouge. Vous m’auriez vu, on aurait dit un vampire. Ainsi donc après avoir vidé nos sac de tout ce qu’on pouvait leur donner, nous revoilà sur la route. Prudence était de mise. Les routes se rapprochaient plus de la terre que du goudron… Prochaine étape ? Trouver un toit où dormir. On s’est orienté dans la ville de Saravane. Mauvaise idée, c’était encore pire que « Paksong ». On a donc rebroussé chemin pour rejoindre la cascade de « Tad Lo ». Encore une bonne surprise, un soleil magnifique sur cette eau transparente, une eau presque chaude, et très peu de touristes. Un petit coin de paradis. On a pausé nos affaires dans un bungalow tout simple puis sommes parti en ville nous chercher un bon petit restaurant dans la rue.
Hummm que ce fut bon et quelle partie de rigolade. Dans un premier temps on a on a demandé un « Fried rice with eggs » et un verre de « Lao lao » chacun. Voici ce qu’on a eu. Une omelette avec 5 œufs chacun. Très digeste. Et une bouteille d’un litre de « Lao Lao ». Autant dire qu’on était pas très content. En plus de ça on avait vraiment les crocs. Les jeunes filles qui tenaient le restaurant s’en sont certainement aperçues. Pour caler mon gros estomac rien ne valait une bonne glace en dessert. Je traverse la rue ramène à chacun sa glace. Et là voilà, notre chère serveuse prête à tout pour en avoir un bout. Enfin c’est ce que je pensais. Elle l’a avalée goulûment à ma grande déception. On a alors commencé à tenter de communiquer. J’ai vite compris à ce moment là pourquoi notre plat correspondait aussi peu à notre commande. On a fini tous ensemble la bouteille de « Lao Lao » puis sommes rentré dans nos appartement si je puis dire. Une bonne soirée donc même si le réveil allait être dur. Peu de sommeil, un ventre presque creux et de l’alcool dans le sang sans compter toute la moto dans la journée. Autant dire que je n’ai pas mis longtemps à m’endormir.
Après une bonne nuit de sommeil rien de tel qu’un bon bain rafraichissant dans la cascade avant de partir visiter les environs. Cette région est vraiment surprenante, la végétation varie si rapidement. Finalement nous sommes rentré tranquillement sur « Pakse » dans la journée pour aller faire quelques courses en ville. Ce périple dans le « Plateau des Bolovens » aura été de toute beauté, et enfin me voilà qui commence à bronzer. Merci les 10h de moto J je suis un vrai camionneur maintenant.
A « Pakse » on peut dire que c’est un petit « Ventiane » même si les environs ouest de la ville promettent quelques randonnées assez agréables. Je n’avais toutefois pas la motivation de rester dans les environs et souhaitait rejoindre une région encore moins touristique. Direction la ville de « Champassak » où se trouve l’un des plus vieux temples Khmer. Autant dire un petit avant goût de ce qu’allait m’offrir le « Cambodge ». Après 2h passé dans un taxi local, plus de monde dans le taxi tu meurts. J’ai compté on est soit disant 12 maximum, on était 26 sans compter le chauffeur. Des routes en cour de construction, de la poussière épaisse, des nids de poules plus gros que des pâtes d’éléphant. Un vrai bonheur. Au moins nous on est arrivé à destination sans encombre. Le bus local que la plupart des touristes utilisent est tombé en panne. On est passé à côté d’eux. Ils allaient devoir parcourir les 4 derniers kilomètres sous un soleil de plomb avec tous leurs sacs. On n’était pas si mal dans notre boîte de sardines…
On est finalement arrivé à Champassak. Nais et David souhaitaient visiter un village d’éléphant. Pour ma part les éléphants maintenant je veux les voire dans la nature, pas attachés à des poteaux. On s’est donc séparé à ce moment là. Pour ma part direction le temple « Wat Phu » à juste quelques kilomètres. Rien de tel pour faire tourner les jambes sur un vélo voilé à tous niveaux, mais qui reste toutefois suffisant. Je fus époustouflé dans un premier temps de voir l’ampleur que devait avoir ce temple et sa complexité. C’est un monument classé, je comprends maintenant pourquoi. Et à en croire les touristes ce n’est rien par rapport à « Angkor » au Cambodge. Ca promet. J’ai parcouru le temple et ses environs en long et en large. Le soleil commençait à sérieusement me cramer j’ai donc décidé de rentré au village. J’ai tenté de trouver un pêcheur prêt à m’accepter sur son bateau mais sans succès. Je me suis donc contenté d’une bonne baignade dans le Mékong avec les enfants du village. Tickets de bus en poche pour le lendemain j’étais prêt pour de nouvelles aventures un peu plus au sud, à seulement quelques kilomètres de la frontière avec le « Cambodge » dabs un coin se nommant « Les 4000 îles ». C’est un site où le « Mékong » se répand sur 18km de large et où de nombreuses îles sont accessibles en bateau. Un petit paradis pour celui qui souhaite se reposer.
