Qu’il est bon de voyager, plus on avance dans le temps et mieux c’est. A chaque fois que je change de pays j’ai un petit regret de le quitter pour tout ce qu’il a pu m’apporter. Mais en quelques jours voir même quelques heures cette sensation disparait. Et oui le Cambodge comme la Thaïlande et le Laos est un pays très accueillant bien que leur langue paraisse un peu plus compliquée que les précédentes. Mais bon s’il n’y a que ça.
Au premier contact avec la population locale, bien que dans une ville, quel accueil. A peine quelques heures que je suis dans le pays et me voilà à bavarder avec un moine qui habite dans la province de « Stung Treng » et quelques uns de ses amis sur la terrasse du quasi unique restaurant de la ville. Une bonne partie de rigolade. Merci à la bière « Angkor », non non pas « Encore » quoi que… A cause de cette bière, impossible de retenir les quelques mots qu’ils m’apprennent. Le Laos revient sans cesse… j’ai donc tout noté dans mon téléphone histoire de pouvoir l’assimiler à tête reposée. J’ai maintenant tout ce qu’il me faut pour vadrouiller dans les villages avoisinant. Ce maigre vocabulaire m’a toujours servi dans les autres pays. Pourquoi pas là… Après cette longue journée rien ne valait qu’un bon lit bien confortable et une bonne nuit de sommeil. Et oui le lendemain il fallait reprendre un minibus pour aller plus à l’Est dans la ville de « Banlung ». C’était mon premier véritable point de chute au Cambodge. Là allait commencer ma découverte de ce pays.
Un minibus encore une fois bien inconfortable. 4 heures de routes assis entre 2 chaises la sécurité de la ceinture dans les fesses. Ouille, aille, ils ont bien rigolé de voir que je me tenais à moitié debout dans le minibus tellement j’avais mal. Un bien pour un mal puisque cela a lancé la conversation… tout du moins de nombreux fou-rires. L’un d’entre eux était un guide qui parlait plutôt bien anglais. Nous avons pas mal discuté surtout de la déforestation au Cambodge. Je n’ai pas osé prendre de photos tellement cela me faisait mal au cœur de voir tous ces arbres coupés. Des champs à perte de vue avec pour seule végétation des troncs coupés à quelques centimètres du sol, ou bien des forêts d’arbres replantés il n’y a pas plus de 10 ans. Un paysage saccagé tout le long de la route. Le guide m’expliquait qu’avant il n’y avait pas de route, on passait là à moto et on devait se frayer un chemin dans la jungle. On en était bien loin. C’était absolument désertique d’arbres et la route était en train d’être aménagée telle une autoroute. Bref je ne m’attendais pas à cela, quel désastre écologique. Il m’a également conseillé quelques bonnes Guesthouse dans la ville de « Banlung ».
A peine arrivé j’entreprenais ma recherche de celles-ci sans plan bien évidemment… je ne les ai pas trouvé bien que la ville ne soit pas bien grande. Les tuc-tucs toujours à l’affut me suivaient à la trace en espérant que je leur prenne une course. Raté, j’ai fini par apercevoir quelques occidentaux devant l’une d’entre elles. Ceux ci étaient à la recherche de touristes pour faire un trekking sur 4 jours. Personnellement mon expérience des trekking n’est pas formidable j’ai donc refusé. Cependant me voilà devant une Guesthouse où les gérants paraissent vraiment sympathiques. Je me suis donc arrêté là. On a commencé par aller visiter les chambres, discuter des prix, puis rapidement la conversation s’est débridée. Quelques minutes plus tard me voilà parti avec eux gratuitement… c’est rare pour être noté. Où j’allais ? Je n’en savais pas grand chose, à un lac apparemment… Je n’en savais pas beaucoup plus mais celui-ci était référencé dans le « Lonely Planet » … d’après eux. Après étude c’était vrai il s’agit du lac « Ya Laom ». Quelques kilomètres de moto et nous voilà donc au pied du lac. Il était temps de manger un morceau. Rien de tel qu’un bon repas Cambodgien. Le soleil rayonnait de milles feux, la température avoisinait les 33°C, une bonne baignade dans ce lac s’imposait. Ce lac composé d’une eau transparente plutôt chaude est fait en cercle et est entouré d’une jungle dense. Vraiment magnifique, mais c’est surtout l’histoire autour de ce lac qui est passionnante. Il s’agit d’un lac créé après l’extinction d’un volcan. De nombreux habitants sont morts lors de la dernière éruption et d’après eux leurs esprits hantent le lac. Ils ne s’y aventurent pas la nuit. D’ailleurs chaque année 2 Cambodgiens, une femme et un homme se noient dans ce lac ce qui entretien cette légende. Ils ont fait venir de nombreux moines pour faire fuir les esprits et maintenant tant qu’il fait jour les gens s’y risquent, mais peu encore se baignent. Comme au Laos ici on garde le T-shirt pour se baigner. Mon bronzage ne va pas s’améliorer de si tôt... Nous avons passé la plupart de l’après midi à parler chacun de ce qu’on connaissait et je commençais doucement mais surement à en savoir plus sur le Cambodge. Une histoire bien difficile à entendre parfois, les gens ici ne sont pas fières de ce qui s’est passé et cela reste très frais dans leur tête. Ils ont encore du mal à en parler.
