mercredi 16 février 2011

Cambodge - Battambang


Après cette semaine dans le sud du Cambodge au bord de la mer,  je suis de retour dans la capitale, bien dans mes chaussures, la tête et le corps bien reposés. Allez comprendre pourquoi on a mis 7h à l’allée et 3h au retour… Tout est comme ça ici, on passe son temps à essayer de comprendre mais au final on n’y arrive jamais réellement. Mon petit esprit scientifique ne me sert guerre… mais c’est aussi ça la magie de l’Asie. On a plein de bonnes et de mauvaises surprises. Après tout, le principal ça reste d’arriver à destination sein et sauf. Quand on voit comment ils conduisent, et aussi comment ils utilisent le klaxon, c’est tout simplement dément. On se croirait dans un jeu vidéo. On prévient qu’on va doubler, on prévient qu’on est juste là, ou bien on croise des amis sur la route et on leur dit bonjour en klaxonnant. Autant vous dire que l’utilisation du klaxon fait parti de leur code la route. Et ça fonctionne plutôt bien, pendant que nous on fait dans notre pantalon, eux chantent. Et oui, même dans le bus on a le droit à a télévision pour la diffusion de Karaokés. Et quand ce n’est pas le karaoké on a le droit aux films Thaï plus niais les uns que les autres. Mais c’est aussi comme cela qu’ils apprennent à parler Thaï. Comment donc leur demander de couper la télé…

Bref on est arrivé tôt dans l’après midi à Phnom Penh. Pour autant quand on rentre de vacances, on n’a pas vraiment envi de se lancer immédiatement dans la foule. On a donc passé notre après midi à la Guest house à discuter avec les locaux qui y travaillent. On a terminé la journée dans un de leur restaurant favoris où on a très bien mangé. Mais devinez quoi ??? Et bien oui, un son de karaoké pour mettre l’ambiance, encore et toujours. On ne s’est pas trop attardé là bas, il fallait rentrer tôt car le lendemain on reprenait la route. Direction la région de Mondukiri pour Jessica, et Battambang plus au nord ouest. Pour moi.  Amusant puisqu’on va chacun de son côté mais selon nos conseils.  Je ne me serais surement jamais arrêté là bas si elle ne m’en avait pas parlé et la même chose pour elle.  Et autant vous dire qu’elle avait raison. J’ai passé de moments extraordinaires là bas. Petite ville, mais un grand cœur…

8h00 du matin et c’est reparti pour des heures de bus accompagné par … radio « Karaoké » comme d’habitude. Mon MP3 est mort, mon téléphone n(a pas de musique, obligé donc d’écouter. Heureusement j’ai rencontré dans le bus une charmante canadienne. On a discuté tout du long. Des vraies pipelettes. Tellement d’aventures et de choses à se raconter. C’est vraiment ça la magie du voyage, on n’est jamais vraiment seul. On choisit d’être seul, et la plupart du temps et bien on ne l’est donc pas...

Je me souviendrais toujours de mon arrivée sur Battambang. Merci à ce jeune chauffeur de tuc-tuc.


Il nous a bien fait marrer. Une technique d’approche hors du commun. On venait de se garer qu’on a vu ce jeune garçon sauter comme un singe derrière la vitre du bus. On peut dire qu’il a réussi à captiver notre attention. Il tenait dans ses mains un coupon d’un hôtel pour lequel il travaillait. Il s’était bien préparé pour notre arrivé. En quelques secondes on savait qu’on pouvait avoir une chambre pas cher et en plein centre ville, on savait comment étaient les chambres, leur prix, la localisation de l’hôtel. Bref un vrai professionnel. Il aurait fait cela à quelqu’un d’autre, pour sûr, il se serait fait envoyer balader. C’était limite du harcèlement, mais en plus de ses cabrioles, c’est un garçon qui paraissait adorable, avec un sourire en or. On est donc sorti du bus et avons commencer à discuter avec lui. Un anglais excellent et un humour à déborder. On n’a pas pu s’empêcher de lui dire non et sommes donc monté dans son tuc-tuc « tout neuf ». C’est à noter, car la plupart sont inconfortables au possible. Il conduisait calmement et nous racontait des blagues. On s’est vraiment vite attaché à ce garçon. On l’a tellement apprécié qu’on a décidé de visiter les environs avec lui.