Dans le bus j’ai rencontré un charmante chinoise de la province de Beijing « Yang ». On a passé les 2h de bus à discuter. Une jeune femme de 31 an qui travaille à « Ventiane » et qui souhait passer du bon temps sur les rives du « Mékong ». On s’est bien trouvé on peut dire, on cherchait tous les 2 le calme et non les touristes. Seulement voilà, on ne s’est pas arrêté sur la bonne île. Ca c’est l’Asie, on voulait aller à « Don Khong » qui est l’île la plus paisible et aussi la plus vaste mais nous voilà à « Don Khone ». La bonne blague qui finalement n’était pas si mauvaise. On a trouvé un bungalow au calme sur la rivière avec tous les services à proximité et peu de touristes. On a posé les sacs et sommes parti visiter l’île en vélo. Quelles bonnes journées à flâner au bord du « Mékong », petite balade en bateau pour aller voir les dauphins d’eau douce, et enfin une vue sur des plus belles cascade que j’ai vu jusqu’à présent. Ils l’appellent les chutes du Niagara d’Asie. On comprend pourquoi. C’est splendide mais aussi très dangereux. Un bruit assourdissant, un débit d’eau phénoménal, bref tout simplement magnifique. La galère c’est que sur ces îles il vaut mieux être bien préparé financièrement. Aucun distributeur j’ai donc perdu quelques dollars pour aller dans une banque. Rien de bien méchant mais c’est à savoir pour ceux qui souhaiteraient y mettre les pieds. J’allais oublier sur l’île « Don Det » allez vous réfugier dans la guest house « Bon Hom ». Les gens sont adorables, et ils cuisinent divinemeent bien. Un service un peu long mais vous comprendrez vte pourquoi. Elles y mettent tout leur cœur. Je me suis même permis d’entrer dans leur cuisine et d’appendre un de leur plat favori la « Laap Salad au poulet ». Que c’est bon. Ca vaut notre « Bœuf Bourguignon. Et celle que je le suis préparé n’était pas mauvaise loin de là. D’excellents professeurs, même si leur anglais reste très approximatif. Autant dire qu’on aura passé des moments inoubliables avec cette petite famille. Je leur ai acheté un cahier pour qu’ils commencent un livre d’or. J’ai eu en retour un nouveau bracelet en tissu, c’est la tradition ici au sud du Laos, quand on vous apprécie on vous donne ce genre de bracelet. En tout cas je n’ai qu’une chose à dire, « Je leur souhaite bonne chance » « Kop Die » comme on dit ici au Laos.
Seulement voilà, toutes les bonnes choses ont une fin. « Yang » doit retourner à « Ventiane » et mon visa expire le 27/01. Pas le choix il est temps de mettre les voiles et de me diriger à la frontière du Cambodge. Que ce fut épique. Dans un premier temps départ prévu à 8h de la guest house. A 8h45 personne ne s’est encore présenté. J’ai donc pris tous mes sacs et me suis dirigé à la station de ferry. Après plusieurs tentatives infructueuses j’ai finalement trouvé quelqu’un qui pouvait m’aider. Il m’avait tout simplement oublié. J’étais persuadé que j’avais manqué mon bus, mais non, c’était la même pour tout le monde. A l’Asie tu ne finiras pas de me surprendre. On s’est tous accumulé dans un petit bus. Vu le nombre présent la climatisation ne servait vraiment pas à grand chose. On a finalement atteint la frontière à 11h30. Et la attention les yeux, vous voilà prêt à remplir tout un tas de formulaire. On vérifie même que vous n’avez pas de la température… et pour chaque papier bien évidemment on vous demande de payer. On devait repartir à midi, à 14h00 on repartait. Le temps de goûter mon premier repas au « Cambodge ». pas mal du tout je dois dire. Ca fait plaisir surtout qu’on était à la frontière. On aurait pu tomber plus mal. Ce n’est finalement qu’à 16H00 que j’ai atteint la ville de « Stung Treng » à 50km de la frontière. Pas si mal mais trop tard toutefois pour envisager quoique ce soit. Me voilà donc sur la terrasse de la Guesthouse avec vue sur le « Mékong » à rédiger cette mise à jour sur le blog. Et oui il est long ce fleuve, ça ne fait qu’un mois et 1000 km que je le suis et ce n’est pas fini.
J’aurais passé 27 jours au Laos, certains le font en quelques jours, je vous promets qu’un mois n’aura pas suffit. Une destination de plus qui vaut le coup d’œil.
Je vous laisse à vos occupations moi je dois prendre un nouveau bus pour rejoindre la région de Ratinakiri. patientez pour les photos, j'ai pas de débit ici non plus. A bon entendeur. Salut !!!
Nico le vagabon.
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