Après quelques heures passées là, on a repris la moto pour aller visiter un petit village tout proche habité par une ethnie « Tampoun ». Impressionnant de voir le temps qu’ils passent pour faire un T-shirt avec leur machine à tisser. Il faut aux femmes du village 1 mois, à moyenne de 3 ou 4 heures par jour tout cela pour 25$. Il leur faut 1 an quand les enfants sont jeunes pour apprendre à tisser au bambou. Autant dire qu’en quelques minutes, j’ai tenté d’apprendre mais j’ai vraiment rien compris. Comme souvent ils ne vivent de pas grand chose. 50 personnes dans une maison, tout en sachant que le village comprend 120 personnes. Nous ne pouvions rester que quelques minutes, le soleil n’étant pas loin de se coucher et la route étant dangereuse, pas le temps de vraiment créer des liens avec les villageois. Je n’ai donc pas osé prendre des photos dans ce village. Je pense visiter un village du même type à Kratie et je l’espère par moi même. Les routes sont meilleures là bas. Mais bon, au Cambodge on ne peut s’aventurer comme au Laos dans les villages de minorités sans être accompagné d’un guide, cela ne se fait pas. Je suis donc reparti un peu frustré, moi qui est pris tant de plaisir au Laos dans ces petits villages. Il fallait que je me renseigne à ce sujet avant d’entreprendre quoi que se soit de plus au Cambodge.
On est donc parti de ce village sur ces routes si dangereuses. Heureusement qu’ils ont l’habitude de rouler dans ces ornières, tous ces trous, et cette terre qui vole. On en prend plein la figure et surtout dans les yeux. Mieux vaut donc être bien équipé, lunettes ou visière obligatoire. Bref rien de tel qu’un bon cocktail de noix de coco pour se remettre de cette folle virée en moto. Quel délice, c’est tout simplement excellent d’autant plus qu’ils nous ont emmené dans le bar qui fait les meilleurs de la région. Le soleil couché nous somme rentré à la guesthouse. Deuxième jour au Cambodge, et me voilà déjà intégré mais je n’avais aucune idée de ce que je pouvais bien faire le lendemain. Je n’ai pas eu le temps d’étudier le guide encore… comment je me débrouille, j’en sais rien, mais je n’ai jamais le temps de le lire. A croire qu’on en a vraiment pas besoin. C’est pas si faut puisque le lendemain quand je me suis levé, « Roon », le guide de la veille était là et m’attendait de pied ferme pour glandouiller toute la journée. Ca ne faisait pas de mal que de se prendre un peu de repos. On est donc parti avec ses amis faire des parties de pétanque. Enfin… presque de la pétanque, c’est un peu plus complexe sur un terrain de terre parfaitement lisse… mais pour une fois la chance m’a sourie et j’ai gagné toutes les parties au point de les frustrer. Ils ont alors voulu me mettre la raclée au ping-pong. Haha, la bonne blague, on ne me bat si facilement. Après 10 parties ils étaient dégoutés. Ils méritaient bien une bière, je ne voulais pas non plus leur pourrir la journée. Ils ne voulaient pourtant pas en rester là, qu’est ce qu’ils sont mauvais perdant... On a donc ensuite joué aux échecs. Ca ne se joue pas comme chez nous, c’est encore plus stratégique. On peut dire que depuis longtemps j’ai du faire fonctionner les neurones, et ça n’a pas suffit. 3 parties perdues. Je ne veux pas avoir un jour à me battre avec eux, à coup sur ils gagneront. L’après midi, après une bonne assiette de riz sauté, on s’est dirigé à une cascade. Elle est réputée pour permettre aux gens de se faire masser sous la cascade. C’est efficace, mais ça fouette tout de même un peu trop à mon goût. Je n’ai pas tenu une heure mais plutôt 10 minutes. Ca ça les fait bien rire, ils nous prennent pour des douillets. On n’aime pas l’eau froide, ça fait mal, blablabla… Les français sont réputés pour être moqueurs mais que dire des Cambodgiens…
On a terminé l’après midi au sommet de la ville pour assister au coucher de soleil. Une vue splendide sur la vallée, même si, encore une fois, toute cette déforestation n’est vraiment pas belle à voir dans la région. Ils en sont conscients, c’est déjà bien, mais ça n’empêche pas les truands d’en couper encore la nuit tombée. Il y en a du travail à faire là bas au niveau écologique, ils n’utilisent même pas le composte pour leurs champs, ils préfèrent les bruler pendant la saison sèche. Pour information cette pratique est interdit au Cambodge… personne ne semble respecter la loi. C’est triste. Entre les forêts qui sont devenues des champs, et ces champs tous gris brulés par endroit, c’est parfois presque un paysage lunaire. J’exagère un peu mais sérieusement c’est tout de même dramatique.
Il était temps d’aller prendre une bonne douche avant d’aller diner. Je me suis aventuré dans la rue guitare sur le dos pensant pouvoir me trouver un coin tranquille où aller jouer. Pas eu le temps de faire deux pas que j’avais tout un tas de gens qui me demandaient de jouer, juste là, devant leur restaurant. Il faut croire qu’ils n‘y connaissent vraiment rien, je suis loin de pouvoir jouer dans un restaurant… Ce fut amusant mais ça m’a tout de même permis de rencontrer beaucoup de monde, de manger gratuit et de finir par jouer aux cartes avec eux. Cet instrument est vraiment magique… moi pas. Je ne me suis pas éternisé, j’avais sommeil et les journées suivantes s’annoncent éprouvantes, au programme visites de cimetières Tampoun, de villages Laos et chinois, de carières de pières précieuses, de la moto, du bateau, et des randonnées en montagne avec en prime le nouvel an chinois à fêter. Autant vous dire que ça promet.
A très vite et désolé pour les photos, je ne peux pas tout mettre sur internet. Il faudra surement atteindre la capitale pour cela.
A très vite
Nico le vagabond
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