On a commencé par aller voir ce qu’ils appellent le train bambou. Une attraction qui permet de se balader sur ce fameux train au milieu des rizières. Question sécurité… aucune, mais du point de vue des émotions on peut dire qu’on a bien eu le pouls qui a du monter à 200. Instable, rapide, des rails pas droits voir même des trous entre certaines, et un wagon qui n’était ni plus ni moins qu’une planche de bambou posée sur les roues. Dommage qu’ils doivent le démonter mon créer une nouvelle ligne de chemin de fer, Battambang va perdre un peu de son charme.

On a fini la journée en allant visiter dans des petits villages les familles qui s’occupent de créer les nouilles de riz ainsi que les feuilles de riz qui sont tant appréciés dans les nems qu’on mange ou bien dans les rouleaux de printemps. Un travail loin d’être reposant. C’est titanesque, aucune machine, tout se fait à la main et tout cela pour un salaire de misère. Donc la prochaine fois que vous en mangez pensez à ces gens qui mettent des heures à préparer ces feuilles de riz… On les a vu faire en saison sèche, je n’ose pas imaginer ce que ce doit être en saison des pluies…Après tout ce transport dans la journée il était temps d’aller manger et de se reposer, on en avait plein les guiboles.

Le lendemain une nouvelle longue journée. Visite de temples khmer pas trop endommagés pendant la guerre suivi des « killing fields » de Battambang et enfin des caves où ont eu lieu tant d’assassinat pendant la guerre avec les « Khmer rouges ». Une histoire qui les poursuit et qu’ils sont loin d’oublier. Tant de gens ont souffert et en souffrent encore. On a fini en haut de la colline où un couché de soleil splendide nous attendait.




Vue sur la plaine de Battambang avec en contre bas des singes qui se balancent d’arbres en arbres. Ils en font un de ces bruits… heureusement ils sont restés sages et ne nous ont pas dérangés. On a pu apprécier pleinement ce que cette région avait à nous offrir. Une fois le soleil couché se sont des millions de chauves souris qui sont sortis des caves. Une vraie rivière de ces petites bestioles qui suivent leur roi et reine.




 Il en sort pendant 1h30. On ne s’est pas attardé mais c’était impressionnant surtout que si vous vous amusez à souffler fort dans leur direction celles ci le ressentent ce qui change leur direction. Ces bestioles ont des sens hors du commun, pas comme nous qui ne sommes pas fichu d’entendre notre réveil le matin… certains se reconnaîtront… Au court de ces deux journées passées avec « Dollard » ce jeune chauffeur de tuc-tuc, celui-ci nous a raconté comment il s’en sortait péniblement pour nourrir sa famille. Son père est décédé pendant la guerre, sa mère est gravement malade, et ses sœurs ne travaillent pas. Il a donc 7 bouches à nourrir tous les jours, les médicaments à payer, l’essence et la location de son tuc-tuc. Ce travail ne lui suffit pas, il passe ses soirées à faire la plonge dans un restaurant. Un cœur en or, un cœur de battant, un humour débordant, et une envie de bien faire pour que sa famille se souvienne de lui. Il nous a présenté sa famille le soir même. Ils vivent dans un bidonville à l’extérieur de Battambang. Ils sont loin d’être les seuls. Quelques planches pour faire les murs, des taules pour le toit et des bâches de plastique pour retenir tant bien que mal la pluie… C’est l’estomac serré qu’on est rentré à l’hôtel. On est tellement habitué à notre confort, que lorsqu’on quitte des gens dans une telle situation on se sent vraiment mal à l’aise. On ne pouvait pas quitter Battambang sans remercier ce jeune garçon, on est donc rentré à l’hôtel, et l’avons invité à venir prendre un verre avec nous lorsqu’il aurait fini sa journée. Ca nous a laissé le temps de prendre une douche, de préparer un sac d’habits dont je souhaitais me débarrasser, ainsi que de livres en anglais que « Rose » ne voulait plus non plus. On a passé une fois de plus un excellent moment, il était tout content des différents cadeaux qu’on a pu lui offrir. Echanges d’email, et c’est toujours avec le sourire qu’on s’est dit au revoir. Si tout le monde pouvait en vouloir autant et fournir autant d’efforts pour y arriver… ça tournerait certainement beaucoup mieux sur terre.


« Dollard » nous a donné un vraie leçon de vie.

Nico le vagabond

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